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L'Usine Aéro

Comment la DGA a joué un rôle clé pour que DCNS remporte le contrat des sous-marins australiens

Hassan Meddah , ,

Publié le , mis à jour le 26/04/2016 À 11H37

Un mégacontrat de 34 milliards d’euros pour construire 12 sous-marins australiens, c'est ce que vient de remporter DCNS. Derrière ce succès, la Direction générale à l'armement (DGA). Les ventes d'équipements militaires en 2016 devraient être supérieures à celles de 2015 qui avait déjà établi un record à 16 milliards d'euros. Ce succès annoncé de l'équipe de France de la défense doit beaucoup à cet acteur, méconnu mais essentiel. D'ailleurs pour répondre aux demandes techniques des armées étrangères, elle va recruter 500 personnes d'ici 2020.

Comment la DGA a joué un rôle clé pour que DCNS remporte le contrat des sous-marins australiens © DCNS

"En termes d'exportations de matériel militaire, nous ferons au moins aussi bien en 2016 qu'en 2015." La prévision est de Laurent Collet-Billon, le Délégué général à l'armement (DGA), qui présentait le 10 février le bilan des ventes françaises d'armement en 2015. Et rien que le mégacontrat australien de 34 milliards d'euros permettra de faire deux fois mieux. 

L'an dernier, les ventes à l'export avaient déjà atteint le niveau record de 16 milliards d'euros. Si le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et les capitaines des grands groupes (Airbus Defence & Space, Dassault Aviation, Thales, DCNS...) sont en première ligne, ces succès s'appuient également sur l'action de la DGA, rattachée au ministère de la Défense.

Cette Direction est notamment chargée d'équiper les forces armées françaises en Rafale, avion de transport A400M, hélicoptères Tigre, frégate FREMM, véhicules blindées et autres sous-marins... Elle pilote les grands programmes et s'assure que les technologies d'avenir sont bien développées. Et elle a également un rôle de soutien à l'exportation de l'industrie de défense tricolore.

"Nous l'apportons très en amont des contrats. Nous partageons notre expertise sur la conduite et la spécification de programmes, la définition du besoin. Nous mettons à contribution nos centre d'expertises et d'essais. Toutes nos compétences sont sollicitées, de la direction technique à la surveillance en usine", explique le Laurent Collet-Billon.

ACTIVE SUR LE CONTRAT AUSTRALIEN

La DGA épaule les équipes de DCNS en compétition avec les Japonais de Mitsubishi pour vendre une douzaine de sous-marins à la marine australienne. "Nous mobilisons plusieurs de nos experts pour aider DCNS. Nous nous assurons que l'offre correspond bien aux besoins du client, aussi bien du point de vue du design que des capacités industrielles", expliquait le DGA au début de l'année 2016.

Ce dernier sait jusqu'où peut aller la France en matière de transfert de technologies, notamment au niveau de la furtivité des sous-marins. 

En Inde, des collaborateurs de la DGA sont sur place pour aider Dassault Aviation à boucler le contrat de vente des 36 Rafales qui seront adaptés aux missions des forces armées indiennes.

Le record d'exportations de 2015 met déjà à rude épreuve les équipes de la DGA. Les pays acheteurs comme l’Égypte et le Qatar, pur ne citer qu'eux, demandent un soutien technique de plus en plus accru. "En 2015, il y a un changement fondamental. Les clients demandent du service. Ils veulent un véritable partenariat qui s'inscrit dans le long terme entre les services des ministères de la Défense. Ces actions nous mobilisent de manière intensive", souligne le Délégué.

Pour suivre le rythme, la Direction veut recruter environ 160 personnes dédiées aux activités d'exportation d'ici la fin de l'année, et 550 personnes au global d'ici fin 2020.

"La signature d'un contrat de défense export, c'est un accord stratégique entre deux États. Mais c'est aussi un accord industriel et technique de grande ampleur", explique Laurent Collet-Billon. Ces recrutements sont une bonne nouvelle. Jusqu'ici, la DGA, comme les armées, avait subi une réduction de ses effectifs réduits à 9 700 personnes à fin 2015, soit une réduction de 25% depuis 2008.

PREMIER INVESTISSEUR DE L'ETAT AUPRÈS DE L'INDUSTRIE

Les succès à l'exportation sont entre autres le fruit d'une action à long terme. Direction du ministère de la Défense, la DGA s'assure que les industriels français restent en pointe en matière de technologies et de capacités industrielles. Pour cela, elle a les moyens financiers nécessaires. En 2015, elle a passé pour environ 11 milliards d'euros de contrats. "Nous sommes le premier investisseur de l’État auprès de l'industrie", se félicite Laurent Collet-Billon. 

Ce n'est pas les grands groupes qui s'en plaindront. L'an dernier, Airbus Defence & Space a été le premier bénéficiaire de commandes militaires de l'Etat (2,05 milliards), suivi par DCNS (1,6 milliard), Thales, (1,58 milliard), Safran (860 millions), Dassault Aviation (603 millions)... Et lorsque le budget de la Défense était sous pression, pas question d'hypothéquer l'avenir.

La Direction s'est attachée à investir plus de 700 millions d'euros pour l'innovation et la recherche auprès des grandes groupes, PME et laboratoires de recherche. Surtout, la DGA, qui pilote jusqu'à 80 programmes en parallèle, veille à consommer tous les budgets qui lui sont alloués. Au 31 décembre 2015, sur la dizaines de milliards pour l'équipement des forces armées, il restait dans ses caisses seulement... 6 euros. "Quand on nous donne de l'argent, il disparaît dans l'industrie !", assure Laurent Collet-Billon.

"NE COPIONS PAS LE MODÈLE AMÉRICAIN"

Pour faire franchir à l'équipe de France un nouveau palier à l'international, la DGA a décidé également de veiller très tôt à l'exportabilité des matériels en développement. Quand elle développe un nouveau programme, elle pense d'emblée à la dimension export. C'est le cas du programme des futures frégates de taille intermédiaire.

Ces fameuses FTI seront sensiblement plus petites que les frégates multi missions, certes bien adaptées aux besoins de la marine française mais trop complexes pour convenir à la plupart des marines étrangères. "Avec un tonnage de 4000 tonnes, la frégate de taille intermédiaire aura un potentiel à l'export plus important", anticipe Laurent-Collet Billon.

Pour les grands clients qui demanderaient des spécificités techniques, la DGA pourrait à l'avenir partager les financements et les développements associés. "Nous ne copions pas le modèle américain ou les clients sont quasiment obligés d'acheter sur étagère sans pouvoir apporter de modifications aux équipements, souligne Laurent-Collet Billon. Nous voulons avoir une approche plus smart et adaptée à nos moyens."

Hassan Meddah

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