L'Usine Santé

Cinq choses à savoir sur l’Addyi, la pilule baptisée (un peu rapidement) Viagra féminin

Aurélie M'Bida , ,

Publié le , mis à jour le 20/08/2015 À 14H48

[ACTUALISÉ LE 20/08/2015] Une nouvelle pilule miracle vient d’obtenir l’agrément de l’agence américaine des médicaments (la FDA). Présenté comme le "Viagra féminin", l’Addyi est pour autant loin de fonctionner selon le même principe que son homologue masculin. L’arrivée sur le marché de ce nouveau produit n’a pourtant pas échappé aux laboratoires pharmaceutiques. Ce jeudi 20 août, au lendemain de l’autorisation de la FDA, le canadien Valeant annonçait le rachat de Sprout Pharmaceuticals, qui produit l’Addyi. Présentation en cinq points clés.

1 – Son indication

Développé depuis plus de cinq ans aux Etats-Unis, ce nouveau comprimé est indiqué pour le traitement du trouble d’hypoactivité sexuelle de la femme (HSDD), non ménopausées, qui ne résulterait d’aucun problème biologique, psychologique ou d’une interaction médicamenteuse. Une pathologie qui affecterait une personne sur dix outre-Atlantique.

Cette nouvelle pilule rose pâle semble donc répondre à son pendant masculin bleu azur, à la différence près qu’il n’est clairement pas indiqué pour augmenter les performances sexuelles. Bien au contraire, son action se situe au niveau du cerveau ! L’Addyi agissant tel un aphrodisiaque qui amplifie le désir sexuel chez la femme.

2 – Sa composition

La principale molécule du médicament est la flibansérine. Celle-ci agit sur (et réduit) le taux de sérotonine, l’hormone à l’origine de certains troubles du sommeil, l’agressivité, ou encore la dépression.

C’est d’ailleurs à cette dernière catégorie qu’appartient la flibansérine. Sa molécule a initialement été testée comme antidépresseur, sans succès, avant que les chercheurs ne découvrent ses effets sur la libido féminine.

La molécule a ainsi été testée auprès de plus de 11 000 femmes avant d’être finalement approuvée par l’agence américaine des médicaments (FDA).

3 – Son efficacité

Il aura fallu trois demandes avant que la FDA n’autorise la commercialisation de la flibansérine. Signe que, jusqu’alors, de sérieux doutes quant à l’efficacité – et surtout la fameuse balance risques-bénéfices – justifiait des réticences.

Toutefois, les résultats demeurent à considérer avec prudence. Seuls 10% des personnes testées ont témoigné d’une nette amélioration de leur satisfaction lors de leurs rapports sexuels. Pour la FDA, qui a delivré une autorisation de commercialisation ce mardi 18 août, le médicament "n’a apparemment pas amélioré les performances sexuelles".

4 – Son fabricant

Le fabricant du nouveau médicament, qui parle de produit "révolutionnaire", est encore peu connu du milieu pharmaceutique mondial. Sprout Pharmaceuticals est un laboratoire basé en Caroline-du-Nord, aux Etats-Unis, spécialisé dans les troubles sexuels féminins. Sprout a repris le flambeau du plus renommé Boehringer Ingelhein. Le laboratoire allemand ayant finalement jeté l’éponge avec la flibansérine, après deux échecs auprès de la FDA.

Révolutionnaire ou pas révolutionnaire, le passage d’un grand laboratoire vers un beaucoup plus modeste, pose également la question de l’efficacité du médicament. Si la flibansérine est véritablement le Viagra féminin, un marché gigantesque devrait s’ouvrir. Le Viagra de Pfizer pesant plus de 2 milliards de dollars par an. Pourtant aucune big pharma ne semblait s’y être intéressé, avant l’autorisation de la FDA. Ce mardi 20 août, le laboratoire canadien Valeant a annoncé, dans un communiqué, le rachat de Sprout Pharmaceuticals pour 1 milliard de dollars.

5 – Sa commercialisation

Sprout Pharmaceuticals annonce un lancement du médicament le 17 octobre prochain. L’Addyi ayant vocation à être distribué sur le marché américain exclusivement…pour le moment.

Aurélie M'Bida

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2 commentaires

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20/01/2019 - 15h37 -

A quand la pilule en france ca craint pour nous cordialement nanou 0621099249
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19/08/2015 - 19h16 -

J'aimerais bien avoir les commentaires des 11000 femmes qui ont testé ce faux antidépresseur...moi aussi j'ai testé un faux antidépresseur en 1990 ...il a été en étude 30 ans
Sans être approuvé ...heureusement ...j'ai prié fort pour que d'autres femmes ne souffrent pas des conséquences d
Hémorragie vaginal et douleur pelvienne ...quand j'ai rapporté ces faits pendant l'étude ,
La thérapeute offusquée ne voulait pas inclure ce genre de rapport dans son dossier.
J'ai abandonné avant la fin ...parce que j'ai voulu protéger le reste de dignité qu'il me restait...

Je ne suis qu'un grain de sable dans l'univers ...mais malgré cela je voudraits pas que le désert au complet souffre comme j'ai souffert. Ovariectomie et hystérectomie précoce a 38 ans .
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