Economie

« Comment j'ai décroché la première aide à la réindustrialisation » (Fonderie Loiselet)

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Entretien Sylvain Loiselet, à la tête de l’entreprise familiale éponyme, a répondu aux questions d’usinenouvelle.com, suite à l’attribution d’une aide à la réindustrialisation de 6,48 millions d’euros de la part de l’Etat.

« Comment j'ai décroché la première aide à la réindustrialisation » (Fonderie Loiselet) © Loiselet

Le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, a annoncé que votre fonderie serait la première entreprise à toucher une aide à la réindustrialisation. En quoi va-t-elle vous aider ?

Elle est un moteur pour notre projet. Sans aide, les choses auraient été vraiment beaucoup plus compliquées. L’aide nous permet en effet de valider un projet et d’avoir une légitimité auprès des banques et des fonds d’investissement. 6,48 millions d’euros d’aides sur un investissement de 12,4 millions d’euros, c’est un sacré coup de pouce.

Sur quoi porte exactement votre projet ?

Notre entreprise familiale va relocaliser des activités actuellement basées en Chine. Au regard des volumes de production, nous ne pouvons plus nous permettre de payer des coûts de transport importants et de souffrir des fluctuations de la monnaie. Avec l’argent jusque-là dédiée au transport, nous allons pouvoir investir dans des machines hyperautomatisées et être aussi, voire plus, compétitifs que lorsque nous produisons en Chine. Là-bas, certes la production compte moins chère, car elle est essentiellement manuelle. Mais il est toujours compliqué de proposer des prix sur six mois à nos clients et de gérer des stocks très importants, qui occasionnent beaucoup de frais.

Pourquoi alors être parti en Chine ?

Je ne suis pas parti en Chine, c’est plus compliqué que cela. En fait, la génèse de cette histoire remonte à 2001, année où la fonderie Loiselet a fermé ses portes pour des problèmes de compétitivité et d’environnement. C’est à ce moment-là que j’ai repris la société et que j’ai cherché des sous-traitants français ou européens. Mais ces derniers étant trop chers, j’ai décidé de créer deux sociétés en Chine, pays où à l’époque les coûts étaient bien moins élevés qu’en France.

Trois équipes

Vous allez rapatrier la totalité de la production en France ?


Non, nous gardons une implantation en Chine pour les marchés asiatiques. Pour le reste, nous allons commencer les premiers investissements sur notre site de Dreux pour produire pour les marchés européens. Dans les six à huit prochains mois, nous allons d’abord recruter une équipe de 45 personnes, mais par la suite, selon les retours sur créance, nous devrions pouvoir avoir trois équipes, au regard des volumes de production.

Comment se sont déroulées les démarches pour obtenir l’aide ?


Il suffit de déposer un dossier très complet. Pour une entreprise avec un projet solide et un business plan déjà bien établi, il n’y a pas tant à faire. Le nôtre a été étudié par KPMG, une référence mondiale sur l’étude des business plan, ce qui a dû appuyer notre dossier. Après, tout est allé très vite pour nous, car nous avons déposé notre dossier début juillet et nous avons obtenu notre réponse le 11 août. J’espère que cela va profiter à d’autres entreprises de différents secteurs avec des projets intéressants.

 

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