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L'Usine Aéro

Comment Airbus digitalise sa finance

Olivier James , ,

Publié le

Faire de ses données financières un levier de compétitivité. C’est l’objectif que poursuit l’avionneur européen, en étroite collaboration avec Accenture.

Comment Airbus digitalise sa finance
Une solution centralisant les données financières permet de contrôler l’évolution des coûts au fil de l’eau.

Cest un peu la face cachée de la digitalisation chez Airbus, menée tambour battant par son patron, Tom Enders. Au-delà des cobots et des tablettes numériques qui ont fait irruption dans les lignes d’assemblage, des services qui ouvrent la voie à la maintenance prédictive, des ressources humaines qui poussent à l’initiative, via notamment un réseau social interne, l’avionneur s’est attelé à faire entrer dans le monde digital un pan moins visible de son activité : la finance, via le projet F-Drive. « L’idée de départ est de savoir comment transformer la finance pour qu’elle devienne un levier de business. Qu’elle ne soit plus seulement des chiffres, mais un véritable outil d’aide à la décision », résume Didier Loiselet, le directeur systèmes financiers du groupe Airbus et directeur controlling de la division Defence and Space.

Un programme de taille pour un groupe qui emploie quelque 136 000 salariés – dont environ 3 000 dédiés à la finance – répartis sur plusieurs sites européens et mondiaux. Mené par le directeur financier, Harald Wilhelm, le projet a débuté en 2015 dans la branche aviation commerciale, puis en 2016 chez Airbus Defence and Space. Et il est en train d’être déployé au sein d’Airbus Helicopters. Objectif pour l’ensemble du groupe : faire de la finance un outil de pilotage. Afin de réaliser cette digitalisation, Airbus a décidé de faire tandem avec le cabinet Accenture. Les deux partenaires se sont attelés à harmoniser des données et des pratiques financières très différentes, dans la mesure où l’avionneur s’est bâti année après année sur le regroupement d’un grand nombre d’entités étrangères aux spécificités culturelles disparates. Paiement des fournisseurs, comptabilisation des coûts, achats divers… « L’un des axes majeurs d’amélioration concerne les transactions, précise Jean-Louis Rassineux, directeur exécutif chez Accenture. L’objectif était d’unifier et d’améliorer l’enregistrement des transactions dans notre système et leur reporting en les mettant à disposition des opérationnels via une source unique et des rapports standardisés sur un portail digital spécifique. » Dans le détail, Accenture a mis en œuvre un système global développé par SAP, S/4Hana, qui consolide les données issues d’une trentaine d’ERP principaux existants. À terme, les anciens systèmes sont voués à disparaître pour laisser place à ce « système-chapeau ».

Suivi des coûts sur tablette

Une fois établie cette solution qui centralise les données financières, encore faut-il en offrir l’accès. « C’est le deuxième volet de notre contribution, le déploiement vers des moyens comme les téléphones portables et les tablettes tactiles », détaille Jean-Louis Rassineux. Exemple concret de l’intérêt de la digitalisation de la finance : sur une tablette, un responsable peut consulter le compte d’exploitation d’un programme quasiment en temps réel. Suit-il l’évolution définie ? D’où provient ce dépassement ? Comment expliquer cette anomalie ? « Plutôt que de recevoir un rapport d’analyse statistique pendant la troisième semaine du mois, les données du mois précédent sont disponibles dès la première semaine », s’enthousiasme Didier Loiselet. Un outil précieux qui pourrait permettre d’éviter les dérapages de coût.

D’autant que les promesses de la finance digitale ne s’arrêtent pas là. « Un autre axe consiste à casser la logique de silos par fonction et à analyser les données financières combinées à celles issues d’autres fonctions, prévoit Jean-Louis Rassineux. Cette approche permet de développer une finance prédictive, fondée sur la détection de signaux faibles. » Établir des corrélations en vue d’un traitement statistique des données pour extraire de nouvelles informations est l’un des principaux apports attendus de la finance digitale. Une étape qui permettrait d’offrir encore davantage de valeur ajoutée. Pour qu’à terme, la finance propose moins une approche fondée sur le constat d’une situation qu’une solution fiable pour contrer les difficultés à venir. 

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