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Comment Kindy s'est remis sur pied

Sybille Aoudjhane , , ,

Publié le

Made in France Alors qu’elle a failli disparaître, la marque des " chaussettes qui ne se cachent plus ", reprise en 2017 avec son site de production français, veut de nouveau secouer cet univers.

Comment Kindy s'est remis sur pied

L’usine historique de Kindy, située à Moliens (Oise), a retrouvé des couleurs. En témoignent les centaines de bobines aux teintes vives qui occupent le site. Les tricoteuses tournent à plein régime et la production retrouve petit à petit son rythme. L’entreprise revient de loin. Quand Thierry Carpentier et Salih Halassi la reprennent en juillet 2017 à la barre du tribunal de commerce de Beauvais, elle était placée en redressement judiciaire. Les deux associés, aujourd’hui aux commandes, ont mis en place un plan pour la faire renaître.

1 - Établir un bilan de l’entreprise

" À la reprise de l’usine, il y avait un trou dans la toiture, l’eau s’infiltrait dans les bâtiments et plusieurs dizaines de machines ne fonctionnaient plus ", raconte Thierry Carpentier. Quand les deux entrepreneurs reprennent Kindy, le chiffre d’affaires est tombé à 13 millions contre 45,3 millions sur l’exercice 2010-2011. Leur priorité, établir un état des lieux. " Elle était encore en activité avec 8 millions d’euros de stocks non vendus. Nous voulions une société avec une marque forte, explique Salih Halassi. Nous sommes repartis à zéro en termes de dette, mais sans arrêt de l’activité. " Les premiers comptes seront publiés en décembre prochain, après un an et demi d’exercice. Les deux repreneurs tablent sur un chiffre d’affaires compris entre 14 et 15 millions d’euros, qui correspondrait à un retour à l’équilibre. Leur objectif est d’atteindre 20 millions d’ici à trois ans.

2 - Reprendre la main sur la production

Pour remettre l’usine sur pied, ils ont investi plus d’un million d’euros en matériel, dont 200 000 euros pour les tricoteuses, 200 000 euros pour la réparation du bâtiment et 100 000 euros pour une nouvelle machine à impression sur coton. L’activité a retrouvé son dynamisme : en témoigne le crépitement des aiguilles de machines à l’arrivée dans l’usine. La production totale du groupe s’élève à 15 millions de paires par an. La France en produit 10 %, dont la marque haut de gamme Achile. Le reste est sous-traité en Turquie principalement, au Portugal et en Chine. L’objectif est de réinternaliser rapidement la confection des chaussettes de sport Thyo, la gamme technique du groupe. Depuis 2017, le nombre de salariés a presque doublé passant de 68 à 108. La production française, qui s’élevait à 400 000 paires par an au moment de la reprise, atteint aujourd’hui 1 million. L’objectif est d’atteindre 1,3 million dès la livraison des dernières machines. Pour les deux dirigeants, le plus difficile a été de rétablir la confiance avec les fournisseurs : certains n’avaient pas été payés et ne voulaient plus travailler avec eux. Ils ont fait la tournée des plus importants pour leur présenter le plan de relance de Kindy. Mais trouver les compétences dans la région a aussi été un défi. Pour les clients comme pour les collaborateurs, " nous devions changer l’esprit et apporter de la qualité au produit ", explique Thierry Carpentier.

3 - Repenser le produit par l’innovation

Après les consolidations structurelles, les deux entrepreneurs s’attaquent au produit. Kindy a une tradition d’innovation à redynamiser : l’entreprise a été la première à mettre de l’élasthanne au niveau du bord-côte pour que la chaussette tienne toute seule. Un esprit avant-gardiste que l’on retrouve dans ses campagnes de publicité avec des slogans comme " les chaussettes ne se cachent plus " et des images libertines. Mais si la marque parle aux plus de 40 ans, elle est absente de l’imaginaire des jeunes. L’objectif est de rajeunir de dix ans la clientèle. Deux opérations de communication sont en cours pour rafraîchir l’image. Un concours de design a été lancé début octobre et une dizaine d’influenceurs planchent sur un modèle original. Par ailleurs, l’achat d’une machine à impression sur coton permettra de développer des chaussettes à motifs pour la marque Achile. La collection fantaisie sera prête pour 2019.

4 - Bâtir un nouveau circuit de vente

Grâce à la récente acquisition de Tissel, une autre marque de chaussettes, en juin 2018, Kindy a récupéré une base de données conséquente d’acheteurs. Le groupe envisage désormais de vendre aussi à domicile ses produits. Ce canal " fonctionnait très bien chez Tissel et nous pouvons réutiliser leur clientèle ", pense Thierry Carpentier. Un système d’abonnement est aussi en cours de réalisation. "Nous avons conçu un système de box, déjà composées ou à constituer soi-même. Le client pourra déterminer la régularité de sa réception et choisir entre plusieurs formules", détaille Thierry Carpentier. L’entreprise mise sur un nouvel intérêt de la chaussette, qui redevient à la mode. "Elle peut devenir un accessoire aussi important qu’un sac à main ", dit-on en interne. Preuve en est, Kindy organise son premier " show de chaussettes " à Paris, le 22 novembre, au Yoyo, une salle culte et branchée du Palais de Tokyo, avec le mannequin Baptiste Giabiconi, l’égérie de Chanel. Un défilé de chaussettes ? Kindy ne se cache vraiment plus ! En attendant un nouveau site marchand et un nouveau logo prévus pour 2019.

Sur le site historique de Moliens, en Picardie, 40 machines tricotent près de 60 000 paires de chaussettes par mois. Chaque chaussette est réalisée en sept minutes. Elles sont ensuite repassées et analysées pour contrôler leur qualité.

Beaucoup d’appelés, peu d’élus 

Le marché de la chaussette pour adulte représente 630 millions d’euros. Selon les chiffres du cabinet d’étude Kantar Worldpanel, les marques de distributeurs comme Carrefour possèdent 15 % de parts de marché sur l’ensemble de la distribution française. Les enseignes de sport sont en deuxième position avec Décathlon (8 %). Les premières marques nationales sont Puma (3,6 %), Bleu Forêt (3,4 %) et Dim (3 %). Kindy est dixième sur un marché qui a augmenté de 35 % en volume entre 2010 et 2018.

 

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