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L'Usine Agro

Comment Boortmalt s'adapte à un marché de la bière en ébullition

Franck Stassi , ,

Publié le , mis à jour le 07/02/2017 À 16H36

Cinquième malteur mondial et deuxième malteur européen, Boortmalt, filiale d’Axereal, mise sur une personnalisation accrue de sa relation client (malts techniques, conseil, recherche…) pour s’adapter à un marché en pleine concentration, tant du point de vue des clients brasseurs que de celui des producteurs. Il table également sur le développement de la bière artisanale.


415 tonnes de céréales sont simultanément traitées lors de la phase de germination au sein d'une des trois unités de production de la malterie d'Anvers.

Nichées au cœur du port d’Anvers (Belgique), les trois unités de production de la plus grande malterie d’Europe (330 000 tonnes par an, avec possibilité de monter à 420 000 tonnes) trônent fièrement. C’est ici que la coopérative française Axereal (10 Mt de grains commercialisés ; 3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires) préside aux destinées du cinquième malteur mondial, Boortmalt. Rachetée en 2004, l’entreprise d’origine belge possède aujourd’hui dix usines, pour 500 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle tente de s’adapter à l’évolution constante du marché de la bière, lequel représente 93% du malt produit mondialement : montée en gamme, essor de la production artisanale…

Début février 2017, Boortmalt a annoncé la construction d’une quatrième unité sur son site d’Anvers, pour en faire la plus grande malterie au monde. D’une capacité de 470 000 tonnes, le site sera également complété par un centre de recherche et de développement. Une malterie de 60 000 tonnes sera par ailleurs construite en Ethiopie, pour une ouverture fin 2018, afin de répondre à l’essor de la consommation de bière en Afrique.

"Les fondamentaux de la croissance de la bière sont la démographie et la hausse du pouvoir d’achat, notamment dans les pays émergents. Dans l’hémisphère Sud, nous sommes dans une logique de volume ; dans l’hémisphère Nord, dans une logique de valeur avec les bières premium et les bières artisanales", explique le directeur général (CEO) de Boortmalt, Yvan Schaepman. L’entreprise, dont le chiffre d’affaires est réalisé à 50% à l’export, doit suivre en permanence les évolutions du secteur pour rester compétitive. Face à elle, 67,7% du marché de la bière est concentré entre les mains des dix premiers producteurs mondiaux (AB InBev, SAB Miller, Heineken…) !

Construire un poids lourd du malt…

Le développement de Boortmalt a suivi ce mouvement. "Il y a vingt-deux ans, les administrateurs et la direction de la coopérative de base d’Axereal, Epicentre, ont décidé d’acheter une malterie à Issoudun (Indre), dont personne ne voulait. L’environnement concurrentiel et bancaire n’était pas favorable", indique le président d’Axereal, Jean-François Loiseau. Il s’agissait alors de sécuriser les débouchés des producteurs d’orge de la région.

Initialement fixées à 70 000 tonnes, les capacités de maltage du groupe sont montées à 500 000 tonnes en 2004 et à 560 000 tonnes en 2006 à coups d’acquisitions suivies de celle, en 2010, des activités malt de l’irlandais Greencore, pour atteindre 1 100 000 tonnes. Les sites d’Anvers et d’Issoudun ont, eux, été agrandis et fonctionnent en binôme, avec des flux réguliers de marchandises. L’entreprise représente 7% des capacités mondiales de maltage, derrière Soufflet, Malteurop, Cargill et GrainCorp Malt.

… dans un marché en pleine concentration

"Nous n’avons pas pris part au mouvement de concentration depuis 2010, mais cela fait clairement partie de nos priorités. Tous les gros brasseurs ont aussi des malteurs, à des degrés divers, mais tendent à se concentrer davantage sur leur cœur de métier qui consiste en la production et la vente de bière. Carlsberg a récemment vendu ses malteries. ABInBev conserve quant à lui beaucoup de malteries en Amérique Latine", commente Yvan Schaepman.

Pour l’heure, l’entreprise souhaite cultiver la préférence client en développant des malts techniques, en travaillant en étroite collaboration avec les brasseurs (notamment pour la marque Guinness de Diageo depuis son site d’Athy, en Irlande), ou bien encore en créant des filières d’orges de brasserie en Inde et en Ethiopie. "Là où les brasseurs se développent, on ne produit quasiment pas d’orges, donc il faut construire cette filière", justifie le directeur général d’Axereal, Philippe de Raynal. En Irlande, environ 500 producteurs approvisionnent sa malterie avec un partenariat noué avec le syndicat des agriculteurs irlandais, l’IFA. En France et en Belgique, la plupart des orges viennent des producteurs d’Axereal, achetées au prix du marché.

Une équipe commerciale dédiée aux brasseurs artisanaux

Pour croître davantage, Boortmalt place beaucoup d’espoirs dans le développement de la bière artisanale. "Nous avons pris il y a deux ans la décision d’attaquer ce marché, en commençant par l’Irlande, avant l’Angleterre et la France. Nous disposons d’une équipe et de marques dédiées, à l’instar de Minch Malt en Irlande, ainsi que d’un site d’e-commerce. Nous personnalisons notre approche et nous avons investi dans des lignes d’ensachage spécifiques en Angleterre et en Irlande. Nous disposons également d’une petite usine de 40 000 tonnes à Gembloux (Belgique)", indique Philippe de Raynal à L’Usine Nouvelle. Le segment de la bière artisanale pèse pour 2% à 3% du chiffre d’affaires du malteur, pour qui cette activité est rentable.

"Il faut vraiment travailler ce segment d’une manière très différente avec des compétences de brasseur et pas seulement de malteur. Nous apportons beaucoup de conseil aux microbrasseurs : on a embauché plusieurs brasseurs qui s’occupent de la relation client. Nous vendons plus cher les malts, au détail ; les formats de conditionnement sont plus petits. Ils nous demandent des malts que, parfois, on ne sait pas produire et des variétés d’orge que l’on ne produisait plus. Ces gens sont des passionnés !", abonde Yvan Schaepman.

Franck Stassi

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