Comment gérer le souk des investissements d’avenir ?

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Comment gérer le souk des investissements d’avenir ?

Finalement, les investissements d’avenir, c’est une bonne idée ? Pas si sûr. Certes, le gouvernement Hollande ne devrait pas remettre en cause ce qui a été lancé. Mais il lui faut maintenant gérer les effets pervers. Et ils sont nombreux, comme le pointe Patrick Haouat, associé gérant du cabinet conseil en innovation Erdyn. Certes, ce dernier ne remet pas en cause le bien fondé des investissements d’avenir. Pour autant, il s’est cru obligé d’alerter sur les dérives possibles des nouveaux dispositifs, qui viennent s’empiler sur ceux déjà existants. "Les projets tardent à se mettre en place, et plusieurs aspects du programme interpellent les spécialistes de l’innovation, qui s’inquiètent de certaines faiblesses du dispositif", écrit-il.

Et il n’hésite pas à appuyer là où cela fait mal. "Le système est devenu illisible et donc peut accessible pour les utilisateurs, notamment les PME. En France on est spécialiste de l’empilement des structures, sans jamais supprimer les anciennes." De fait, créer des IRT, des IEED, des IHU, des SATT, des Labex, qui viennent s’ajouter aux plates-formes d’innovation technologique, aux RTRA et autres instituts Carnot n’aide pas. "Il faudrait éviter de créer de nouveau label, et donner aux nouveaux instituts de recherche le label Carnot, ce qui porterait leur nombre de 34 à 50", propose Patrick Haouat. Pourquoi pas. Mais je ne crois pas que cela suffirait à simplifier le paysage.

Le consultant pointe aussi les "chamailleries entre états et collectivités locales sur la gouvernance de nouveaux projets." Impliqué dans la constitution du projet Jules Vernes, le seul Institut de recherche technologique (IRT) vraiment en place, IL sait qu’il faut faire preuve de fermeté et d’imagination, pour trouver une solution. Mais que rien n’est simple et tout prend beaucoup de temps Selon lui, le projet d’IEED VDCOM, qui doit s’installer sur le site de Versailles-Satory pourrait ainsi avoir un an de décalage dans le temps sur celui de Jules Vernes… le temps d’accorder tous les monde. Donc rien avant mi 2013 ! "Et attention au cumul des mandats lors du recrutement des responsables de ces structures. Ce sont des postes à plein-temps !"

Et s’il ne l’écrit pas dans sa tribune, il reconnaît lui aussi que l’autofinancement à dix ans de toutes ces structures est improbable. "Au bout de dix ans, elles auront out pour la plupart tout juste fini de se mettre en place." Il serait donc judicieux de prévoir la suite dès maintenant. Pour ne pas se retrouver dans la situation de pôles de compétitivité qui s’interroge sur la pérennité des financements publics, que ce soit pour leur gouvernance, que pour les projets. À bon entendeur.

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