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L'Usine Aéro

Comment la PME drômoise Fly-by-Wire a séduit le géant Boeing

Olivier James , , ,

Publié le

L’entreprise drômoise Fly-by-Wire, du groupe américain Lord, a signé avec Boeing un contrat de fourniture pour des éléments de cockpit du 737 MAX. Et ouvre une nouvelle usine l’été prochain.

Comment la PME drômoise Fly-by-Wire a séduit le géant Boeing
Boeing a signé jeudi 8 mars un contrat avec Lord pour la fourniture d'équipements de commandes pour le 737 MAX.

Rares sont les drapeaux américains à ondoyer au gré des vents drômois. Pour en trouver un, il faut se rendre à Saint-Vallier, sur les bords du Rhône. Une bannière qui flotte depuis 2016, date à laquelle le groupe américain Lord (3000 salariés) a racheté pour 39 millions d’euros la société Fly-by-Wire Systems, spécialisée dans la mécatronique pour le secteur aéronautique. Le savoir-faire historique de cette entreprise de moins de 200 salariés a séduit Boeing : l’avionneur américain a officialisé jeudi 8 mars la signature d’un contrat de fourniture – dont le montant n’a pas été communiqué – pour les modules automatiques de contrôle des leviers de gaz pour tous ses 737 MAX, versions remotorisées de son monocouloir déjà vendu à plus de 4300 exemplaires.

"C’est la partie intelligente du levier", résume Denis Mathieu, le directeur de Fly-by-Wire, dénommée depuis janvier 2018 Lord Electromechanical Solutions. Dans le détail, le site fournira ces éléments critiques à Boeing dès 2020, assurant l’interface entre le pilote et les calculateurs, en tandem avec un autre site du groupe Lord, celui de Cambridge Springs, en Pennsylvanie (Etats-Unis). Et dès le mois d’août 2018, l’entreprise assurera la totalité de sa production via une usine flambant neuve en cours de construction, située à Pont de l’Isère, à moins de 10 km de Valences : entérinant une décision prise avant le rachat, Lord investi 13 millions de dollars dans un nouveau site avec 8000 m² de bâtiments, contre 6000 m² pour l’actuelle usine. Sans fournir de chiffres, les dirigeants assurent qu’ils auront besoin d’embaucher.

Boeing à la recherche de pépites

C’est une première historique pour le site drômois qui a réalisé 40 millions de chiffre d’affaires en 2017, alors qu’Airbus représente environ 50% de ses ventes. Au sein de cette petite usine qui produit des éléments de commandes de vol, des bielles, des amortisseurs et autres actionneurs, on ne boude pas son plaisir de voir venir un aussi gros client : il aura fallu moins d’un an aux équipes de Lord pour attirer Boeing ici. "C’est indispensable de ne pas être dépendant d’un seul client", précise Frédéric Ponchon, le directeur commercial. Dès 2022, Boeing pourrait représenter entre 15 et 25% des ventes pour le site qui bénéficiera des montées en cadences du 737, censées passer de 52 appareils par mois en 2018 à 57 en 2019 et sans doute au-delà après 2020.

"Boeing cherche à s’entourer des meilleurs et en particulier en France où le tissu industriel a une expertise reconnue dans le domaine aéronautique", glisse Jean-Marc Fron, le patron de Boeing France depuis janvier 2017, qui a fait ce jour-là le déplacement. Et le dirigeant de rappeler que Boeing travaille avec une centaine d’entreprises françaises, ce qui représente 30 000 emplois directs et indirects. Boeing, qui cherche à ouvrir le champ de ses fournisseurs, a récemment passé des contrats directs avec Daher et Figeac Aero. Avec Boeing, l’ex Fly-By-Wire garni un tableau de chasse déjà impressionnant, comprenant outre les deux grands avionneurs Dassault, Embraer, Bombardier et AgustaWestland.

2018, un nouveau départ

Comment expliquer que l’avionneur ait jeté son dévolu sur cette petite installation nichée dans la Drôme ? Pour le comprendre, il faut revenir sur son histoire. Les origines de Fly-By-Wire remonte à la fin de la Seconde Guerre mondiale : dénommée Sarma, l’entreprise est alors spécialisée dans les câbles, tendeurs et autres pièces mécaniques. Elle bénéficie de la proximité des Alpes – pour s’approvisionner en aluminium – et du Rhône pour transporter ses produits. En 1975, elle est rachetée par le suédois SKF, spécialiste des roulements à billes.

Elle participe une dizaine d’années plus tard au développement, révolutionnaire à l’époque, des commandes de vols électriques qu’Airbus souhaite mettre en œuvre pour son A320. C’est cette activité qui prendra le nom de Fly-by-Wire dans les années 2000 et que SKF a cédé à Lord en 2016, tandis que le groupe suédois a conservé la partie roulements et a vendu à un autre groupe américain, PCC, l’activité plus ancienne des commandes de vol mécaniques (bielles de commandes). C’est d’ailleurs cette vente à la découpe, faisant de PCC le propriétaire des lieux, qui a obligé Lord à devoir déménager l'usine alors que le bail arrive à expiration. Entre le nouveau site et le contrat historique, l'entreprise semble profiter d'un nouveau souffle.

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1 commentaire

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14/03/2018 - 09h41 -

Le groupe GA Smart Building www.ga.fr que je représente sur la Région est très fier d'être associé en tant que concepteur constructeur à l'essor de cette très belle entreprise.
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