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L'Usine Aéro

Comment l'armée compte améliorer la (calamiteuse) disponibilité de ses aéronefs

Hassan Meddah , ,

Publié le

La nouvelle direction de la maintenance aéronautique veut responsabiliser et mettre en concurrence les industriels. Les premiers contrats flotte par flotte seront signés d'ici la fin de l'année.

Comment l'armée compte améliorer la (calamiteuse) disponibilité de ses aéronefs
Révision, panne, absence de pièce de rechange....Moins d'un aéronef sur deux est capable de partir en mission !

Les taux de disponibilité des aéronefs militaires sont catastrophiques: moins d'un appareil sur deux est capable de partir en mission! Une situation préoccupante pour les armées sollicitées plus que jamais sur différents fronts (Mali, Syrie...). Pour redresser la situation, le ministère des Armées a lancé une refonte de sa stratégie en matière de maintien en condition opérationnelle (MCO).

"Nous voulons responsabiliser les industriels avec des contrats de performances flotte par flotte et des contrats de soutien de plus longue durée. Cela devra leur permettre de mieux s'organiser, de planifier leurs prestations et d'avoir un meilleur retour sur investissement", a précisé Monique Legrand-Larroche, la patronne de la nouvelle Direction de la maintenance aéronautique (DMAé) créée en avril dernier et directement rattachée au chef d'état-major des Armées. Elle s'exprimait le 22 mai 2018, à l'occasion de la présentation du salon ADS Show, consacré au MCO, qui se tiendra sur Bordeaux-Mérignac les 26 et 27 septembre prochains.

Un budget en hausse de 25%

Ce chantier prioritaire du ministère des Armées bénéficie d'un budget en forte hausse. La loi de programmation militaire va consacrer 3 milliards d'euros par an au MCO aéronautique, en hausse de 25%. "Bien évidemment, nous disposons de ressources financières. Ce n'est pas une raison pour que les industriels s'imaginent qu'il y ait de grosses marges à se faire. Il faut mener cette transformation sans une inflation des coûts", prévient la directrice de la DMAé.

Transférée de la DGA (Direction générale de l'Armement), Monique Legrand-Larroche compte bien s'appuyer sur le savoir-faire de son ancienne maison pour challenger les industriels et baisser leurs prix. Les grands maître d'oeuvre comme Airbus, Dassault Aviation, Safran et Thales, ainsi que les spécialistes du MCO comme Sabena Technics et Air France Industrie, sont avertis.

"L'idée est d'importer les modes de travail de la DGA, ses méthodes de gestion de programmes et d'achat et de notifier des marchés différents avec l'industrie, moins morcelés et accès sur la performance", explique-t-elle. Les prestataires seront mis en concurrence le plus souvent possible, même si dans les faits, l'armée se retrouve souvent face à un maître d'oeuvre  en situation monopolistique.

Des durées de contrats entre 5 et 10 ans

Les premiers contrats seront signés d'ici la fin de l'année et au début de l'année prochaine. Les premières flottes concernées sont celles dont les performances de disponibilité sont très mauvaises, ou dont les forces ont particulièrement besoin. Il s'agit des appareils Atlantique 2, A400M et Rafale (dont le contrat arrive à échéance) pour les avions, et les Cougar-Caracal et les Dauphin Pédro pour les hélicoptères. Ces contrats pourraient voir leur durée allongée à cinq ou dix ans. Ils serviront d'exemples et seront adaptés de manière pragmatique aux autres flottes. 

L'armée compte jouer sur d'autres leviers pour améliorer la disponibilité de ses aéronefs. Celui de l'innovation. Il sera demandé aux maîtres d'oeuvre industriels de travailler avec les PME et ETI performantes dans le domaine de la transformation numérique, et notamment la maintenance prédictive qui tire profit du Big Data.

Un chantier informatique sera lancé. Aujourd'hui, plusieurs systèmes informatiques de gestion des pièces de rechange coexistent. Hérités des différentes armées, ils sont incompatibles entre eux, obligeant les mécaniciens à des doubles saisies coûteuses en temps et sources d'erreurs. "L'objectif est d'avoir à terme un système d'information logistique pour le MCO aéronautique. Il ne faut pas faire une usine à gaz. Cela doit apporter un gain de temps pour nos utilisateurs" explique la responsable. 

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1 commentaire

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04/06/2018 - 10h10 -

Le problème n'est malheureusement pas limité à l'armée de l'air. Aujourd'hui, tous les secteurs d'activité industriels sont concernés. C'est le constat que nous faisons au quotidien chez Factoryyy, et nous mettons toute notre énergie pour proposer des solutions à des problèmes parfois complexes.
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