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L'Usine Aéro

Comment l'Europe spatiale s'organise pour résister à SpaceX

Hassan Meddah , ,

Publié le

Avec 11 lancements réussis en 2017, Arianespace a confirmé sa bonne santé opérationnelle et commerciale. Pour contrer son concurrent américain SpaceX, elle mise sur l'amélioration continue d'Ariane 5, son futur lanceur Ariane 6 à partir de 2020, et le développement des technologies réutilisables à plus long terme.

Comment l'Europe spatiale s'organise pour résister à SpaceX
Ariane 6 doit effectuer son premier vol en 2020
© airbus safran launchers - DR

Sur le marché des lancements de satellites, le match entre Arianespace et SpaceX bat son plein. Et si le rival américain a subi un revers dimanche dernier avec la mise en orbite ratée d'un satellite militaire du gouvernement américain pour une raison encore inconnue, sa montée en puissance est incontestable. La société d'Elon Musk aura procédé à 18 lancements en 2017 contre 11 pour Ariane 5.

14 lancements en 2018

Pas de quoi déstabiliser Stéphane Israël, le PDG d'Arianespace qui répond par un bilan opérationnel et commercial des plus solides. "Cette année a été marquée  par un excellent bilan opérationnel avec des records de performances, de fiabilité et de disponibilité de nos lanceurs... Parmi ces lancements, la plupart des Ariane 5 sont des lancements doubles : quand nous lançons une Ariane, cela fait deux lancements chez les concurrents", a-t-il expliqué à l'occasion de la présentation du bilan 2017 d'Arianespace. Il a également affiché l'objectif d'atteindre un record de 14 lancements l'an prochain grâce à une combinaison de sept Ariane 5, quatre Soyouz et trois fusées Vega. Selon lui l'Europe fait toujours la course en tête avec 12 satellites lancés l'an dernier en orbite géostationnaire.

5 milliards d'euros en carnet de commandes

Malgré une concurrence accrue et une évolution défavorable du dollar, la société a réalisé 1,3 milliard d'euros de chiffre d'affaires l'an dernier. Son carnet de commandes atteint 5 milliards.

Pour conserver son leadership et contrer SpaceX, l'Europe spatiale déploie une stratégie en trois temps. Primo, elle optimise Ariane 5. L'opérateur a acheté 10 derniers exemplaires pour un montant total de plus d'un milliard d'euros auprès de l'industrie européenne. Le lanceur continuera de voler jusqu'en 2022 en améliorant ses performances. En juin dernier, il a battu son record en plaçant près de 10,9 tonnes en orbite géostationnaire, soit 1,5 tonne d'emport de plus qu'à ses débuts. A l'horizon 2020, cette performance sera encore accrue de 250 kg. Par ailleurs, le fabricant suisse Ruag a développé une coiffe du lanceur plus optimisée.

Le soutien institutionnel

Secundo, l'Europe prépare l'arrivée d'Ariane 6. "Ariane 6 a trois avantages. Elle sera moins chère qu'Ariane 5 et la concurrence. Elle sera adaptée aux besoins institutionnels de l'Europe. Elle sera adaptée aux missions non géostationnaires grâce à son étage supérieur réallumable", souligne Stéphane Israël. Autre avantage: le futur lanceur devrait bénéficier d'un soutien plus important des acteurs étatiques européens.

L'agence spatiale européenne, la Commission européenne, Eumetsat (agence européenne du climat) et les différents pays membres pourraient lancer sur la décennie 2020-2030 jusqu'à cinq satellites par an compatibles avec les performances d'Ariane 6. Côté industriel, le programme avance. ArianeGroup a commencé la fabrication des premiers exemplaires de vol. La montée en puissance d'Ariane 6 sera progressive avec un premier lancement en 2020, 5 en 2021 et 8 en 2022.

Un marché à 1000 milliards de dollars

Tertio, l'Europe spatiale se positionne sur les technologies d'avenir. Ses industriels développent le moteur Prometheus, à base de méthane plutôt que d’hydrogène, qui sera potentiellement réutilisable et à très bas coût. De plus avec la fusée expérimentale Callisto, elle veut maîtriser les contraintes technologiques et de vol liées aux lanceurs réutilisables.

Seule ombre au tableau, ces technologies ne seront prêtes qu'à la fin de la prochaine décennie. De quoi toutefois se positionner pour rester dans la course d'un marché spatial promis à un fort développement à long terme. Selon une étude de la banque d'affaires Morgan Stanley, le marché spatial devrait tripler de taille et passer de 350 milliards de dollars actuellement à 1100 milliards de dollars  d'ici 2040.

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