Comment, en 48 heures, Arnaud Montebourg a provoqué le remaniement du gouvernement

Elodie Vallerey

Publié le , mis à jour le 25/08/2014 À 17H24

[Actualisé] - Dans un entretien au Monde le 23 août, le ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique a demandé à l'exécutif une "inflexion majeure de (la) politique économique" de la France. Des critiques qui ont conduit le président de la République à exiger la démission du gouvernement et la composition, par le Premier ministre Manuel Valls, d'une nouvelle équipe. Retour sur ce week-end où Arnaud Montebourg a provoqué un raz-de-marée dans l'exécutif.

Comment, en 48 heures, Arnaud Montebourg a provoqué le remaniement du gouvernement © Luc Pérénom

Actualisation : lors d'une conférence de presse en fin d'après-midi, Arnaud Montebourg a annoncé qu'il quittait le gouvernement "pour reprendre sa liberté". Selon lui, les politiques de réduction des déficits sont une "absurdité financière".

Il aura suffi d'un entretien-vérité dans la presse samedi et de critiques à peine masquées lors de sa traditionnelle Fête de la rose de Frangy-en-Bresse dimanche.

En appelant notamment le Premier ministre et le président de la République à une "inflexion majeure de (la) politique économique" française et à une "évolution des choix politiques", le ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique Arnaud Montebourg a provoqué un raz-de-marée politique et la démission du gouvernement.

Dans un entretien au Monde le 23 août, Arnaud Montebourg a d'abord appelé l'exécutif à "donner la priorité à la sortie de crise" et "faire passer au second plan la réduction dogmatique des déficits, qui nous conduit à l'austérité et au chômage".

Selon lui, les annonces faites par le président de la République le 20 août semblent insuffisantes, "la réduction à marche forcée des déficits" étant "une aberration économique, car elle aggrave le chômage, une absurdité financière, car elle rend impossible le rétablissement des comptes publics, et un sinistre politique". Et rappelle ce qu'il considère comme "l'échec" des politiques économiques et budgétaires menées dans la zone euro, France y compris.

Le ministre n'hésite pas à pointer du doigt l'Allemagne. "Nous ne pouvons plus nous laisser faire. Si nous devions nous aligner sur l'orthodoxie la plus extrémiste de la droite allemande, cela (...) signifierait que, même quand les Français votent pour la gauche française, en vérité ils voteraient pour l'application du programme de la droite allemande", a-t-il critiqué.

Lors de son discours prononcé à la Fête de la Rose le lendemain, devant des centaines de militants et sympathisants socialistes, Arnaud Montebourg martèle ses positions : "j'ai sollicité une inflexion majeure de notre politique économique (...) dans la collégialité gouvernementale", rapporte l'AFP.

Pour le Premier ministre Manuel Valls, avec ces déclarations, Arnaud Montebourg a "franchi une ligne jaune (...) dans la mesure où un ministre de l'Economie ne peut pas s'exprimer dans de telles conditions sur la ligne économique du gouvernement et sur un partenaire européen comme l'Allemagne".

Le 25 août au matin, Arnaud Montebourg s'exprime sur Europe 1 et dit ne pas "regretter ses propos".


Montebourg : "Nulle remise en question de la... par Europe1fr

 

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