Comment BMW veut être compétitif sur le marché de la mobilité électrique

Le salon automobile de Los Angeles s'est terminé le 9 décembre aux États-Unis. Concept car électrique, nouvelle génération de transmission, partenariats sur les matières premières et les batteries... BMW a profité de l'événement pour détailler sa stratégie en matière de mobilité électrifiée. Le constructeur automobile allemand mise notamment sur une production flexible et une maîtrise de bout en bout de la production des batteries pour peser face à ses concurrents, comme Tesla.

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Comment BMW veut être compétitif sur le marché de la mobilité électrique
La version concept du SUV électrique iX3, attendu sur le marché en 2020.

Les journées publiques du salon automobile de Los Angeles se sont terminées dimanche 9 décembre. Très présents à l’événement, les constructeurs allemands ont pu faire le bilan sur une année 2018 difficile, marquée par les retombées du “dieselgate” et la mise en place du nouveau protocole d’homologation WLTP. Parmi eux, BMW a particulièrement insisté sur la mobilité électrique. Entre innovations et défis de production, l’entreprise nous présente sa stratégie.

Le groupe BMW a fait de 2021 un point de bascule pour le déploiement de ses voitures électrifiées. D’ici 2021, le groupe vise la commercialisation de cinq véhicules entièrement électriques : la BMW i3 déjà en production depuis 2013 ; la Mini Electric (produite à partir de fin 2019) ; le SUV iX3 (pour 2020) ; la berline BMW i4 (2021) ; enfin, un véhicule autonome adapté de la concept car Vision iNext. D’ici 2025, le constructeur espère compter 25 modèles électrifiés, dont 13 véhicules hybrides rechargeables.

(La concept car Vision iNext, électrique et autonome. Crédit : BMW)

“Les véhicules hybrides rechargeables sont nécessaires"

Pour atteindre cet objectif, BMW compte beaucoup sur la flexibilité de ses constructions. D’ici 2021, le groupe ne souhaite compter que deux “architectures” adaptables à trois énergies : thermique, hybride ou tout électrique. Cette plateforme commune permettra de construire n’importe lequel de ces trois types sur une seule ligne de production.

En 2020, BMW introduira également la cinquième génération de sa transmission électrique. Elle sera installée pour la première fois sur le BMW iX3. La “GEN5” permettra d’intégrer dans un seul système le moteur électrique, la transmission et l’électronique de puissance. Une transmission optimisée qui doit réduire le poids des pièces et les coûts de production.

Difficile de ne pas penser aux concurrents du salon automobile de Los Angeles. D’autant plus qu’aux États-Unis, BMW a enregistré une légère baisse de livraisons de 3,5% en 2017 par rapport à 2016. Face au tout électrique de Tesla, BMW met en valeur son approche des véhicules hybrides. “L’idée avec l’i3 est d’avoir une voiture pour les villes, les usagers des transports au quotidien et les petites distances. Pour les longues distances, notre approche est de proposer un véhicule hybride rechargeable comme l’i8. Ainsi, vous pouvez circuler sur de petites distances la semaine à la maison ou à votre entreprise et sur de plus longues distances le week-end grâce au moteur thermique”, détaille à L’Usine Nouvelle Stefan Juraschek, vice-président en charge du développement des moteurs électriques chez BMW. “Les véhicules hybrides rechargeables sont nécessaires pour conduire les gens vers l’électrification.”

(Production de l'i8 Roadster sur le site BMW de Leipzig en Allemagne. Crédit : BMW)

Une transmission électrique sans terres rares

Les questions se posent surtout au niveau des matières premières pour la fabrication des batteries. La tension sur les terres rares menace de faire grimper les coûts. Et l’approvisionnement des autres éléments se heurte à des problématiques sociales ou environnementales. Ces dernières semaines, le groupe allemand a multiplié les partenariats pour maîtriser de bout en bout la production de ses batteries.

Pour réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine et des terres rares, BMW a tout simplement décidé de ne plus en utiliser pour la cinquième génération de sa transmission électrique. De manière générale, les équipes du constructeur tentent de s’affranchir des matières en tension. “Nous essayons de nous débarrasser des matériaux les plus chers. Le cobalt par exemple est une matière très critique en termes de prix et d’un point vue durable. Nous essayons donc de réduire la quantité de cobalt dans la batterie en le remplaçant par d’autres matériaux comme le nickel”, explique Stefan Juraschek.

(Production de batterie sur le site BMW de Rayong, en Thaïlande. Crédit : BMW)

“Pour être fructueux dans le marché de la mobilité électrique, il faut penser de bout en bout”

En début de chaîne, l’entreprise souhaite s’approvisionner elle-même en matières premières pour fournir ses partenaires. L’objectif de BMW est clair : créer une industrie des batteries en Europe. En juillet, le groupe allemand a signé un contrat sur le long terme avec le fabricant chinois de cellules de batterie (Contemporary Amperex Technology Co. Limited). Le partenariat a permis de valider la construction à Erfurt (Allemagne) d’une usine CATL. D’ici 2021, le futur site d’Erfurt devrait approvisionner en cellules l’usine BMW de Dingolfing pour la fabrication de l’iNext.

BMW veut être aussi pionnier dans le recyclage des batteries en Europe. Le 15 octobre, le groupe a annoncé un consortium avec Northvolt, fabricant suédois de batterie, et Umicore, spécialiste belge de la technologie des matériaux de batterie, notamment dans le but d’inventer la seconde vie des batteries électriques.

(La production en cours de prototypes pour de futures cellules de batterie. Crédit : BMW)

“Le recyclage chimique d’une batterie permet de regagner quelques centaines d’euros après 10 ans d’usage dans une voiture. Si vous pouvez utiliser cette batterie dans une seconde vie, par exemple pour le stockage domestique, elle marchera encore pour vingt ou trente ans et vous pouvez en retirer quelques milliers d’euros”, justifie Klaus Fröhlich, patron de la recherche et développement chez BMW. “Pour être fructueux dans le marché de la mobilité électrique, il faut penser de bout en bout, depuis la matière première jusqu’à la deuxième utilisation. Car si vous avez une meilleure idée que les autres sur la deuxième utilisation, vous pouvez proposer des prix de location plus bas.”

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