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Comment l’usine dernier cri de Veolia traite les déchets des londoniens

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Veolia Environnement exploite depuis mars une usine de traitement des déchets en plein cœur de Londres. Truffé de technos, elle améliore le recyclage alors que le pays a beaucoup misé sur les décharges.

Comment l’usine dernier cri de Veolia traite les déchets des londoniens © Veolia

Il y a encore peu, ils trônaient flambant neufs sur les rayonnages des supermarchés. Ils circulent désormais sur de grands tapis roulants qui se croisent à la manière d’échangeurs d’autoroutes. Papiers, cartons, verre, canettes usagées passent entre les mains expertes des opérateurs avant d’être happés dans des disques à crible pour finir en balles, bien compactés, afin de redémarrer une nouvelle vie.

Nous sommes sur le site de traitement des déchets de Veolia Environnemental Services dans le quartier londonien de Southwark. C’est ici, à quelques encablures de la City, qu’a été construite sur une ancienne friche industrielle, cette usine dernier cri constituée d’un centre de tri et de recyclage des matériaux, d’une unité de traitement mécano-biologique des déchets organiques et d’un incinérateur. Neuf ans après le démarrage du projet, elle tourne depuis mars dernier.  "L’usine reçoit un tiers des déchets de Londres", avance Jean-Dominique Mallet, le PDG de Veolia Environnement Services au Royaume-Uni, entité qui a construit et exploite l’usine (voir encadré). Soit une capacité de traitement de 180 000 tonnes de déchets par an.

Dispositifs optique

Les autorités locales n’ont pas mégoté dans le choix des technologies. Pour améliorer le recyclage des matériaux, des dispositifs de tri optique fournis par le fabricant Titech ont notamment été installés. Ils permettent d’identifier les plastiques en fonction de leur couleur, leur forme ou leur taille et de les séparer plus finement.

Mais la grande première vient surtout de la mise en place d’une unité de traitement mécano-biologique - la première du Royaume-Uni – pour traiter les déchets ménagers. Le principe ? A leur arrivée, les déchets qui sont constitués d’une partie organique (papier, carton, bois…) mais aussi de nombreux plastiques mélangés sont broyés puis séchés. Après un tri, qui permet de récupérer une petite fraction de matériaux recyclables jetés par erreur dans la poubelle, ils sont soumis à un traitement biologique. Des micro-organismes détruisent les déchets et les transforme en un combustible solide de récupération (CSR) qui peut être valorisé énergétiquement. 70% de cette matière rejoint l’incinérateur tandis que le reste est utilisé comme combustible pour des cimenteries par exemple. Une technologie qui reste contestée en France car, selon ses détracteurs, elle n’incite pas à réduire les déchets et à valoriser la matière.

Long chemin

Si les autorités locales ont opté pour cette solution, c’est que le Royaume-Uni a du chemin à faire en matière de déchets. Grand amateur de décharges, de par son passé d’exploitation de mines qui offrait un lieu idéal pour stocker les déchets, le pays a amorcé sa mue. Les dispositions réglementaires européennes inscrivent en effet l’obligation de réduire de 50% le volume de déchets ménagers mis en décharge d’ici 2013. Le Royaume-Uni atteint actuellement  les 25%.

Pour atteindre cette cible, le gouvernement a donc besoin d’usines de gestion des déchets à substituer progressivement aux décharges. 28 installations financées par Initiative de financement privé sont déjà opérationnelles.  Des appels d’offre sont par ailleurs en cours à North London et à Cardiff. Une politique d’autant plus regardée que le pays s’apprête à recevoir plusieurs dizaines de millions de visiteurs à l’occasion des Jeux Olympiques.

L’outil britannique qui épargne les finances des collectivités

Le contrat de gestion des déchets de 25 ans remporté par Veolia à Southwark a été financé par une Initiative de financement privé (Private Finance Initiative, PFI). Dans ce système de financement de projets publics pratiqué au Royaume-Uni, la collectivité accorde une concession à un consortium privé qui finance le projet, construit l’usine (60 millions d’euros dans ce cas) et exploite l’installation. Veolia se rémunère sur la collecte des déchets et la revente des matières premières recyclées ou des combustibles. De leur côté, les autorités garantissent à l’entreprise un volume de déchets.

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