L'Usine Matières premières

"CMCP-International Paper recycle près de 70% des vieux papiers du Maroc et veut réduire son impact environnemental"

, ,

Publié le

Entretien Investir pour limiter l'impact de ses effluents liquides en aval de la production. C'est ce que vient de faire la Compagnie marocaine des cartons et des papiers (CMCP), filiale du groupe américain International Paper qui a inauguré en avril une nouvelle station d'épuration à Kénitra. Pour L'Usine Nouvelle, son directeur général Fabrice Jacqueroux fait le point dans cette interview sur ce projet et les défis du groupe papetier au Maroc.

CMCP-International Paper recycle près de 70% des vieux papiers du Maroc et veut réduire son impact environnemental
Fabrice Jacqueroux, Directeur général de CMCP à Kénitra
© ipaper.com

L'Usine Nouvelle - Votre société CMCP est la filiale marocaine du premier papetier mondial. Quelle est votre activité principale au Maroc ?

Fabrice Jacqueroux - Sur le site de Kenitra, nous produisons 110 000 tonnes par an de papiers et cartons, répartis en 75 000 tonnes par an de papiers pour ondulés (machine à papier n°3) et 35 000 tonnes par an de carton plat couché (machine à papier n°1). Sur nos deux sites de Casablanca et Agadir, nous produisons également 110 000 tonnes par an de caisses en carton ondulés, destinées soit au marché industriel (caisserie de Casablanca), soit au marché agricole (caisserie d’Agadir).

La CMCP a inauguré le mois dernier à Kénitra une nouvelle station d'épuration, pourquoi avoir réalisé cet investissement ?

CMCP-International Paper recycle près de 70% de la collecte nationale de vieux papiers du royaume dans l’usine de Kenitra. À ce titre, l’investissement de la station d’épuration était une évidence pour répondre aux exigences environnementales et limiter nos impacts.

Le choix d’une station de technologie anaérobie (close NDLR) a été dicté par une vision long terme sur les gains énergétiques par rapport à une station aérobie (à l'air libre NDLR), ainsi qu’à la possibilité de recycler dans nos chaudières le biogaz généré par l’activité de dépollution par les bactéries.

De plus, grâce au choix d’une technologie anaérobie et à la réutilisation d'équipements existants, l’empreinte au sol de la station est de l’ordre de 650 m² alors que le terrain de la papeterie de Kenitra s’étend sur une trentaine d’hectares !

Quelle est la date effective de démarrage de l'installation?

La station d’épuration a démarré en juillet 2012. Comme il s’agit d’un processus biologique, l’adaptation puis la croissance des bactéries anaérobies se fait de manière lente. Cela demande même plusieurs mois de montée en charge progressive avant d’atteindre le niveau de maturité. Ce qui explique que l’inauguration officielle n’a eu lieu qu’en avril 2013.

Ce projet est-il totalement opérationnel et qu'en attendez-vous?

Il nous reste à finaliser une petite ligne liée au recyclage du biogaz généré par la station et diminuer encore nos besoins en eau.

Avec l’arrêt du pompage dans l’Oued Sebou, la station permettra de réduire par deux la consommation d’eau au travers d’actions de recyclage des eaux, et aussi de diviser par 10 (dans les rejets NDLR) les matières en suspension (MES), par 3 la demande chimique en oxygène (DCO) et par 2 la demande biologique en oxygène (DBO). Le volume d’effluent que la station peut traiter est de 6 000 m3/j. Le fonctionnement normal moyen est un volume de 4 500 m3/j. Veolia est le fournisseur clé en main de la station. Il est donc responsable de l’ensemble du projet jusqu’à atteinte des résultats définis pour les rejets en terme de MES, DCO et DBO.

Le coût de l'investissement a été de 50 millions de dirhams, soit 4,5 millions d'euros. Comment a-t-il été financé ?

