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L'Usine de l'Energie

Clap de fin pour l’usine Eurodif

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Plus de trente ans après avoir été mise en service, l’usine cessera définitivement ses activités d’enrichissement d’uranium par diffusion gazeuse le 7 juin.

Clap de fin pour l’usine Eurodif

Le 7 juin, une page de l’industrie nucléaire française va être tournée sur le site du Tricastin, venant clore un chapitre ouvert en 1958 lorsque le Général de Gaulle, alors Président de la République, choisi le sud de la Drôme pour y implanter les usines d’enrichissement de l’uranium pour les besoins de la défense nationale. Pierre angulaire de ce programme, l’usine Eurodif (rebaptisée Georges Besse en 1988 en mémoire de son fondateur) va cesser définitivement de produire de l'uranium enrichi, tirant par la même occasion un trait sur une technologie franco-française, la diffusion gazeuse.

En traversant une série de barrières micro-poreuses poussées par toute une batterie de compresseurs, l’uranium (préalablement transformé chimiquement en gaz par la Comurhex), voit sa proportion d’isotopoe U235 (les seuls à libérer de l’énergie lors de la fission dans les réacteurs) passer de 0,7 % à une teneur comprise entre 3 et 5 %. Opérationnelle depuis 1979 au terme d’un chantier démarré en mars 1975 (et moyennant un investissement à l’époque de plus de 7 milliards de francs), l’usine Eurodif aura produit en un peu plus de trente ans (elle ne tourne à plein régime que depuis 1982) quelque 35 000 tonnes d’uranium enrichi, soit le combustible nécessaire pour alimenter une centaine de réacteurs (le quart de la production mondiale).

L’usine consommait chaque année 2 500 mégawatts, soit les trois quarts de la production de la centrale nucléaire voisine, et 25 millions de m3 d’eau pour son refroidissement. La diffusion gazeuse sera abandonnée au profit d’une autre technologie, l’enrichissement par centrifugation, mise en œuvre au sein de la nouvelle usine George Besse 2.

L’usine Eurodif va désormais faire l'objet d'un démantèlement complet que le groupe Areva mènera sous l'œil "attentif" des inspecteurs de l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire). Couvrant une surface de 190 000 mètres carrés, ses quatre bâtiments contiennent pas moins de 130 000 tonnes d'acier et 30 000 tonnes d'équipements divers. La cascade d'enrichissement contient à elle seule 28 000 tonnes de barrières de diffusion. Particulièrement complexes à mener du fait du gigantisme des installations et de l’activité même du site, ces opérations vont se dérouler en plusieurs étapes et s’étaler sur une vingtaine d’années pour un coût estimé à 725 millions d'euros.

"Nous allons mettre en œuvre les savoir-faire que nous avons développés entre 1998 et 2010 pour démanteler les usines utilisées naguère par le CEA pour enrichir l'uranium à des fins militaires. Pendant cette période, ce sont 21 000 tonnes de matériels qui ont été démontées et traitées", explique-t-on chez Areva.

Une première étape, appelée "Prisme" (projet de rinçage intensif suivi d'une mise à l'air d'Eurodif), permettra de récupérer les quelque 300 tonnes de matières radioactives et chimiques qui demeurent dans les installations de l'usine pour faire baisser le niveau de réactivité sous le seuil des 100 becquerels par gramme et diminuer ainsi tout risque aux opérateurs pendant la phase ultérieure de démantèlement. Trois ans seront nécessaires pour mener à bien cette phase de rinçage. Viendra ensuite le temps de la déconstruction proprement dite qui devrait démarrer en 2016.

 

 

 

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