L'Usine Aéro

Cinq questions sur la mission Solar Orbiter menée par l’Agence spatiale européenne et la NASA

Hubert Mary , , , ,

Publié le

La sonde Solar Orbiter a décollé dimanche 9 février depuis la Floride (États-Unis). Cette sonde spatiale a été développée conjointement par l'Agence spatiale européenne (ESA) et la NASA. Elle aura pour objectif d’étudier le soleil et l’influence de ses éruptions sur notre planète.

Cinq questions sur la mission Solar Orbiter menée par l’Agence spatiale européenne et la NASA
Solar Orbiter sera la première sonde capable d’observer directement le Soleil.
© ESA

Tel Icare dans la mythologie grecque, Solar Orbiter a pour mission de s’approcher du Soleil, sans toutefois se brûler les ailes. La sonde spatiale a décollé de Cap Canaveral en Floride (États-Unis) à 23h03 dimanche 9 février (5h03 GMT lundi 10 février). Projet mené par l'Agence spatiale européenne (ESA) et la NASA, Solar Orbiter s’est envolé à bord de la fusée Atlas V de United Launch Alliance (coentreprise de Boeing et Lockheed Martin). Lundi 10 février, le centre européen d'opérations spatiales de Darmstadt (Allemagne) a reçu un signal de l'engin indiquant que ses panneaux solaires s'étaient déployés avec succès.

1 - Quels sont les objectifs de la mission ?

L’objectif principal de Solar Orbiter est d’étudier l’influence du soleil sur notre planète, notamment à travers les fameuses tempêtes solaires qui ont lieu au niveau des pôles, régions encore méconnues de l’astre. La sonde aura pour tâche de comprendre comment le Soleil crée et contrôle l'héliosphère, une "bulle" engendrée par les vents solaires, faite de matière sous forme de particules atomiques, qui englobe l'ensemble du système solaire.

Le flux de ces particules varie beaucoup, de façon encore inexpliquée. Elles sont à l’origine des inoffensives aurores boréales mais peuvent avoir un impact plus grave en affectant les systèmes électriques, pouvant détruire les systèmes de télécommunication des satellites ou perturber les radars dans l’espace aérien.

"Solar Orbiter va faire des choses étonnantes. Combiné avec les autres missions récemment lancées par la NASA pour étudier le Soleil, nous acquérons de nouvelles connaissances sans précédent sur notre étoile", a déclaré Thomas Zurbuchen, administrateur associé pour la science au siège de la NASA à Washington D.C. (États-Unis). La mission doit durer entre 5 et 9 ans.

2 - De quels moyens techniques dispose la sonde Solar Orbiter ?

Solar Orbiter sera la première sonde capable d’observer directement le Soleil. Elle sera équipée de 10 instruments et d’un bouclier thermique capable de résister aux hautes températures (600 degrés Celsius) régnant dans ces régions du système solaire.

Solar Orbiter combine deux principaux modes d'étude. Les instruments in situ mesureront l'environnement autour du vaisseau spatial, en détectant des éléments tels que les champs électriques et magnétiques et le passage de particules et d'ondes. Ils sont au nombre de quatre. La sonde dispose également de six instruments de télédétection, lui permettant d’observer les pôles solaires à une distance jamais égalée. Neuf ont été fournis par l’ESA et un par la NASA.

3 - Comment s’approchera la sonde du soleil ?

Solar Orbiter passera environ trois mois dans sa phase de mise en service, au cours de laquelle l'équipe de la mission effectuera des vérifications sur les 10 instruments scientifiques du vaisseau spatial pour s'assurer de leur bon fonctionnement. Il faudra environ deux ans à Solar Orbiter pour atteindre son orbite scientifique primaire. Une première phase de croisière devrait s’achever vers novembre 2021 durant laquelle les instruments in situ de la navette spatiale recueilleront des données scientifiques sur l'environnement autour de la navette, tandis que les télescopes de télédétection se concentreront sur l'étalonnage pour préparer les opérations scientifiques près du Soleil.

Pour atteindre son point d’observation, la sonde utilisera par deux fois la force gravitationnelle de Vénus puis une fois celle de la Terre pour se rapprocher du Soleil. Après avoir bénéficié de l'assistance gravitationnelle de la Terre, Solar Orbiter entamera la phase primaire de sa mission, qui la mènera à son premier passage à proximité du Soleil en 2022. Grâce à l’aide gravitationnelle de Vénus, la sonde se détachera peu à peu de l’écliptique (axe de rotation de l’équateur solaire par rapport à la Terre, ce qui permettra à la sonde de visualiser les pôles solaires). Elle débutera alors la première de ses 22 approches solaires prévues par la mission (une tous les 6 mois).

4 - À quelle distance se situera-t-elle du Soleil ?

Au plus près, la sonde se situera à 42 millions de kilomètres de l’astre roi, c’est-à-dire à moins d’un tiers de la distance Terre-Soleil (149,6 millions de kilomètres) et sera plus proche du Soleil que Mercure.

5 - Qui a développé la sonde ?

La sonde a été développée en Angleterre, sur le site Airbus de Stevenage. L'ESA avait confié en 2012 au constructeur européen le soin de concevoir Solar Orbiter. Airbus a notamment développé le bouclier thermique, doté d’un revêtement spécial appelé SolarBlack.

Revivez le décollage de la sonde du dimanche 9 février.

Revivez en timelapse l'installation de la sonde Solar Orbiter dans le premier étage de la fusée Atlas V.

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte