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L'Usine Santé

Comment le laboratoire Servier entend se transformer d’ici à 2020

Gaëlle Fleitour

Publié le

Pour exister face aux géants de la pharmacie, le laboratoire français Servier veut se transformer. Son antidote: innover dans les traitements du cancer, poursuivre ses ventes à l'étranger, et maintenir mais réorganiser son ancrage hexagonal.

L’annonce, en novembre dernier, d’un plan social touchant 610 de ses 690 commerciaux en France, les visiteurs médicaux, devrait générer une manifestation historique pour le groupe, mardi 2 février, à l'appel des syndicats CFDT et Unsa. Trentième laboratoire pharmaceutique mondial et deuxième français, le laboratoire Servier doit poursuivre "une nécessaire adaptation pour assurer sa pérennité", a expliqué son président Olivier Laureau, vendredi 29 janvier, en présentant les résultats du groupe (voir encadré).

Confronté au "défi de la taille" face aux géants du secteur, comme Novartis ou Sanofi, il veut miser sur son indépendance - son statut de fondation lui permet de réinvestir tous ses bénéfices en R&D, avec une "vision long terme" - et son agilité, pour "atteindre cinq milliards d’euros de chiffre d’affaires" en 2020.

Se faire un nom dans le traitement du cancer

Servier réalise encore un quart de ses ventes dans l’hypertension, un quart entre l’insuffisance cardiaque et le diabète, et un autre quart dans les génériques de médicaments. Mais demain, c’est dans l’oncologie qu’il entend "devenir un acteur de référence". Pour se faire une place dans le marché très bataillé des traitements du cancer, il multiplie les partenariats.

Le géant suisse Novartis est venu chercher son expertise, tandis que Servier s’est rapproché de la biotech française Cellectis à la technologie innovante, ou encore du japonais Taiho. Aujourd’hui, six de ses 23 candidats médicaments en cours de développement sont en oncologie. Mais il ne sera significativement présent sur ce marché qu’à l’horizon 2020-2024.

Vendre toujours plus à l’étranger

Impacté par des baisses de prix continues et l’affaire Mediator, Servier ne réalise plus que 900 millions d’euros de ventes dans l’Hexagone, dont 651 millions sous sa marque de génériques Biogaran.

Pour ses médicaments Servier, désormais commercialisés à 92% à l’étranger, les premières filiales sont devenues la Chine et la Russie, devant la France. Or un nombre croissant de pays font pression pour que Servier produise localement. Aujourd’hui, 63% de ses médicaments Servier sont donc produits à l’étranger.

Maintenir mais réorganiser l’ancrage français

Cela n’empêche pas le groupe d’assurer sa volonté de maintenir son ancrage français. Sur les 21 200 salariés du groupe, 5 000 sont encore localisés en France. Servier y produit encore 95% des principes actifs de ses médicaments, une activité de chimie fine très stratégique. Pour remplir ses usines françaises de chimie et de pharmacie et éviter les suppressions d’emploi, il s’est ouvert depuis un an à la sous-traitance. Avec déjà trois contrats signés en chimie. Et réorganise son site de Gidy (Loiret) pour le rendre plus productif.

Sa R&D – qui représente 24% de ses ventes - est encore réalisée entièrement dans l’Hexagone. Le groupe oriente progressivement le profil de ses salariés vers le développement dans l’oncologie. Mais n’exclut pas, afin de la rendre elle aussi plus compétitive, de centraliser sa partie recherche – répartie aujourd’hui entre les sites franciliens de Suresnes et de Croissy - sur un seul lieu : une plateforme qui serait plus ouverte sur le monde académique et hospitalier. Avec une constante : "la création de valeur dans ce groupe se fait en France", assure Olivier Laureau.

Gaëlle Fleitour

Des résultats meilleurs que l’an dernier
Impacté par les taux de change et surtout des baisses de prix imposées sur ses médicaments, Servier a connu un chiffre d’affaires de 3,9 milliards d’euros stable sur son exercice décalé 2014/2015, malgré une hausse des volumes vendus. Le laboratoire réalise 2,9 milliards de ventes via ses médicaments maison « Servier » (+3,7% en volume) et un milliard via ses génériques vendus notamment sous la marque Biogaran (+7%). Son résultat net a nettement progressé, atteignant 352 millions d’euros contre 77 sur l’exercice précédent, qui avait été plombé par une amende infligée par la Commission Européenne et un fort effet devises. /div>

 

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