CMA-CGM : la restructuration traîne en longueur

La CMA-CGM, lourdement endettée, a besoin d'une recapitalisation. Le FSI cherche des partenaires pour entrer au capital, Albert Frère est sur les rangs. Malgré la crise, la famille Saadé explore des pistes pour garder le contrôle de l'armateur.

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CMA-CGM : la restructuration traîne en longueur

L'avenir de la CMA-CGM se joue cet été. Cette compagnie française de transport maritime en conteneurs est la troisième mondiale dans son domaine, avec une flotte de 356 navires et 17 000 personnes employées.

De fortes dettes rendent une recapitalisation nécessaire, un accord avec de nouveaux investisseurs est prévu pour fin août. 750 millions de dollars seront nécessaires. Le FSI doit participer au tour de table, avec un ou deux autres investisseurs. Mais fin juillet la situation reste floue, de nouveaux acteurs apparaissent encore dans la discussion. Le milliardaire belge Albert Frère aurait ainsi été approché par CMA-CGM pour entrer au capital. Il pourrait venir prendre la place du fonds souverain du Qatar (Qatari Holdings), avec qui les négociations ont été rompues le 12 juillet.

C'est dans ce contexte que le directeur financier de la société, Jean-Yves Schapiro, a annoncé sa démission. Il partira fin août 2010, lui qui menait les discussions sur la restructuration financière. La CMA-CGM assure que ce départ était prévu de longue date.

L'armateur a été touché de plein fouet par la crise, et a accumulé 6,17 milliards de dollars de dettes. La survie de l'entreprise était en doute jusqu'à décembre dernier, et une première recapitalisation de 500 millions de dollars. Les conditions posées à l'époque par les banques: que CMA-CGM change de directeur général et ouvre son capital.

La famille Saadé veut rester aux commandes

Si aujourd'hui le directeur général a changé (avec l'arrivée de Philippe Soulié), le capital reste familial. Jacques Saadé, 73 ans, a fondé la CMA (Compagnie Maritime d’Affrètement) en 1978. La CMA-CGM est toujours la propriété de la famille Saadé, et n'est pas encore cotée en bourse. C'est un des enjeux des tractations actuelles. La direction souhaiterait limiter l'ouverture du capital de la société à 20%. C'est la raison de la rupture des négociations avec Qatari Holdings, qui en demandait plus.

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Selon les Echos, Jacques Saadé chercherait à mettre en place un nouveau montage financier avec ses partenaires industriels. Il pourrait ainsi se passer du FSI de manière à garder le contrôle du capital de la société qu'il a fondée. Albert Frère viendrait soutenir cette logique en apportant les fonds nécessaires.

Jacques Saadé a déjà dû assumer de lourdes pertes pour redresser sa société. Selon l'évaluation de Challenges, sa famille a perdu 45% de sa fortune entre 2009 et 2010. Un milliard d'euros disparus suite aux mésaventures de la CMA-CGM, qui l'ont fait passer de la 16e à la 37e place dans le classement des grandes fortunes françaises. Le pire est peut-être déjà passé: l'activité de la CMA-CGM s'est nettement redressée au premier trimestre 2010, avec 29% de croissance de son chiffre d'affaires par rapport à 2009.

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