Comment Findus systématise les tests ADN sur ses plats cuisinés

Suite au scandale de la fraude à la viande de cheval, Findus a mis en place des tests ADN sur ses plats cuisinés, pour certifier la présence de viande de bœuf. Pionnier dans la démarche, le groupe de surgelés dévoile en exclusivité pour L’Usine nouvelle, la mise en œuvre de ces contrôles.

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Comment Findus systématise les tests ADN sur ses plats cuisinés

"Nous avons revu tous nos approvisionnements en viande de bœuf. Nous contrôlons désormais nos fournisseurs beaucoup plus en amont", affirme Christophe Guillon, le directeur des opérations de Findus Europe du Sud. "Nous sommes devenus des spécialistes de la filière viande de bœuf jusqu’à l’abattoir", insiste-t-il, en mentionnant, le recrutement d’un responsable qualité spécialiste de la viande. L’affaire de la fraude à la viande de cheval, révélée le 8 février, a été un coup dur pour Findus, qui "s’estime victime dans cette affaire". Le groupe de surgelés a choisi de renforcer les contrôles à différents niveaux de la chaîne de production de ses plats cuisinés. "Cette histoire nous a confirmé que l'on ne pouvait pas se contenter des contrôles réglementaires. Cela nous a poussé à développer, voire systématiser, les autocontrôles", confie Christophe Guillon.

Parmi les dispositions mises en place par le groupe, figurent en particulier des analyses sur l’ADN des viandes. Des tests encore peu répandus dans l’industrie agroalimentaire jusqu’à présent. "Nous avons démarré ces tests fin janvier, quand nous avons été alertés par nos collègues britanniques, suite à leurs autocontrôles", précise le directeur des opérations.

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Des tests ADN à deux étapes

Parmi la douzaine de laboratoires pouvant certifiant la nature des viandes, Findus a choisi le groupe Eurofins. "Il dispose du seul laboratoire accrédité officiellement en Europe, par l’organisme allemand Dach (Ndlr : l’équivalent du Cofraq en France), pour les tests ADN sur le cheval". Situé à Ebesberg (Allemagne), ce laboratoire propose une méthode d’identification par PCR (Réaction en chaîne par polymérase) en temps réel, dite semi-quantitative. "Elle permet de quantifier les espèces de viandes présentes les unes par rapport aux autres", explique François Vigneau, le directeur du pôle agroalimentaire d’Eurofins.

Les tests ADN de Findus sont pratiqués à deux niveaux de la chaine : lors de l’arrivée des matières premières (viandes) chez le fournisseur et à réception des produits finis, à l’entrepôt de Findus, à Lognes, près de Paris. "Sur les produits finis, nous contrôlons sept espèces animales dans chaque lot, pour nous assurer qu'ils ne contiennent que du bœuf, selon un plan d'échantillonnage représentatif ; un lot, suivant les process, peut représenter de 6 000 à 10 000 unités de vente", explique Christophe Guillon.

Un coût de "plusieurs centaines de milliers d’euros"

Les résultats sont obtenus de 3 à 10 jours après, selon le degré d’urgence établi par Findus. "Le prix payé est fonction du délai et du caractère d’urgence", explique François Vigneau, qui rappelle que le prix s’échelonne de 120 à 200 euros. Six tests ADN sont réalisés chaque jour en moyenne sur les produits finis et une dizaine sur les matières premières, soit près d’une centaine au total par semaine. Des tests qui représentent un coût non négligeable pour Findus. "Plusieurs centaines de milliers d’euros par an que nous finançons entièrement", souligne le groupe. Le prix à payer pour retrouver la confiance des consommateurs...

Adrien Cahuzac

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