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Comment l’industrie européenne des puces prend le virage de l’intelligence artificielle

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

débat STMicroelectronics, NXP et Infineon Technologies font tous de l’intelligence artificielle une opportunité pour s’imposer dans l’Internet des objets. Mais que faire pour que l’Europe devienne leader dans ce domaine ? Réponses des PDG des trois champions de l’industrie européenne des puces électroniques.

Comment l’industrie européenne des puces prend le virage de l’intelligence artificielle
Table ronde des PDG de STMicroelectronics, Infineon, NXP, Electrobit et Mentor au salon Electronica 2018
© Electronica

Que doit-on faire pour que l’Europe se mette à la pointe dans l’intelligence artificielle ? C’est le thème de la table ronde ayant réuni les patrons des trois champions de l’industrie européenne des puces, Jean-Marc Chéry de STMicroelectronics, Reinhard Ploss d’Infineon Technologies et Kurt Sievers de NXP, le 13 novembre 2018 dans le cadre du salon Electronica à Munich, en Allemagne.

Y participaient également Walden Rhines, PDG de Mentor Graphics (éditeur américain de logiciels de CAO électronique), Alexander Kocher, DG d’Electrobit (fournisseur allemand de logiciels embarqués pour l’automobile) et Dean Ding, directeur technique de l’activité Internet des objets du chinois Alibaba.

L'Europe a tout pour être leader dans l'Internet des objets

"Les Etats-Unis et la Chine mènent aujourd’hui la course dans l’intelligence artificielle, estime Kurt Sievers. L’Europe doit mettre une stratégie pour rattraper son retard, car l’intelligence artificielle est un facilitateur important de l’Internet des objets. L’Europe peut jouer la carte de la sécurité et de la sûreté pour favoriser la confiance des consommateurs. C’est un atout important sur les Etats-Unis."

Le représentant d’Alibaba, qui a démarré sa carrière chez STMicroelectronics, se démarque de ce point de vue. "L’Europe est très forte dans l’intelligence artificielle aux niveaux académiques, R&D et applications, affirme-t-il. Elle est devant les Etats-Unis et la Chine. Ce qui lui manque c’est le financement de capital-risque. Des sociétés comme Siemens ou Bosch sont leaders dans l’Internet des objets. L’Europe a tous les ingrédients pour devenir le numéro un mondial dans l’intelligence artificielle au niveau de l’Internet des objets. "

Alors que les géants de l’internet Amazon, Google, Microsoft ou Facebook privilégient l’intelligence artificielle centralisée sur les serveurs et le cloud, les acteurs européens ont choisi de porter leur effort sur l’Edge computing, c’est-à-dire la délocalisation de l’intelligence au niveau des systèmes embarqués dans les voitures, les robots, les drones ou les capteurs.

"L’intelligence artificielle n’est pas quelque chose de nouveau pour nous, confie Jean-Marc Chéry. Nous l’utilisons déjà dans nos usines pour la réduction des défauts et l’optimisation de la fabrication. Nous savons ce que c’est et ce que nous pouvons en attendre. Ce n’est pas une révolution. C’est une innovation incrémentale pour distiller de l’intelligence dans la conduite automobile ou les processus de fabrication industrielle. Nous avons déjà les capteurs, les composants de puissance et les circuits de traitement pour la mettre en œuvre dans l’Edge computing. Nous voulons être le leader dans ce domaine. "

Focalisation de l'Europe sur l'Edge computing

STMicroelectronics propose aujourd’hui un outil logiciel qui convertit le modèle d’intelligence artificielle entrainé dans le cloud en un modèle exécutable sur ses microcontrôleurs STM32. Une solution disponible pour les cloud d’Amazon Web Services, d’IBM et de Microsoft. L’offre devrait s’étoffer en 2019  d’un circuit d’accélération du calcul puis d’une solution intégrant le microcontrôleur et l’accélérateur. Mais pas question d’aller jusqu’au cloud même si le groupe a développé un processeur dédié d’intelligence artificielle basé sur sa technologie FD-SOI de 28 nanomètres pour Alibaba. Du moins pour le moment. Stratégie similaire chez NXP et Infineon Technologies.

Le patron d’Infineon Technologies pose les questions de l’industrialisation et des données." En Europe, la mise en œuvre de l’intelligence artificielle est tirée par le développement de la conduite assistée dans l’automobile et le passage dans les PME-PMI des modèles traditionnels d’analyse des données vers des modèles à apprentissage, explique-t-il. L’Europe dispose d’un vrai savoir-faire dans ces deux domaines. La question est de savoir comment l’industrialiser, avec quelles données et quels algorithmes."

La question des données est jugée cruciale. "Disposer de données en quantité et qualité est un grand défi, martèle Rienhard Ploss. Dans ce domaine, la Chine a un sacré avantage sur le reste du monde. En Europe, il faut accélérer pour développer des milliers de cas d’usage. Cela ne se fera pas juste avec l’intelligence artificielle, qui n’est pas la réponse à tout. Il faudra la combiner avec les modèles traditionnels d'analytique." Un point de vue partagé par le représentant d’Electrobit.

Le défi: aller vite

Les clients veulent aller vite dans la mise en œuvre de l’intelligence. Pas si simple pour les fournisseurs européens de semi-conducteurs. "C’est un grand défi car c’est compliqué pour nous d’aller aussi vite, confie Jean-Marc Chéry. Il nous faudrait investir des centaines de millions de dollars pour le faire. Nous préférons le faire par étape. Nous avons aujourd’hui une solution sur microcontrôleurs qui répond aux besoins du plus grand nombre et qui permet d'aller vite. Nous la complèterons petit à petit pour les applications nécessitant plus de performances."

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