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Cloud computing : ces français à l’assaut du stockage

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Enquête En retard sur les Américains, les acteurs français du stockage des données en ligne doivent encore prouver leur compétitivité.

Cloud computing : ces français à l’assaut du stockage
La sécurisation des données stockées dans le cloud devient un enjeu primordial. La France a une carte à jouer en misant sur des datacenters de proximité.
© La sécurisation des données stockées dans le cloud devient un enjeu primordial. La France a une carte à jouer en misant sur des datacenters de proximité.

Les entreprises citées

C’est la ruée vers le stockage des données en ligne. Opérateurs télécoms, SSII, hébergeurs informatiques… Les acteurs français du cloud sont de plus en plus nombreux à se lancer sur ce créneau. Sans oublier les pure players. Ils ont tous le même objectif : proposer une alternative aux offres américaines qui dominent le marché. Si l’opportunité est réelle, la partie n’est pas gagnée. En retard par rapport aux pays anglo-saxons, le marché français du stockage cloud reste émergent, se chiffrant à 105 millions d’euros en 2012, soit à peine 10% du cloud hexagonal. Selon Sébastien Lamour, consultant chez IDC, 60 à 70% de ce marché sont accaparés par les acteurs américains, parmi lesquels deux références : Dropbox, pour le grand public, et Amazon, pour les professionnels.

Mais, avec une croissance de 50% par an d’ici à 2016, le marché français offre des perspectives alléchantes. La banalisation des usages numériques multiplie les besoins de stockage et de partage des fichiers via le cloud, afin qu’ils soient accessibles de partout et depuis n’importe quel terminal. En témoigne l’engouement pour Dropbox, Box, Google Drive, iCloud, SkyDrive… C’est pour défier ces services, tous américains, que la start-up lyonnaise Linea a lancé, en 2012, Bajoo, espérant capter 10 millions de comptes d’ici à 2018. À l’offensive aussi, les services HubiC d’OVH et Ubikube d’Oodrive. Sans oublier Cloud Orange et 9Giga (SFR), réservés pour l’instant aux abonnés des deux opérateurs télécoms.

Data du stockage.fr

  • 105 millions d’euros en 2012 (contre 1 milliard de dollars dans le monde)
  • 10% des services cloud
  • 35 à 45% de croissance annuelle
  • Plus de 50 acteurs

Sources : IDC, PAC

Même effervescence sur le segment professionnel, où Amazon règne avec son service S3. Côté français, on trouve déjà les services Suite Stockage Cloud de SFR, Ikeepincloud de l’hébergeur Ikoula, ou encore l’offre de l’intégrateur AntemetA. Annoncés aussi cette année : Flexible Storage d’Orange, OVH Coud Storage d’OVH et l’offre de Bouygues Telecom.

Les acteurs français misent sur la proximité (localisation des datacenters en France ou en Europe) et sur la confiance (protection des fichiers stockés). "Un atout de taille, même si les craintes liées à la sécurité des données chez des prestataires américains relèvent davantage du fantasme que de la réalité", estime Julien Contal, manager chez Solucom, un cabinet de conseil informatique. L’enjeu de la sécurisation des données a entraîné la création, en 2012, avec le soutien de l’État (via la Caisse des dépôts), des sociétés Cloudwatt et Numergy. La première avec Orange et Thales, la seconde avec SFR et Bull. Mais les habitudes ont la vie dure. "Les gens, qui utilisent Dropbox à titre personnel, tendent à l’employer aussi dans le cadre professionnel, hors du contrôle de l’entreprise, explique Patrick Starck, le PDG de Cloudwatt. Avec notre offre Cloudwatt-box, nous proposons aux entreprises une solution qui affiche la même facilité d’utilisation que Dropbox, mais qui garantit la sécurité et la localisation des données en France." Actuellement en bêta-test, Cloudwatt-box devrait être commercialisé cet été. Numergy prépare une solution similaire pour cette année. De quoi concurrencer des offres existantes, comme celle de Ftopia, qui s’appuie sur l’infrastructure cloud d’Amazon, située en Irlande, mais qui travaille avec Cloudwatt pour les clients exigeant la localisation des données en France. Autre élément en faveur du stockage français : la réglementation en matière de coffre-fort numérique. Les services visent à dématérialiser l’échange et l’archivage de documents à valeur probatoire (factures, relevés bancaires, contrats…).

