Comment des vignerons allemands se remettent en cause face au changement climatique

Dans le länder allemand de Saxe-Anhalt, des vignerons et des universitaires travaillent de concert pour lutter contre les effets déjà visibles du changement climatique. Leur plan d’action est tourné vers l’essor de la biodiversité.

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Comment des vignerons allemands se remettent en cause face au changement climatique
Dans le vignoble du domaine de Kloster Porta, à Naumburg (Allemagne).

Après la France, l’Allemagne a été confrontée, cette année, à une faible récolte céréalière en raison de fortes intempéries. Les professionnels de la région viticole de Saale-Unstrut, dans le länder de Saxe-Anhalt, qui subissent des précipitations annuelles de 500 millimètres, connaissent déjà la chanson. Ils ont toutefois décidé de contrer les effets du changement climatique, qui semble inexorable et pour lequel ils viennent de se prendre en main, accompagnés par des équipes universitaires.

"Nous devons concilier les techniques agricoles traditionnelles et la nécessité de faire entrer les exploitants dans l’ère du développement durable", lance Jörn Freyer. Coordinateur technique du programme Life VinEcoS (Optimisation de l’écosystème viticole pour affronter le changement climatique), il doit mener un projet de recherche, prévu de juillet 2016 à juin 2020, destiné à tester de nouveaux modes de production, suivre l’évolution de nouvelles semences, expérimenter les avantages des moutons dans les vignes, lutter contre l’érosion des sols et évaluer des solutions de pilotage des écosystèmes. Une somme de 1,6 million d’euros y est allouée, financée à 60% par des fonds européens.

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"Il faut faire face à l’érosion des sols, qui pénalise une activité déjà difficile en raison d’une forte pente sur nos 700 hectares de vignes, ainsi qu’à des variations de température toujours plus fortes. En 2013, nous avons même subi une inondation dans nos installations en sous-sol et dans notre cave", témoigne Christoph Lindner, maître de chai au sein du domaine Kloster Porta (300 000 bouteilles produites par an, à 70% en vin blanc et à 30% en vin rouge), situé à Naumburg, à 180 km de Francfort. Les 35 acteurs engagés dans le projet se fixent pour objectifs de réduire l’érosion des sols de 50%, de réduire de 10% les opérations mécaniques, et d’accroitre le nombre d’espèces florales de 50%.

Au sous-sol des bâtiments de Kloster Porta. Le lieu a été inondé en 2013.

Des axes de travail tournés vers la biodiversité

Pour arriver à leurs fins, les chercheurs et les vignerons ont développé cinq axes de travail. Le premier consiste à réduire les émissions de gaz à effet de serre et accroître l’efficacité énergétique des équipements. Des systèmes alternatifs de culture sont testés et comparés aux profils aromatiques du vin, selon les résultats désirés. Le second axe de recherche est orienté vers la mise au point de semences destinées à permettre une meilleure végétalisation des parcelles. L’idée est de favoriser, in fine, la pollinisation des abeilles et de réduire le stress hydrique. Troisièmement, la dispersion des semences est réalisée selon des temporalités différentes sur des sites pilotes. Enfin, une cartographie de l’érosion des sols ainsi qu’un pilotage de l’impact des mesures prises sont réalisés.

"Les papillons et les oiseaux sont plus abondants autour des nouveaux vignobles, plutôt que sur les parcelles aux techniques classiques", se félicite déjà Jens Eckner, ingénieur agricole détaché sur le projet chez Kloster Porta. A défaut de produire en bio, les vignerons concernés se convertissent, poussés par un impératif économique, à une agriculture plus durable.

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