Cloudwatt à l’épreuve du feu

Après Numergy, c’est au tour de Cloudwatt de lancer ses offres de cloud public sur le marché. Il arrive dans un contexte contrasté qui oblige son nouveau patron, Didier Renard, à être prudent sur les objectifs business. Son avenir dépendra de sa capacité en monter en valeur à la guerre de prix qui fait rage sur le marché.

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Cloudwatt à l’épreuve du feu

Après un an et demi de développement, Cloudwatt lance ses offres de cloud computing en s’appuyant sur deux Datacenter d’Orange à Val-de-Reuil, en Normandie, et un Datacenter de secours chez l’hébergeur TelecityGroup, près de Paris. Par rapport aux solutions de géants américains comme Amazon Web Services, Microsoft ou Google, qui dominent aujourd’hui le marché, ces offres se distinguent par leur étiquette de cloud souverain puisque les données sont stockées en France, manipulées par une société de droit français et sécurisées par Thales pour répondre aux exigences du gouvernement et des entreprises sensibles. C’est pour répondre à ce besoin de souveraineté que Cloudwatt a été créée en avril 2012 par Orange et Thales, avec la participation de l’Etat (via la Caisse des Dépôts), presque au même moment que la société Numergy de SFR et Bull. Cela suffira-t-il à en assurer le succès?

Car Cloudwatt arrive dans un contexte pour le moins contrasté. Certes, les révélations d’Edward Snowden sur l’espionnage électronique des Etats-Unis jouent en sa faveur (comme pour Numergy, OVH ou Ikoula). " Son statut de société française offre un atout même par rapport à IBM, qui assure la localisation des donnée en France, mais dont le statut de société américaine l’expose aux injonctions d’accès aux données des services de sécurité américains ", explique Julien Contal, manager au cabinet de conseil informatique Solucom. Mais le marché se durcit, avec une accélération de la baisse des prix. Amazon Web Services, qui a déjà réduit en mars 2014 ses tarifs en riposte à Google, vient d’annoncer une nouvelle baisse, la 44 ième depuis son lancement en 2006.

La guerre des prix, une oppoprtunité ?

" Cloudwatt n‘a d‘autre choix que de suivre le mouvement, remarque Julien Contal. Il le fait en calant ses offres sur Amazon Web Services. C‘est bien pour démarrer et prendre des parts de marché. " Mais après? " Il ne peut pas tenir la guerre des prix à long terme, répond le consultant de Solucom. Car il ne pourra pas réduire ses tarifs aussi vite que Google ou Amazon Web Services. Pour survivre, il devra monter en gamme, développer des partenariats de proximité avec les SSII, intégrateurs, ou encore créer des offres packagées pour tel ou tel secteur. "

Didier Renard, qui a succédé en avril 2014 à Patrick Starck à la tête de Cloudwatt, est conscient des enjeux. " Les prix nous sont dictés par la concurrence, affirme-t-il. Mais nous allons faire appel à notre ingéniosité pour créer des services à valeur ajoutée qui nous aideront à remonter nos marges. Automatisation des tâches des intégrateurs, transparence de la facturation, renforcement de la sécurité pour certains usages… Nous avons plein d‘idées."

Plus qu’une fatalité, il voit cette baisse des prix comme une opportunité pour faire évoluer le marché du cloud privé, qui domine aujourd’hui près de 90% dans les entreprises du CAC 40, au cloud public. « La France représente 3 à 4% du marché mondial de l’informatique, explique-t-il. Mais elle ne représente que 1,5% du marché du cloud public dans le monde. Le retard est de 8 ans par rapport aux Etats-Unis en termes d‘usages dans ce domaine. »

Un marché moins prometteur

Le PDG se montre prudent sur les résultats à atteindre. S’il maintient l’objectif de croquer 10% du marché français en 2017, il entrevoit un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros, bien en deçà des 500 millions d’euros prévus par son prédécesseur. La raison? " Le marché français du cloud public se révèle moins important que prévu en raison de la préférence accordée par les entreprises au cloud privé, analyse-t-il. Les prévisions des différents cabinets d’études tablaient sur 5 milliards d’euros en 2017. Elles ont été revues à la baisse entre 1,5 et 2 milliards d’euros. " L’horizon de rentabilité de Cloudwatt est toutefois maintenu entre 2018 et 2020.

L’entreprise espère vendre 10 000 machines virtuelles (une machine virtuelle équivaut à un serveur installé chez soi) cette année et le triple en 2015. " Nous tenons d’abord à bâtir notre performance et notre stabilité en France, avant de nous attaquer aux pays européens limitrophes, confie Didier Renard. Ce qui ne nous empêchera pas d’accompagner nos clients ailleurs en Europe. " L’expansion en Europe est envisagée en 2015. Mais pas question de construire ses propres Datacenter. Le besoin sera rempli par des partenariats locaux.

Ridha Loukil

http://www.usine-digitale.fr/article/les-acteurs-francais-du-cloud-pourraient-profiter-du-scandale-prism.N198755

http://www.usine-digitale.fr/article/ibm-double-son-cloud-public-en-france.N236075

http://www.usine-digitale.fr/article/qui-va-gagner-la-guerre-des-prix-dans-le-cloud.N251656

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