Les deux références du marché

  • Dropbox

C’est le roi des services de stockage, de synchronisation et de partage de données dans le cloud pour le grand public. Lancé en 2007 par deux étudiants du Massachusetts Institute of Technology (MIT), il se distingue par son indépendance vis-à-vis des géants du net (contrairement à Google Drive, iCloud ou SkyDrive, liés à Google, Apple et Microsoft). Les données résident dans le cloud d’Amazon. Gratuit jusqu’à 2 Go, Dropbox devient payant à partir de 100 à 500 Go. En novembre 2012, il a atteint 100 millions d’utilisateurs.

  • Amazon

C’est la référence pour les professionnels, avec trois services de stockage. Son service S3 de stockage de données dynamiques existe depuis 2006. C’est l’un des plus compétitifs (9,5 centimes de dollars le gigaoctet par mois jusqu’à 1 téraoctet). Inconvénient : les données ne sont pas stockées en France. Le datacenter d’Amazon le plus proche se trouve en Irlande. Parmi ses clients en France figurent Schneider, Lafarge, Pages Jaunes et Voyages-SNCF.com.

Fragmentation

"Compte tenu des règles de sécurité et de conservation en jeu, ce marché reste réservé à des prestataires français", analyse Mathieu Poujol, consultant chez PAC. De quoi rassurer les nombreuses PME présentes sur ce créneau (Arkhineo, Cecurity, Navaho, Cimail…), même si elles font face à deux géants : La Poste avec Digiposte, adopté par 900 000 particuliers et 160 entreprises, et Atos avec sa plate-forme eSafe, choisie notamment par Crédit mutuel pour l’archivage des relevés bancaires de ses clients.

Reste la question de la compétitivité. Le stockage est le service cloud le plus courant. "Les fournisseurs américains ont l’avantage de l’antériorité et des volumes, constate Fabrice Sarlat, le directeur cloud chez l’intégrateur informatique Devoteam. Les Français auront du mal à faire le poids. Sauf dans la défense, l’énergie, le secteur public et les entreprises sensibles à la sécurité." L’argument sécuritaire ne suffit pas, prévient Julien Contal : "Il faut aussi jouer la proximité en développant un réseau maillé de distributeurs et de partenaires." Enfin, l’offre française souffre de sa fragmentation. Une consolidation est inévitable. 

AntemetA surfe sur le premium

Création 1995

Effectif 140 personnes

Chiffre d’affaires 40 millions d’euros

Intégrateur de solutions de stockage, AntemetA propose depuis 2007 des services de stockage en ligne pour les entreprises de 500 à 2 000 personnes. Outre une offre d’archivage à 5 centimes d’euros le gigaoctet par mois, la société privilégie les services premium (jusqu’à 17 euros le gigaoctet par mois). Elle dispose de deux datacenters près de Paris, utilisant la technologie de virtualisation VMware et des baies de stockage de HP. Depuis 2007, elle a investi 3 millions d’euros dans ce domaine.

Ambition 10 millions d’euros de chiffre d’affaires dans le stockage d’ici à 2015.

Arkhinéo conserve les preuves

Création 2001

Effectif 11 personnes

Chiffre d’affaires 2 millions d’euros

Filiale de la Caisse des dépôts (CDC), Arkhinéo dématérialise et archive 500 millions de documents à valeur probatoire (bulletins de paie, factures, contrats…) en cinq exemplaires (deux sur un site primaire, deux sur un site secondaire, à Arcueil, et un sur un site de secours, à Bordeaux). Elle utilise l’infrastructure informatique de la CDC et sa propre technologie de confiance développée sur la base de briques open source.

Ambition Tripler le chiffre d’affaires dans cinq ans.

Bajoo, un DropBox français

Création 2010

Effectif 15 personnes

Clients 70 000 comptes

Issu de la start-up Linea, Bajoo est une alternative sécurisée à Dropbox. Conservées en France dans deux datacenters en Rhône-Alpes, les données sont à l’abri des risques liés au Patriot act (loi sécuritaire américaine). L’utilisateur peut crypter ses fichiers à l’aide d’une phrase secrète. Gratuit de 5 à 20 Go, le service est disponible sur abonnement, dès 7 euros par mois, pour 100 Go. Sur les 70 000 comptes déjà ouverts, 5% sont payants. Linea se prépare à lever de 3 à 5 millions d’euros en 2013.

Ambition 10 millions de comptes en 2018, dont 15 à 20% payants.

Cloudwatt, made in france

Création 2012

Effectif 50 personnes

Chiffre d’affaires NC

Créé par Orange, Thales et la Caisse des dépôts, Cloudwatt lance Cloudwatt-box, une offre de stockage combinant la simplicité de Dropbox et les exigences de sécurité professionnelle. Encore en bêta-test, ce service, qui s’adresse aux entreprises, devrait être commercialisé cet été. Les données sont localisées en France, dans le datacenter d’Orange à Val-de-Reuil (Eure) et dans le datacenter d’un hébergeur à Paris.

Ambition 400 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017 (10% en stockage).

Jolicloud centralise les comptes

Création 2008

Effectif 10 personnes

Jolicloud, une société de Tariq Krim, le fondateur de Netvibes, veut simplifier la vie de l’internaute en lui offrant un espace unifié de gestion de toutes ses données numériques dans le cloud. Avec Jolidrive, lancé en mars, l’internaute accède, via la même interface web, à l’ensemble de ses comptes Instagram, Soundcloud, Dropbox, Box, Google Drive… Les partenariats conclus permettent d’agréger aujourd’hui environ 15 services cloud.

Ambition Couvrir à terme tous les services cloud utilisés dans la vie numérique.

Numergy mise sur le big data

Création 2012

Effectif 50 personnes

La filiale de Bull, SFR et la Caisse des dépôts s’apprête à lancer à deux offres de stockage en ligne : l’une pour la synchronisation et le partage de fichiers pour le grand public et l’entreprise, l’autre pour les applications professionnelles de big data. Les données sont stockées en France, dans les datacenters de SFR à Trappes, à Vénissieux et à Courbevoie. Ces offres seront commercialisées via les distributeurs de Numergy (aujourd’hui 18), dont SFR et Bull.

Ambition 400 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016 (environ 30% en stockage).

Oodrive, le pionnier hexagonal

Création 2000

Effectif 220 personnes

Chiffre d’affaires 25 millions d’euros

Oodrive gère plus de 1 petaoctet de données pour 15 000 entreprises via deux services : iExtranet (partage de fichiers) et AdBackup (sauvegarde de fichiers sur les postes de travail et les serveurs). La société a fait l’acquisition, en 2011, d’Omnikles (plate-forme de dématérialisation des appels d’offres) et, en 2012, de CertEurope (solution de confiance numérique). Depuis 2013, elle propose Ubikube, un service de stockage grand public gratuit jusqu’à 5 Go, via ses quatre datacenters : trois en France, un en Belgique.

Ambition Doubler le chiffre d’affaires dans cinq ans.

OVH, sur tous les fronts

Création 1999

Effectif 600 personnes

Chiffre d’affaires 200 millions d’euros

Présent depuis un an dans le stockage grand public avec son service Hubic, l’hébergeur a mis en place des offres de stockage et d’archivage professionnelles, qui s’appuient sur trois de ses dix datacenters situés en France. Les problèmes techniques rencontrés par Hubic semblent avoir été résolus avec la nouvelle version lancée en mars. OVH compte étendre son offre grand public avec un service d’archivage en ligne.

Ambition Être présent sur tous les fronts du cloud.

Scality optimise les ressources

Création 2010

Effectif 50 personnes

Chiffre d’affaires NC

Scality propose d’optimiser le stockage dans le cloud en termes de coût, de fiabilité et de sécurité. Son logiciel Ring s’inspire des méthodes de Google et de Facebook. Il est disponible depuis trois ans, mais la société continue à investir lourdement en R & D pour l’améliorer. En France, il compte trois clients, dont SFR pour ses services de stockage dans le cloud.

Ambition Doubler le chiffre d’affaires tous les ans.

SOS Data joue la proximité

Création 2007

Effectif 5 personnes

Chiffre d’affaires 400 000 euros

SOS Data propose des services de sauvegarde en ligne pour les artisans, les TPE et les PME, en misant sur la proximité et la souveraineté. Il stocke les données dans deux datacenters en France, loués à des hébergeurs. Centrée jusqu’ici sur la région Poitou-Charentes, l’entreprise veut s’étendre au Limousin, à la Touraine, au Bordelais et à la Vendée.

Ambition Doubler le chiffre d’affaires dans trois ans.

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