Comment François Hollande peut s’inspirer de la reprise américaine

Le président de la République est arrivé aux Etats-Unis, lundi 10 février, accompagné d’une quarantaine de chefs d’entreprises. Alors que la croissance française reste poussive, la reprise américaine est enclenchée. 

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Comment François Hollande peut s’inspirer de la reprise américaine

C’est un pays qui a de quoi faire rêver François Hollande. Les Etats-Unis, où le président de la République est arrivé lundi 10 février pour une visite d’Etat, ont retrouvé une croissance vigoureuse. Après une hausse du PIB de 1,9 % en 2013, l’économie devrait encore accélérer. Pour 2014, les économistes de Natixis tablent sur une croissance de 2,6 %.

De quoi faire réfléchir François Hollande. Même si les entreprises ont créé un peu moins d’emplois que prévus en janvier, avec "seulement" 113 000 emplois supplémentaires, le chômage a atteint son plus bas niveau depuis cinq ans. Dans le même temps, le Président français - qui s’était engagé à inverser la courbe du chômage - a raté son objectif. En prenant pied sur le territoire américain, le président tentera de comprendre le ressort de la création d’emplois.

Des recettes à tirer et des investisseurs à rassurer

A Washington, le chef de l’Etat rencontre une dizaine de grands patrons américains, dont celui de General Motors, du chimiste Dupont et des groupes agroalimentaires Mars et Pepsico à huit clos. Il doit ensuite s’entretenir, mercredi, à San Francisco avec des dirigeants de géants de l’internet, Jack Dorsey (Twitter) et Eric Schmidt (Google) en tête. L’objectif est double : comprendre le succès américain mais aussi convaincre les grandes entreprises que la France est toujours attractive, après l’inflexion du discours économique et la mise en place du pacte de responsabilité. Avec 1 200 groupes américains implantés en France, les entreprises de l’oncle Sam sont déjà les premiers employeurs étrangers dans l’Hexagone.

Aux Etats-Unis, c’est surtout l’industrie, revenue depuis fin 2012 à un niveau proche de 2008 en valeur ajoutée, qui tire la reprise. Selon les économistes, les investissements des entreprises devraient accélérer à nouveau. "La situation des entreprises non financières est bonne. Après une longue période de faiblesse, le taux d’utilisation des capacités de production revient vers son niveau de long terme suggérant des tensions prochaines sur les capacités de production nécessitant davantage d’investissement", analyse Marie-Pierre Ripert, économiste chez Natixis, dans une note.

Un relais de croissance

Les raisons ? Elles sont délicates à transposer. La baisse des coûts de l’énergie avec le boom lié à l’exploitation du gaz de schiste mais aussi la modération des salaires depuis 2008 ont soutenu un timide mouvement de relocalisation - défendu par Arnaud Montebourg en France - qui s’observe depuis plusieurs trimestres. Même si les Etats-Unis ne sont pas devenus un pays "low-cost" pour autant, le secteur manufacturier a en moyenne créé 7 000 postes par mois en 2013, selon le bureau of Labor statistics. En janvier, il a encore créé 21 000 emplois.

Autre facteur non négligeable : la faiblesse du dollar par rapport à l’euro et aux monnaies émergentes a aussi favorisé les exportations, en hausse l’an dernier. L’Amérique a aussi retrouvé le moteur de la consommation. Au quatrième trimestre, les dépenses des ménages ont progressé de 3,3 % en rythme annuel, la meilleure performance depuis fin 2010.

A défaut de recettes, François Hollande devrait trouver outre-Atlantique un relais de croissance pour l’économie française en incitant les exportateurs à se tourner vers le marché nord-américain, premiers client de la France hors d’Europe. La bonne santé des Etats-Unis soutient déjà à plein les carnets de commande des entreprises françaises implantées outre-Atlantique.

La quarantaine de chefs d’entreprises qui participent au déplacement, dont le président du Medef Pierre Gattaz, Patrick Kron (Alstom) et Guillaume Pépy (SNCF) et des patrons de start-up comme Withings, l’ont déjà bien compris. A San Francisco, la nouvelle "maison de l’international" inaugurée le mercredi 12 février devrait permettre à une soixantaine de PME et start-up de tenter leurs chances sur le marché américain. En mai, l’agence publique de soutien à l’export, Ubifrance, prévoit aussi un programme de coaching de 10 semaines pour une dizaine de start-up du numérique prêtes à s’implanter sur la côte Ouest.

Solène Davesne

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