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Cinq réussites qui font d’Areva un champion industriel mondial

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Analyse La Cour des comptes, dans un rapport non définitif, dresse un portrait sévère d’Areva, blessé par une gouvernance discutable et des échecs industriels. Pourtant Areva n’en reste pas moins l'un des leaders mondiaux de l’atome, avec à son actif de véritables réussites industrielles.

Cinq réussites qui font d’Areva un champion industriel mondial © D.R.

Des résultats financiers difficiles, une enquête de la Cour des comptes sévère, une affaire d’espionnage interne en cours de jugement, le chantier de l’EPR finlandais tendu… Areva ne bénéficie pas d’un ciel dégagé de tout nuage. Sans compter que la période d’atonie nucléaire post-Fukushima au niveau mondial et la politique française peu favorable à l’atome compliquent les affaires. Ces dernières années, la première entreprise mondiale du nucléaire a été abîmée, parfois par des éléments internes, parfois par des causes externes.

La gestion de l’entreprise par Anne Lauvergeon, présidente de 2001 à 2011, est particulièrement visée par les Sages de la rue Cambon. Cette dernière, interrogée ce 14 mai sur BFM, réplique et affirme que "si on veut faire un bilan honnête et équilibré des 10 ans de la création d'Areva (entre 2001 et 2011), c'est une réussite française". C’est vrai : Areva est le premier fournisseur d’uranium au monde, il est présent sur 360 des 435 réacteurs en fonctionnement sur la planète et reste l’un des premiers fournisseurs de l’aval nucléaire. La preuve avec cette liste non-exhaustive de quelques réussites majeures.

1. L’EPR

Invendable, trop cher, trop compliqué, trop gros… Tout a été dit pour faire de l’EPR un échec industriel. Les retards et surcoûts de l’EPR en Finlande et en France ont même ajouté de l’eau au moulin des opposants… Même les plus favorables à l’atome ont parfois douté. Mais l’EPR a aussi sa face positive. Fin 2013, le Royaume-Uni signe avec EDF son plus gros investissement depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. A Hinkley Point C, seront construits deux EPR pour un montant de 14 milliards d’euros (sous réserve du résultat d’une enquête de Bruxelles). Dans le même temps, les deux EPR en construction à Taishan en Chine avancent à grands pas. Lors de leur mise en route fin 2014-début 2015, ils seront les premiers réacteurs de troisième génération au monde… grillant la politesse à l’AP1000 de Toshiba-Westinghouse.

2. Atmea

Le deuxième réacteur nucléaire du catalogue d’Areva est l’Atmea. Ce réacteur de 1150 MW, conçu en collaboration avec le japonais MHI, a une naissance difficile. La France a refusé de construire un premier exemplaire en Vallée du Rhône à la demande de GDF Suez… Un chantier qui aurait pu servir de vitrine. Mais le salut est venu de Turquie où quatre unités ont été vendues pour plus de 17 milliards d’euros. En revanche, le réacteur n’a pas été retenu en Jordanie.

3. Georges Besse II

Areva a investi 3,5 milliards d’euros pour remettre à niveau un des grands sites historique du nucléaire français du Tricastin. L’usine d’enrichissement d’uranium George Besse I, employant la technologie de diffusion gazeuse, a laissé la place à George Besse II, qui emploie la centrifugation. Aujourd’hui fonctionnelle à 70 %, cette unité industrielle a divisé sa consommation d’électricité par 50 (2500 MW avant, 50 MW aujourd’hui) et a ramené à zéro sa consommation d’eau contre 26 millions de mètres cubes d’eau par an auparavant.

4. Fukushima

Difficile de parler de la catastrophe de Fukushima comme d’un succès. Pourtant, Areva y a inscrit une extraordinaire réussite, notamment face aux grands électrotechniciens et nucléaristes japonais. Dans les semaines qui ont suivi le tremblement de terre, le tsunami et les deux explosions d’hydrogène, des milliers de mètres cubes d’eau contaminée se sont accumulés sur le site et menaçaient sérieusement l’environnement. Le français Areva, associé à Veolia, a été le premier à mettre en service une unité de traitement d’eau capable d’encaisser les hauts niveaux de radioactivité. L’usine a fonctionné plusieurs mois avant d’être remplacée par une solution japonaise. Elle est conservée en secours aujourd’hui. Depuis, Areva, à l’instar des autres intervenants étrangers, s’est fait rare sur le site. Mais le français vient tout juste de signer un partenariat avec Atox pour travailler sur le démantèlement des installations nucléaires japonaises dont les six réacteurs de la centrale de Fukushima-Daishi.  

5. Les énergies renouvelables

Initié à la fin des années 2000 par Anne Lauvergeon et confirmé par Luc Oursel, l’engagement d’Areva dans les énergies renouvelables se dessine en un choix gagnant. Financièrement, cette division est en perte mais les contrats sont de plus en plus nombreux dans la biomasse, le solaire et surtout dans l’éolien offshore. Très présent en Allemagne, Areva a de grandes ambitions en France. Sauvé de justesse lors du premier appel d’offres français en 2012 où Areva était présent sur un seul des quatre sites, le nucléariste vient de remporter les deux champs en compétition aux côtés de GDF Suez, damant le pion à l’attelage EDF-Alstom.

Et d’autres… A cette liste pourraient s’ajouter d’autres réussites : l’achèvement du réacteur Angra au Brésil pour 1,3 milliard d’euros ; les projets de traitement de déchets et de fabrication de Mox en Grande-Bretagne, en Chine, au Japon ; le programme Mox for Peace aux Etats-Unis qui utilise du plutonium d’arme nucléaire pour le transformer en combustible civil ; le chantier de Comurhex II…

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