Essentiellement sur fonds propres par CMCP-International Paper, notre maison mère.

La CMCP en 5 dates

1949 : création de la Compagnie Marocaine des Cartons et Papiers
1978 : construction de la caisserie CHEMS à Agadir
1991 : acquisition d’une caisserie à Casablanca (OGDEN)
2003 : absorption de Finapack et reprise de deux caisseries à Agadir (Carsud) et Casablanca (Ondumar)
2007 : acquisition à 100 % de CMCP par International Paper

 

Vous avez également bénéficié d'une subvention de 9 millions de dirhams du Fonds de dépollution industrielle (Fodep). Cette dernière vous a-t-elle été entièrement versée ?

Cette subvention est soumise à un contrôle strict pour le versement. C'est pourquoi, nous avons reçu à ce jour 8 millions de dirhams par fractions au fur et à mesure de la concrétisation du projet et après vérification des phases de réalisation. La dernière partie de la subvention d’un million de dirhams sera versée après vérification de la pérennité des résultats de l’épuration, c'est-à-dire environ 12 mois après la fin de la montée en charge, dans le dernier trimestre 2013.

Combien de personnes travaillent sur cette station à Kénitra ?

La station d’épuration est totalement automatisée et ne nécessite pas d’opération spécifique pour la faire fonctionner. Un ingénieur a été spécialement recruté pour ce projet. Il est en charge de la supervision générale de l’installation. Un technicien de laboratoire l'a rejoint. Il s'occupe d'analyser l’eau entrante et sortante pour vérifier le bon fonctionnement de l’épuration et la conformité des rejets. Enfin, un opérateur posté se charge d’effectuer les rondes et les contrôles opérationnels.

Dans son ensemble, la papeterie de Kénitra emploie un effectif stable de 400 personnes sur 1 300 pour l’ensemble des sites. 

Enfin, en matière de développement industriel et commercial, quelles sont vos priorités pour 2013 ?

Nous possédons deux machines à papier. La première délivre le papier pour nos caisseries avant de les transformer en caisses. La seconde fabrique du carton blanc destiné au marché local. Nous nous concentrons sur la façon d'améliorer nos coûts variables et notre productivité.

Propos recueillis par Nasser Djama

 

CMCP, la plus importante papeterie marocaine
International Paper, la maison mère de la CMCP emploie quelques 70 000 salariés dans 24 pays pour 28 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2012. Filiale à 100 % d'International Paper, CMCP a réalisé en 2012 un chiffre d’affaires de 1,4 milliard de dirhams et emploie quelques 1 300 employés. L’entreprise qui recycle 70 % des déchets papier et carton collectés au Maroc, dispose à Kénitra de 2 lignes de fabrication de carton plat et papiers pour ondulé avec une capacité totale de production de 105 000 de tonnes par an. Ce qui en fait le plus gros producteur au Maroc.

Un volet social important
La formation est une priorité pour CMCP. Cela s’explique par le fait que le marché de la papeterie est peu développé au Maroc. Il n’y a par exemple pas d’écoles de formation adaptées au secteur. Comme il y a peu de mouvement de personnel entre les quelques papeteries du marché, dénicher des salariés qualifié est très difficile. Des programmes de formation adaptés aux ouvriers et techniciens ont été mis sur pied pour cela par CMCP.

 

Une vue de la station d'épuration d'International Paper à Kénitra

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

1000 INDICES DE REFERENCE

  • Vous avez besoin de mener une veille sur l'évolution des cours des matières, la conjoncture et les coûts des facteurs de production
  • Vous êtes acheteur ou vendeur de produits indexés sur les prix des matières premières
  • Vous êtes émetteur de déchets valorisables

Suivez en temps réel nos 1000 indices - coût des facteurs de production, prix des métaux, des plastiques, des matières recyclées... - et paramétrez vos alertes personnalisées sur Indices&Cotations.

 

LES DOSSIERS MATIERES

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte