Comment Alstom est devenu une proie pour General Electric

L’agenda de Martin Bouygues est déterminant dans l’acquistion évoquée d’Alstom par General Electric. Mais si le groupe en est réduit à être un actif à la vente chez Bouygues, c’est qu’il n’a pu pérenniser la renaissance de 2004.

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Comment Alstom est devenu une proie pour General Electric

Un sauvetage par l'Etat générateur de faiblesses structurelles, la crise de 2008-2009 et un gros actionnaire qui a besoin de cash. Trois raisons qui font d'Alstom, fleuron industriel français au premier plan des programmes historiques de la grande vitesse ferroviaire et du nucléaire, une proie toute désignée pour un General Electric qui se recentre sur ses activités industrielles.

L’américain serait prêt, selon Bloomberg, à débourser près de 10 milliards d’euros pour acquérir Alstom. Il ne faut pas sous-estimer le poids de l’agenda de Martin Bouygues dans cette opération. Avec ses 29,4% du capital d’Alstom, Bouygues est la clé de l’avenir du groupe de Patrick Kron. L’appétit de GE lui fournirait l’occasion de se donner des marges de manœuvres pour renforcer sa filiale Bouygues Télécoms après son échec dans la bataille pour SFR. Alstom a beau être sur la corde raide du point de vue financier, il est loin d’être tombé.

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Faiblesses structurelles

Reste qu’en être réduit à un actif à la vente chez Bouygues est pour Alstom un aveu d’échec. L’échec, au fond, de la pérennisation de la renaissance du groupe en 2004 avec l’intervention de l’Etat. Après son envolée initiale, Alstom s’est heurté de plein fouet à la crise de 2009 et à la réduction des investissements des producteurs d’électricité - ses principaux clients. La crise révèle les faiblesses du groupe : il est très centré sur un charbon concurrencé par les asiatiques. Les ratés des turbines héritées d’ABB pèsent sur son développement dans le gaz. Le rachat d’Areva Transmission en 2010, qu’il avait dû céder lors de son sauvetage, tend encore plus ses finances. L’essor dans l’éolien est tardif... Alstom tient bon mais est fragilisé. Trop.

Manuel Moragues

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