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L'Usine Aéro

Comment la France compte maintenir son modèle d'armée complet

Hassan Meddah ,

Publié le

La ministre des Armées a remis vendredi 13 octobre au président de la République un rapport militant pour la conservation d'un modèle d'armée complet. Malgré la volonté d'autonomie stratégique du pays, les coopérations industrielles avec des pays partenaires sont nécessaires.

Comment la France compte maintenir son modèle d'armée complet
La ministre des Armées Florence Parly a remis vendredi 13 octobre au président de la République les conclusions de la Revue stratégique qui milite pour la conservation d'un modèle d'armée complet.
© DR.

Les entreprises citées

De combien d'avions de combats de combat, de sous-marins nucléaires, de satellites espions et autres systèmes d'armement, la France a-t-elle besoin pour assurer la protection de ses citoyens et défendre ses intérêts, mais aussi pour tenir son rang de puissance nucléaire et de membre permanent au conseil de sécurité de l'ONU ? Pour répondre à la question, la ministre des Armées Florence Parly avait demandé à une commission réunissant des représentants d'institutions civiles et militaires de procéder à une revue stratégique de défense, c'est à dire de préciser les menaces qui pèsent sur le pays et d'imaginer le modèle d'armée le plus à même d'y faire face.

Le document a été remis vendredi 13 octobre au président de la République. Il fait le constant d'un environnement géostratégique durablement dégradé, instable et incertain. Terrorisme djihadiste, conflits ouverts aux portes de l'Europe, durcissement des positions militaires... Autant d'enjeux qui ont poussé bon nombre de pays à se réarmer. "La France doit continuer à disposer d'un modèle d'armée complet. Ce n'est pas au moment où l'on décrit un monde plus instable avec des menaces protéiformes qu'il faut nous autoriser des impasses et renoncer à des capacités", a justifié Arnaud Danjean, député européen, expert des questions de défense, qui a présidé la commission en charge de la revue stratégique. Selon lui, la France doit assumer sa singularité. "Nous serons demain avec le Brexit, le seul pays européen membre de l'UE, de l'OTAN et du conseil de sécurité de l'ONU. Cela crée des responsabilités et des obligations".

Risque de décrochage

La revue stratégique aborde toutes les dimensions nécessaires au maintien de ce modèle d'armée complet, et notamment les aspects industriels et technologiques. "Les grandes puissances accélèrent leurs efforts sur les systèmes de très haute technologie (hypervélocité, furtivité, fusion des capteurs...) entraînant un risque de décrochage de l'Europe", pointe le rapport. Le document préconise la mise en place de démonstrateurs d'envergure pour préparer la prochaine génération d'armement et d'investir dans les domaines de rupture (intelligence artificielle, robotique, autonomie décisionnelle, nouveaux matériaux, biotechnologies...).

Pour répondre au défi de l'autonomie stratégique, les experts rappellent la nécessité de renforcer la base industrielle et technologique de défense (BITD) française. Pour rappel, cette base s'appuie sur une dizaine de grands groupes de taille mondiale (groupe Airbus, Dassault Aviation, Naval Group, MBDA, Nexter, Safran, Thales...) et 4000 PME, soit environ 200.000 emplois.

Une autonomie stratégique relative

"La BITD doit être soutenue et entretenue à tous les niveaux (start-up, PME, ETI, grands groupes", soutient le rapport. Leurs auteurs estiment toutefois qu'il ne faut se bercer d'illusions. "Nous avons une ambition d'autonomie stratégique. Nous savons que cette autonomie ne peut être que relative dans beaucoup de domaines. Le domaine industriel et technologique en fait partie", reconnaît Arnaud Danjean. D'où la nécessité de nouer des coopérations industrielles et technologiques maîtrisées. Comme celle décidée dans l'aviation de combat. "On a fait le choix avec nos partenaires allemands de développer un avion du futur. Nous pensons que c'est une compétence qui peut être réalisé dans le cadre d'une coopération", a expliqué la ministre des Armées Florence Parly après la remise du rapport au président de la République.

Ces coopérations peuvent aller jusqu'à une dépendance mutuelle réciproque et durable, consciemment organisée entre les pays. A travers l'industriel européen MBDA, la France et le Royaume se sont partagés les centres d'expertise de part et d'autre de la Manche pour concevoir les prochaines technologies de missiles. La coopération, si elle fragilise l'autonomie stratégique tant recherchée, sera le prix à payer pour un pays attaché à son modèle d'armée complet.

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