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Comment gérer son stress : les leçons du Tour de France

Christophe Bys

Publié le

Les sprinteurs toujours à l'honneur pour cette onzième étape du tour, voici quelques conseils pour savoir, quand il le faut, ralentir la machine. Alain Grolandert est consultant psychologique de l’équipe Saur Sojasun. Il a travaillé avec les athlètes français des J.O. de Pékin. Il nous livre sa méthode pour réduire le stress des sportifs de haut niveau, des personnes qui perdent plus souvent qu’ils ne gagnent dans une carrière, à part quelques exceptions.

Comment gérer son stress : les leçons du Tour de France © AFP

"Le stress est indispensable pour la performance. Mais il faut le doser pour éviter qu’il ne soit trop important. Je fais passer des tests de stress pour connaître le profil de chaque membre de l’équipe, car tout le monde n’est pas exposé de la même façon. Une fois le diagnostic fait, j’utilise toute une palette de moyens pour le réduire. Certains sont classiques, ils empruntent à la sophrologie. Je travaille aussi sur la cohésion sociale du groupe : des relations de confiance, une bonne ambiance dans un groupe réduisent l’état de stress des individus, car ils savent qu’ils peuvent s’appuyer sur le collectif.

3 leçons à tirer pour l’entreprise :
- N’oublier pas que tout le monde ne réagit pas de la même façon au stress. Tenez en compte dans votre management avec les uns et les autres.
- Exprimez toujours des objectifs clairs et précis, moins angoissants. Assurez-vous que vos équipes les partagent.
- Managers, faites comme les entraîneurs, travaillez sur vous d’abord.
J’aide les coureurs à réduire l’anxiété cognitive, un nom savant pour désigner la petite voix intérieure que l’on peut avoir qui dit "tu n’y arriveras pas, tu n’es pas à la hauteur". Pour cela, il faut soigner les objectifs, qu’ils soient clairs, précis et partagés par l’athlète. Enfin, il faut les "surveiller" : certains sont si anxieux qu’il faut leur dire stop à un moment. Sinon, ils passent leur temps à s’entraîner, à refaire le parcours avant l’épreuve. A la limite, il finirait par ne plus se reposer. En résumé, il faut aider les coureurs à accepter une part d’incertitude inhérente à la compétition.

Dans le sport, il y a une part de stress particulier, lié à la pression médiatique. Un gars qui gagne deux courses peut être propulsé futur espoir. Cela peut être déstabilisant. Pour éviter que cela ne les perturbe trop, je travaille avec eux sur leurs compétences. Pour cela, je fais des fiches qui mesurent leurs performances mais aussi leurs savoir-être. Ça les aide à garder la tête froide. De plus en plus, je mixe des auto-évaluations et l’avis d’observateurs. On n’est pas encore à 360 ° mais entre 90 et 180°.

Dernier point important : je m’occupe aussi beaucoup du staff. Ce sont des gens formidables qui travaillent dans l’ombre et qui l’acceptent. Un bon staff réduit le stress des coureurs. Un directeur sportif stressé peut déstabiliser les coureurs qui perçoivent l’état de leur chef. Cela peut mener à des contre-performances. J’apprends au staff à avoir les bonnes attitudes, les bonnes paroles, le bon ton, pour qu’ils ne rajoutent pas du stress à celui du coureur.

Je le dis toujours aux entraineurs : apprenez à gérer votre stress. Avant d’être exigeant avec vos athlètes, travaillez sur vous. Commencez par être clair dans vos demandes."

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