Comment Arquus, l'ex-RTD, veut monter à bord du futur char de combat franco-allemand

L'ex-Renault Trucks Defense (RTD) mise sur ses technologies innovantes dans le domaine de la chaîne cinématique hybride, les moteurs diesel de haute puissance ou encore la robotisation pour devenir un fournisseur du programme de futur char de combat franco-allemand.

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Comment Arquus, l'ex-RTD, veut monter à bord du futur char de combat franco-allemand
En accord avec la France, l'Allemagne a été désignée comme la nation leader pour diriger le programme de char de combat commun aux deux pays.

Les places pour monter à bord du futur char de combat franco-allemand sont en train de se gagner ou de se perdre. Cela s'active des deux côtés de la frontière pour devenir un fournisseur du programme MGCS (Main Ground Combat System) validé en juin 2018 par les ministres de la Défense des deux pays. La lettre d'intention de l'époque précisait alors qu'une phase commune de démonstration serait lancée d'ici mi-2019 en vue d'un déploiement en 2035. Le document précisait également que le programme serait piloté par l'Allemagne alors que la France prenait le leadership du programme d'avion du futur.

Le fabricant KNDS né de la fusion entre le Français Nexter et l'Allemand KMW est idéalement placé pour jouer le premier rôle industriel ainsi que RheinMetall, l'autre géant de l'armement terrestre. Cela n'empêche pas d'autres voix de se faire entendre comme celle d'Arquus, l'ex Renault Trucks Defense (RTD), qui se dit volontaire pour joindre le programme: "On aimerait bien apporter notre petit grain de sel. Surtout sur des sujets où l'on estime être légitime. Nous sommes capables de fournir des organes mécaniques, des moteurs diesel et des machines électriques à haute puissance. Il n'y a pas que MTU Deutschland... Il peut y avoir d'autres solutions", a précisé son président Emmanuel Levacher qui revendique sa forte présence industrielle en France. Il s'exprimait à Paris à l'occasion de la présentation du bilan de l'année 2018. L'ex-RTD affiche une progression de 10% des prises de commandes en 2018 par rapport à 2017, soit une hausse de 10% à 700 millions d'euros.

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500 millions d'euros de chiffre d'affaires

Rater le MGCS serait dramatique pour Arquus. Il s'agit du seul programme d'envergure pour l'industrie de l'armement terrestre garantissant le financement et le développement de nouvelles technologies de rupture. Quand au programme franco-français Scorpion de renouvellement des véhicules blindés terrestres à roues, il est déjà au stade de livraison aux armées. Le moment est également critique pour Arquus. Son propriétaire le suédois Volvo avait mis en vente ses activités de Défense en 2017. Il avait fini par retirer son offre devant la faiblesse des propositions financières. Avec un chiffre d'affaires de l'ordre de 500 millions d'euros (à comparer aux 2 milliards d'euros de KNDS), le fabricant historique des VAB de l'armée française n'a pas la taille critique pour jouer sur tous les segments des véhicules blindés et toutes les géographies.

Pour se distinguer, la filiale de Volvo joue la carte de l'innovation et souhaite une vraie rupture avec les chars actuels déployés dans l'armée française et la Bundeswehr. "Le futur char de combat ne doit pas se résumer à un Leopard 3 ou un super char Leclerc", explique Emmanuel Levacher. Sa société estime pouvoir apporter son savoir-faire dans plusieurs domaines d'expertises : les chaînes cinématiques électrifiées, les moteurs et machines diesel de haute puissance, la robotisation... Sur un effectif d'environ 1500 salariés, le groupe revendique 500 ingénieurs. Le fabricant essaye de faire valoir ses idées auprès de l'armée de Terre et de la DGA (Direction général de l'armement). "En matière de programme en coopération, quel que soit le schéma, il faut qu'il y ait une rationalité économique, technologique et sociale" souligne le dirigeant.

RheinMetall en embuscade

Toutefois, ce n'est pas sûr que ce soit suffisant. Surtout que les grandes manœuvres sont déjà lancées Outre Rhin. En novembre 2018, RheinMetall a annoncé sa volonté de racheter son compatriote et concurrent KMW, déjà associé à Nexter. De quoi peser sur la gouvernance industrielle du programme de char de combat franco-allemand à peine lancé...

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