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Comment l’Allemagne va mettre en place la semaine des 28 heures

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L’accord signé entre patronat et syndicat de la métallurgie ouvre la voie à un nouveau modèle, celui d’un aménagement plus personnel du temps de travail. Une tendance de plus en plus forte outre-Rhin. 

Comment l’Allemagne va mettre en place la semaine des 28 heures
En Allemagne, certains salariés auront la possibilité de passer de 35 à 28 heures hebdomadaires.
© Volkswagen

A voir les mines fatiguées à la sortie de la réunion, nul doute que les 13 heures de négociations ont dû être âpres. Mais le syndicat IG Metall, qui compte 3,9 millions d’adhérents dans le secteur de la métallurgie, de l’électrique et de l’électronique, a finalement réussi à obtenir l’une de ses revendications phares : la semaine de 28 heures. Entrant en vigueur en 2019, ce dispositif est cependant loin d’être généralisé à tous.

Seuls les salariés de la branche justifiant de deux ans minimum d’ancienneté et devant s’occuper d’un parent âgé ou malade, d’un enfant de moins de 8 ans ou travaillant en « trois-huit » auront la possibilité de passer de 35 à 28 heures hebdomadaires, afin d’alléger leurs horaires. S’ils le souhaitent, ils pourront également renoncer à des augmentations de salaire pour bénéficier de 8 jours de congés annuels supplémentaires. A l’issue d’une période maximale de deux ans, renouvelable, le retour au plein temps devra leur être garanti. "Pour l’heure, nous ne savons pas encore combien de personnes feront valoir ce droit", indique toutefois Hartmut Steiger, porte-parole du syndicat.*

Un aménagement plus personnel du temps de travail

En revanche, IG Metall a dû faire une croix sur ses demandes de compensations salariales, à hauteur de 200 euros par mois. Autrement dit, il s’agira là d’un temps partiel strict. De plus, le nombre d’employés pouvant passer à la semaine des 28 heures sera plafonné à 10 % des effectifs. Enfin, pour compenser le manque à gagner, les entreprises pourront également faire passer de 18 % à environ 30 % le taux de salariés autorisés à travailler 40 heures par semaine, en particulier en cas d’une augmentation temporaire des commandes. "Avec ce modèle, nous avons donc une flexibilité vers le bas, pour ceux qui souhaitent travailler moins, mais aussi vers le haut, comme nous le voulions", s’est réjouit Rainer Dulger, chef de l’organisation patronale Gesamtmetall. Cette réforme ne constitue donc pas uniquement un gain pour l’employé, mais aussi pour l’entreprise qui pourra s’adapter plus facilement aux variations d’activité.

De son côté, malgré ces concessions, le syndicat s’est aussi félicité de cette avancée symbolique. "Nous avons posé les bases d’un monde du travail moderne, où le salarié pourra lui aussi décider de la gestion de son temps", a ainsi affirmé Jörg Hoffmann, chef d’IG Metall devant la presse. En cela, il répond à une attente de plus en plus forte en Allemagne, celle d’un aménagement plus personnel du temps de travail.

Des entreprises plus attractives

Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. Tout d’abord, le changement démographique et le manque de main d’œuvre croissant poussent les entreprises à améliorer leurs conditions d’embauche, pour se rendre plus attractives. Les grands groupes ont déjà fait de l’aménagement du temps de travail un argument, comme c’est le cas chez Henkel, BASF ou encore Trumpf où la durée de travail s’échelonne entre 15 et 40 heures hebdomadaires, selon les besoins.

Mais au-delà d’une meilleure conciliation entre vie privée et vie professionnelle, "cette revendication peut aussi conduire à alléger le marché de l’emploi", affirme un cercle de 60 économistes et intellectuels de gauche, dans un texte paru samedi dernier pour soutenir les revendications d’IG Metall. Ceux-ci appellent en effet à une meilleure répartition de l’emploi, rappelant qu’en 2017, on a compté outre-Rhin 2,5 millions de chômeurs d’un côté, contre 1,9 milliard d’heures supplémentaires de l’autre. "De plus, la numérisation et la progression de la productivité pourraient conduire à des licenciements massifs, poursuivent les signataires. En conséquence, la réduction du temps de travail légal est un objectif de premier rang pour maintenir l’emploi dans le pays".

A Berlin, Gwénaëlle Deboutte

 

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