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L'Usine Aéro

Comment l'armée met les industriels au pas pour améliorer la disponibilité de ses aéronefs

Hassan Meddah , , , ,

Publié le

En déplacement au salon ADS Show dédié à la maintenance des aéronefs miliaires, la ministre des Armées Florence Parly veut imposer des nouvelles règles de contractualisation avec les industriels de la filière. Les premiers contrats flotte par flotte seront passés d'ici la fin de l'année.

Comment l'armée met les industriels au pas pour améliorer la disponibilité de ses aéronefs
Le maintien en condition opérationnelle des aéronefs est le talon d'Achille des armées. /Photo prise le 31 juillet 2018/REUTERS/Fabrizio Bensch
© FABRIZIO BENSCH

A Bordeaux, où s'est tenu le salon ADS Show les 26 et 27 septembre, la ministre des Armées Florence Parly n'y est pas allée par quatre chemins. "Je veux des résultats rapides et visibles", a t-elle insisté devant un parterre d'officiers et d'industriels à propos de la maintenance des appareils militaires, véritable talon d'Achille des armées. Les taux de disponibilité des aéronefs militaires sont en effet catastrophiques : un avion sur deux cloué au sol, deux hélicoptères sur trois incapables de partir en mission pour des raisons de maintenance...

Et la situation se dégrade. En 15 ans, la disponibilité globale a baissé de 10 points tandis que les coûts de maintenance ont augmenté de 40%. "Il faut que cela vole", a une nouvelle fois rappelé Florence Parly à ses interlocuteurs. La situation est d'autant plus insupportable que les armées vont accueillir dès 2019 de nouveaux aéronefs : un avion de transport A400M, un ravitailleur MRTT et 10 hélicoptères NH90.

Profitant d'un salon qui réunit les acteurs de la filière industrielle du MCO et ses chefs de file comme Airbus, Dassault Aviation, Thales ou bien encore Sabena Technics, la ministre leur a exposé comment elle entendait travaillait avec eux. L'objectif: responsabiliser les prestataires à travers des contrats globaux. L'ancienne organisation souffrait d'une multiplication des contrats entraînant un éparpillement des responsabilités. Créée en avril dernier, la direction de la maintenance aéronautique rattachée au chef d'Etat major des armées exige de ne voir qu'une seule tête ou presque. Il s'agit désormais d'avoir un unique industriel responsable de la disponibilité d'une flotte et auquel elle pourra réclamer des comptes.

Les industriels doivent rester compétitifs

"Sur le Rafale, l’objectif est de passer de 25 contrats aujourd’hui à 2 contrats principaux dès 2019. Sur l’Atlantique 2, (..), nous passerons de 24 à 3 contrats. (…) Le Cougar, très employé par nos forces spéciales et en opérations extérieures, passera de 21 à 4 contrats, tout comme le Caracal", a précisé la ministre. Les premiers devraient être bouclés fin 2018 pour les Fennec et les Cougar.
Afin de s'assurer d'avoir des offres compétitives, les industriels privés resteront en concurrence avec le service industriel de l'aéronautique (SIAé) du ministère des Armées. Dans cette réorganisation de la filière, cette entité étatique, créée en janvier 2008 et placée sous la tutelle du chef d'état major de l'armée de l'air, est confirmée dans son rôle.

En juillet dernier, elle a repris l’intégralité du soutien des avions de transport C130 et dont les moteurs sont entretenus à Bordeaux. Le SIAé est aujourd’hui encore le seul réparateur en Europe à pouvoir intervenir sur les moteurs de l’A400M. Un bon moyen de rappeler à Safran acteur incontournable de la maintenance des moteurs, et à Airbus maître d'oeuvre industriel de l'A400M qu'ils doivent rester compétitifs pour décrocher les futures contrats.

De nouvelles règles du jeu

La ministre a également renvoyé aux industriels la responsabilité de rationaliser la gestion des pièces de rechanges. Un sujet douloureux et coûteux. Les stocks représentent un montant de 13 milliards d'euros, loin de correspondre au besoin réel des armées. "Chacun doit faire son métier : quand l’Etat a des besoins, il en fait sa part et c’est à l’industriel, au constructeur ou au réparateur de nous les fournir, c’est sa mission", a affirmé fermement la ministre.

Une meilleure coopération des industriels avec ses équipes est exigée. "Nous allons rendre systématique le fonctionnement en plateau entre l’Etat et l’industrie et avoir recours à des guichets uniques logistiques sur les bases", a-t-elle précisé. A condition qu'ils acceptent ces nouvelles règles du jeu, les industriels peuvent espérer des contrats plus lucratifs sur le long terme. Le budget dédié au MCO de défense augmente de 8% à 4,2 milliards d’euros pour 2019. Les autorisations d’engagements budgétaires ont été mises en place pour permettre les contrats de longue durée.

 

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