Quotidien des Usines

Cinq sites d'Altia repris par Transatlantic Industries LLC

, , , ,

Publié le

Le fonds d'investissements américain AIAC a démenti la reprise d'une partie de la division emboutissage du groupe français Altia.

Cinq sites d'Altia repris par Transatlantic Industries LLC
Découpage emboutissage
© D.R.

Les salariés des sites limousins d'Altia sont sous le choc. A l'issue d'un comité central d'entreprise, le 11 avril, leurs représentants apprenaient la cession des deux sites limousins : La Souterraine (Creuse) qui compte 330 salariés et Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne) avec un effectif de 160 personnes. Le 14 avril, ils avaient pu s'entretenir avec les deux repreneurs, Alex Mac Donald et Tony Zandos, qui se prévalaient du soutien du fonds d'investissement américain AIAC. Coup de théâtre le 15 avril, dans un article publié par le quotidien Le Monde, Marc Renard-Payen, représentant en Europe de AIAC, démentait la reprise de la division emboutissage d'Altia.

720 emplois sont menacés

L'affaire qui prend donc une tournure rocambolesque prêterait à sourire, si 720 emplois n’étaient pas menacés par cette reprise abracadabrantesque. Au-delà des deux sites limousins, trois autres unités sont concernées, à savoir Besançon (Doubs), Beaucourt (Territoire-de-Belfort) et Meaux (Seine-et-Marne). Dans le quotidien du soir, Marc Renard-Payen ajoutait que "AIAC a regardé le dossier, mais nous l’avons jugé beaucoup trop risqué."

Alex Mac Donald et Tony Zandos qui n'ont fait aucune déclaration à la presse lors de leur passage en Limousin, ont créé Transatlantic Industries LLC le 20 mars dernier. Leur société est localisée à Cheyenne dans l'état du Wyoming, une ville connue pour être un paradis fiscal.

Les salariés ne savent plus quoi penser de leurs repreneurs. "Ces personnes nous ont menti, ils n'ont pas d'argent, ils ont juste créé leur boîte il y a un mois pour nous reprendre. Elle ne fait pas partie d'AIAC, c'est très inquiétant. On les appelle Titanic Industrie, tempête Bruno Grimaux, le délégué FO de Bessines. Ils nous ont affirmé qu'ils ne mettraient pas d'argent sur les sites alors que nous avons besoin de 50 millions pour repartir. Les clients ne savent même pas qu'on a été repris. Nous n'arrivons plus à les livrer. Les sites risquent de s'arrêter. Il faut que l'Etat nous dise la vérité, car cela ressemble à une magouille. On s'arrange pour qu'il n'y ait pas de chômeurs supplémentaires et on confie un fleuron industriel à n'importe qui. Nous demandons une entrevue avec Arnaud Montebourg."

Altia est détenue à 20 % par l’État par le biais de la Banque publique d’investissement et du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles. Sa cession est donc suivie de près par le ministère de l'Economie et du Redressement Productif.

Corinne Mérigaud

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte