L'Usine Aéro

Comment fonctionne le TCAS qui a permis d'éviter une collision en plein ciel belge ?

Pierre Monnier ,

Publié le

Le 1er janvier, une catastrophe aérienne a été évité de justesse après qu'un Airbus A320 de la compagnie Air France et un avion-cargo A300 soient passés très près l'un de l'autre. C'est grâce au système anticollision, le TCAS, que les appareils ont pu dévier leur trajectoire et éviter l'incident.

Comment fonctionne le TCAS qui a permis d'éviter une collision en plein ciel belge ?
Sur l'Airbus A380, le TCAS peut intervenir directement sur le pilote automatique.
© Andy Mitchell - Wikimedia commons - c.c.

La première catastrophe aérienne de l'année a bien failli avoir lieu dès le 1er janvier. C'est au-dessus de la Belgique, au Nord de Gand, que l'incident s'est produit. Un airbus A320 de la compagnie Air France reliait Paris à Amsterdam lorsqu'un avion-cargo A300 d'Egyptair a failli le percuter quelques minutes après son décollage depuis Ostende, en Belgique. Il a fallu l'intervention du système anticollision, le TCAS, pour éviter l'impact. Le Bureau d'enquête et d'analyse (BEA) belge a ouvert une enquête pour découvrir les détails de l'incident.

Le TCAS signifie Trafic alert and Collision Avoidance System (système d'alerte de trafic et d'évitement de collision). Equipé sur l'ensemble des avions de lignes, il fonctionne à partir du transpondeur de l'appareil, l'outil qui permet aux contrôleurs aériens de connaître sa position dans le ciel. "Cela permet de savoir la position des autres avions par rapport à un trajet", explique Véronique Damon, secrétaire au Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) et pilote sur Boeing 777 chez Air France.

Des faits courants dans la carrière d'un pilote

Lorsque ce système perçoit que deux avions vont entrer en collision dans la minute si aucune déviation n'a lieu, une première alerte retentie. "Ce premier message est un trafic advisory, indique Véronique Damon. Cela se produit souvent, c'est très régulier dans la vie d'un pilote." Dans la majorité des cas, ce message est émis lors des phases de décollage. Lors de leur prise d'altitude, le système TCAS anticipe une collision avec les avions déjà en circulation. "Ce système ne prend pas en compte les ordres des contrôleurs aériens, reprend la pilote de Boeing 777. Dans la plupart des cas, il suffit de réduire son taux de montée pour mettre fin à l'alerte."

Le système TCAS dispose d'une deuxième alerte, la "resolution advisory". Ce message apparait lorsque deux appareils sont à 30 secondes d'une collision. "Dans ce cas, le TCAS donne un ordre de conduite à chacun des deux appareils afin de les éloigner l'un de l'autre. Cet ordre devient prioritaire, il faut donc informer le contrôle aérien, détaille Véronique Damon. Cette mesure, bien que plus rare, n'a rien d'exceptionnelle, elle est revue à chaque entraînement en simulateur pour que la procédure devienne naturelle." La secrétaire SNPL assure que cette "resolution advisory" lui a déjà été signifiée "trois ou quatre fois" mais que cela n'est pas "l'événement de la carrière d'un pilote".

Malgré son utilité, le TCAS n'est pas un outil indispensable au pilotage d'un appareil. "Un avion peut décoller si son TCAS ne fonctionne pas, reconnait Véronique Damon. Pourtant, certaines zones aériennes sont interdites sans ce système actif." C'est notamment le cas de l'Afrique centrale où le manque de moyen ne permet pas aux contrôleurs aériens d'obtenir un positionnement précis des appareils. "Dans ce type d'espace aérien, le TCAS est vital."

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte