Claude Molly-Mitton, USF: "Nous lançons un appel aux utilisateurs BO"

L'USF (Club des utilisateurs SAP francophones) souhaite mieux représenter les utilisateurs de toutes les offres de SAP, y compris les solutions BusinessObjects (rachetées par SAP en 2007). Loin d'être convaincu, le président du Club Business Objects en France regrette une annonce "brutale", qui aurait été faite "sans concertation préalable".

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Claude Molly-Mitton, USF:

Après avoir croisé le fer avec SAP pendant plusieurs mois sur les tarifs de maintenance, l'USF, qui vient de changer de président, a dévoilé vendredi 18 juin sa stratégie pour les deux prochaines années. Dans la continuité de ce qui avait été annoncé par son prédécesseur fin 2009, Claude Molly-Mitton, nouveau président de l'USF (par ailleurs responsable de la veille et des relations extérieures au sein l'AIFE - Agence pour l’informatique financière de l’État), s'est posé en rassembleur et a exprimé la volonté d'établir un dialogue « constructif » avec SAP et de tout faire pour renforcer l'influence de l'association (450 membres).

Un club « plus représentatif »

Comment ? Claude Molly-Mitton a tout d'abord fait part de son intention de mieux représenter toutes les entreprises francophones, y compris les PME. Il reconnaît que l'USF a « historiquement une plus grande représentativité dans les grands comptes privés et publics que dans les petites entreprises ». Une nouvelle « communauté PME », en cours de création, devrait aider l'USF à inverser cette tendance en adressant « des problématiques d'organisation spécifiques aux PME ». Car, d'après lui, « si les PME ne viennent pas suffisamment vers l'USF aujourd'hui, c'est tout simplement parce qu'elles n'y trouvent pas le contenu qui les intéressent ».

Le nouveau président de l'USF a aussi plaidé pour une meilleure prise en compte de toutes les technologies SAP. « Jusqu'à récemment, SAP était égal à ERP (progiciel de gestion) », martèle-t-il. « Les choses évoluent. Nous ne voulons pas nous cantonner à la vision historique de SAP en tant que progiciel de gestion. Mais nous souhaitons être le club de tous les utilisateurs de toutes les solutions ». Qu'il s'agisse des progiciels de gestion (Business All-in-One, Business One et Business ByDesign), des logiciels de décisionnel (BusinessObjects et Cartesis) ou des progiciels de reporting financier (Outlooksoft) et de facturation (Highdeal)...

Un ultimatum au Club BO ?

Une volonté de rassemblement qui conduit le nouveau président à lancer « un appel aux utilisateurs BusinessObjects », en estimant que « 'influence sur ce que va devenir BO ne se fera pas tant au niveau français qu'au niveau mondial puisque SAP est un éditeur international » et que « l'influence passera forcément par le Sugen » (SAP User Group Executive Network, le puissant réseau international des clubs d'utilisateurs SAP). Le mouvement aurait déjà débuté : « Le Sugen souhaite identifier les besoins des clients BO vis-à-vis des clubs mais aussi vis-à-vis de SAP par le biais d'une nouvelle enquête en ligne dont les résultats seront relayés par l'USF en septembre ».

Mais la France - terre d'accueil du Club Business Objects (180 membres) depuis sa création en 1993 - fait de la résistance. « Dans beaucoup de pays, les clubs BO ont déjà rejoint les clubs nationaux de SAP », estime Claude Molly-Mitton. « Ce n'est pas encore le cas en France. Cependant, pour moi, la question n'est pas de savoir si mais quand. C'est inéluctable ». Dans le cas contraire, « le risque » serait en effet « que l'influence sur BO se fasse au Sugen, sans les Français ». Quid des clients BusinessObjects qui n'utilisent pas d'autres logiciels SAP ? « Ils sont clients de l'éditeur SAP, qu'ils le veuillent ou non », insiste le président de l'USF, en précisant que « les discussions sont ouvertes » et que « l'association est aujourd'hui en état d'accueillir les clubs BO dans une communauté dédiée, ce qui n'était pas forcément le cas auparavant ».

Reste que la méthode passe très mal en France. Tout en précisant qu'« il est certain que cela devra se faire un jour », Olivier Le Moing, président du Club des utilisateurs Business Objects, regrette un « passage en force », voire une « OPA » sur son association. Contrairement à ce qu'affirme le président de l'USF, Olivier Le Moing dit « n'avoir reçu aucune offre de l'USF pour une éventuelle intégration », ni même « des informations sur les modalités envisagées » pour un tel rapprochement. Un rapprochement qui ne semble pas, de plus, intervenir au moment le plus opportun : « Les membres du Club BO se réunissent quatre fois par an et échangent uniquement sur les solutions BusinessObjects (60 à 70% d'entre eux n'utilisent pas d'autres solutions SAP). Pour l'instant, les conditions ne semblent pas réunies pour que les utilisateurs trouvent un intérêt à ce rapprochement ou une place dans l'USF ».

Christophe Dutheil

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