Cloud Computing : une norme ISO en préparation

Une norme ISO dédiée au Cloud Computing devrait voir le jour d'ici à quatre ans. Pour l'Afnor, l'enjeu est de faire peser les acteurs français de tout leur poids dans les négociations au sein de l'ISO, face principalement aux Chinois et aux Sud-Coréens. Parmi les principaux volets de la future norme : une terminologie internationale et une définition claire des rôles des différents acteurs.

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Cloud Computing : une norme ISO en préparation

Le Cloud Computing disposera bientôt de sa propre norme internationale. L'ISO (International organization for standardization) travaille actuellement sur ce projet qui devrait déboucher sur la publication d'une norme Cloud entre 2014 et 2016.

En France, cette normalisation est gérée par l'Afnor. "Portée avec force par la Chine et la Corée du Sud, candidates pour héberger les données et les applications de la planète, la normalisation ISO du Cloud Computing est étroitement mais diplomatiquement surveillée par les grands acteurs du logiciel et du matériel", indique l'Association française de normalisation.

L'organisme entend ainsi défendre les intérêts des acteurs français face aux sociétés chinoises et sud-coréennes, déjà fortement présentes sur le secteur des data centers. "L'un des principaux enjeux est de contribuer, au niveau européen, à l'élaboration de cette norme sans abandonner son leadership à nos amis chinois et sud-coréens", précise ainsi à L'Usine Nouvelle Olivier Peyrat, directeur général de l'Afnor.

Comme nous l'indiquions récemment (https://www.usinenouvelle.com/article/pourquoi-les-dsi-ont-peur-du-cloud-computing.N171494), une des inquiétudes des DSI concernant le Cloud Computing est en effet que les données de l'entreprise soient hébergées en dehors de l'Europe et contrôlées par des acteurs non locaux.

S'accorder sur la terminologie

Le premier volet de la future norme ISO sur le Cloud Computing concerne la terminologie, qui reste souvent assez floue. Les travaux portent notamment sur une définition universelle de termes tels que "cloud privé", "cloud public" ou "cloud hybride". En l'état actuel, le cloud privé correspond à des solutions restant totalement sous le contrôle de l'entreprise. L'environnement cloud est déployé sur ses propres serveurs ou sur un espace de stockage hébergé par un prestataire, mais dont elle est seule à avoir accès.

Le cloud public est pour sa part un service accessible au grand public, gratuit ou payant, tels que Amazon Elastic Compute Cloud (EC2). L'infrastructure est alors mutualisée entre les différents utilisateurs. Quant au cloud hybride, il en existe plusieurs variantes. Mais le principe général est de combiner un ou plusieurs cloud privés, où sont hébergées les données sensibles, avec un ou plusieurs cloud publics pour les applications et autres informations.

"Cette normalisation ISO devrait rassurer les DSI en ce qui concerne la terminologie utilisée pour les solutions de Cloud Computing qui nécessite quelques éclaircissements", commente pour L'Usine Nouvelle Julien Daval, vice-président du Club Decision DSI, premier club européen des directeurs informatiques. Même son de cloches chez la SSII Osiatis, un des leaders des services aux infrastructures en France. "Effectivement, il y a une nécessité pour les acteurs du cloud à trouver des termes qui ne soient pas ambigus", estime Jean-Luc Dagron, son directeur exécutif "Infrastructure Consulting & Cloud Services".

Après avoir traité le "cas délicat de la terminologie", le standard se déclinera en trois autres volets. Il s'agira de définir clairement les rôles des différents acteurs (fournisseur, consommateur, auditeur), les éléments d’architectures liés à ces rôles et, enfin, les concepts transverses (sécurité, confidentialité, robustesse, portabilité, interopérabilité et gouvernance). L’examen d’un quatrième niveau d’architecture, le NaaS (Network as a Service), est également à l’étude.

La commission de l'Afnor chargée de la normalisation du Cloud Computing est présidée par Microsoft France et co-présidée par IBM France. Parmi la dizaine de membres, figurent : Thales, EDF, Hitachi Data Systems et Schneider Electric France.

CHRISTOPHE GUILLEMIN

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