L'Usine Auto

Cinq choses à savoir sur Jean-Dominique Senard, futur patron de Renault

Simon Chodorge , , , ,

Publié le , mis à jour le 24/01/2019 À 23H08

La succession de Carlos Ghosn à la tête du groupe Renault se précise. L'heureux élu sera Jean-Dominique Senard, actuel président de Michelin, comme le révélait le magazine Challenges (dont le groupe Renault est actionnaire). Le nouveau président a été nommé le 24 janvier tandis que Thierry Bolloré resterait directeur général.

Cinq choses à savoir sur Jean-Dominique Senard, futur patron de Renault
Jean-Dominique Senard, actuel président de Michelin, deviendrait président de Renault.
© Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Ce sera bien lui. Jean-Dominique Senard, actuel président de Michelin, devrait remplacer Carlos Ghosn au poste de président du groupe Renault, a révélé mardi 22 janvier le magazine Challenges, dont le constructeur automobile est lui-même actionnaire. Thierry Bolloré, actuel directeur général par intérim de Renault, serait quant à lui confirmé à ce poste. Selon Challenges, la nomination du nouveau président doit être officialisée jeudi 24 janvier. Renault a confirmé le 22 janvier la tenue d'une réunion du conseil d'administration le 24 janvier sur la succession de Carlos Ghosn.

À 66 ans, Jean-Dominique Senard était fortement pressenti pour prendre la succession de Carlos Ghosn après les déboires judiciaires de l’industriel libano-brésilo-français au Japon. Dimanche 20 janvier, le gouvernement n’a pas manqué de faire l’éloge du travail de Jean-Dominique Senard chez l’équipementier automobile Michelin.

Président sortant de Michelin

Dès décembre 2018, son nom était évoqué dans la liste des favoris pour le remplacement de Carlos Ghosn. Patron de Michelin depuis 2012 et présent dans l'entreprise depuis 2005, Jean-Dominique Senard doit être remplacé en mai 2019 par Florent Menegaux, directeur général exécutif du groupe Michelin depuis 2017. Ira-t-il au bout de son mandat chez l'équipementier, étant donné l'incapacité de Carlos Ghosn à sortir de prison ? Sa date de prise de fonction n'est pas encore précisée.

Cette expérience dans le secteur automobile a visiblement séduit l’État, actionnaire à hauteur de 15% du groupe Renault : "[Il] a une compétence reconnue dans le secteur automobile. Chez Michelin, il a démontré sa capacité à réussir à la tête d'un grand groupe industriel et il a une conception sociale de l'entreprise à laquelle je suis personnellement attaché", a déclaré le 20 janvier Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances dans le Journal du dimanche. Rappelons que Carlos Ghosn est lui-même... un ancien de Michelin, où il a travaillé 18 ans.

Il a tenté de diriger le Medef

En 2017, Jean-Dominique Senard, alors patron de Michelin, se lance à la conquête du Medef. Il rêve de succéder à Pierre Gattaz, partant après deux mandats, et part en campagne en régions, après l’université d’été du syndicat patronal. Problème : il en est empêché par la limite d’âge, fixée à 65 ans. Le 11 décembre, le comité exécutif tranche, et refuse de modifier et réinterpréter les règles. L’autre candidat de l’industrie, Alexandre Saubot (président de l’UIMM), sera finalement battu en juillet 2018 par Geoffroy Roux de Bézieux.

Défenseur d'un "capitalisme responsable"

Considéré comme un patron humaniste, Jean-Dominique Senard juge que l’entreprise doit être un modèle technologique, social, humain et pas simplement au service de la finance. Il milite pour un "capitalisme responsable". Il a mené des chantiers de transformation du manufacturier, d’innovation sociale, via les modes d’organisation, la responsabilisation des salariés et la révolution numérique. Des convictions traduites dans un rapport co-rédigé avec l’ex secrétaire générale de la CFDT Nicole Notat et remis à Bruno le Maire en mars 2018, pour nourrir la loi PACTE. "Pour la première fois, nous avons voulu inscrire dans le marbre le fait que l’entreprise n’est pas seulement au service des actionnaires, mais qu’elle doit être également attentive aux enjeux sociaux et environnementaux de son activité", déclarait-il lors de la remise du rapport.

Une carrière chez Total, Saint-Gobain, Pechiney...

La carrière de Jean-Dominique Senard dans le secteur industriel dure depuis environ quatre décennies. Diplômé d’HEC en 1976 après une maîtrise de droit, il débute quelques années plus tard sa vie professionnelle au sein du groupe Total (alors Compagnie Française des Pétroles) comme contrôleur de gestion et responsable des opérations de gestion des risques financiers entre 1979 et 1987.

Dès 1987, il occupe un poste de direction à la trésorerie de Saint-Gobain, avant de devenir directeur financier de la délégation générale pour l’Allemagne et l’Europe centrale et membre du directoire de Vegla GmbH, filiale verrière allemande du groupe de matériaux de construction.

Il rejoint ensuite en 1996 le groupe français Pechiney, géant de l’aluminium, comme directeur financier puis directeur du secteur aluminium primaire, et enfin PDG de 2003 à 2005.  

Tiré à quatre épingles

Père de trois enfants, né à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et amateur de natation, Jean-Dominique Senard tient une réputation d’homme soigné et courtois. Le dirigeant dispose d’un titre de comte en tant que membre de l’association de la Réunion de la noblesse pontificale. Également châtelain, sa famille possède une propriété agricole, un vignoble de 18 hectares et un château à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), transmis dans la famille depuis plus de trois siècles, selon des informations de Capital.

Avec Reuters et Sylvain Arnulf

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte