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L'Usine Auto

Cinq à six milliards d’euros pourraient être investis dans l’Airbus des batteries

Julie Thoin-Bousquié , , , ,

Publié le

Les ministres français et allemand de l’Economie ont indiqué qu’un montant de 5 à 6 milliards d’euros, dont 1,2 milliard de subventions publiques, pourrait être consacré à la construction des premières lignes de production de batteries. Saft et PSA font partie des acteurs intéressés.

Cinq à six milliards d’euros pourraient être investis dans l’Airbus des batteries
Les premières initiatives devraient couvrir la production de batteries liquides avant de basculer sur des technologies solides.
© Wikimédia Commons/CC.

La naissance d’une filière européenne de production de batteries, destinée à alimenter les besoins de l’industrie automobile, poursuit son cours. Réunis au sein du ministère de l’Economie et des Finances à Paris, Bruno Le Maire et son homologue allemand Peter Altmaier se sont félicités jeudi 2 mai du "soutien stratégique [apporté par] la Commission européenne" sur l’initiative franco-allemande d’Airbus des batteries, qui devient de facto "un projet européen", selon les termes du ministre français.

"D’autres Etats membres ont déjà manifesté leur souhait de rejoindre le projet. Je pense à l'Italie, à la Belgique, à la Pologne, à l'Autriche, à la Finlande", a ajouté Bruno Le Maire, en présence du vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic. Pour mener à bien ce projet, "cinq à six milliards d’euros seront investis pour construire les premières lignes de production", a précisé le ministre français. Une enveloppe composée à "4 milliards d’euros d’argent privé" et à 1,2 milliard de subventions publiques, un montant ayant fait l’objet d’un accord de principe par la Commission.

PSA et Saft intéressés

L’attribution de cette somme de financement public à l’Airbus des batteries pourrait intervenir rapidement. Maros Sefcovic a ainsi estimé qu’un feu vert pourrait être donné "avant la fin [du] mandat de la Commission européenne, c’est-à-dire avant la fin d’octobre de cette année". De quoi alimenter les besoins d’un premier consortium, qui devrait être composé du fabricant français de batteries Saft, propriété de Total, ainsi que de PSA et de sa nouvelle propriété allemande, la marque Opel.

Sollicité par L’Usine Nouvelle, le groupe PSA confirme qu’un dossier est bel et bien "à l’étude via sa filiale Opel, dans un contexte de sécurisation à long terme de ses approvisionnements de batteries". Le constructeur automobile ajoute toutefois qu’"aucune décision n’est prise à ce stade", et ne le sera "tant que l’Union européenne n’aura pris un engagement formel" dans la naissance de cette filière de production et de recyclage de batteries pour l’automobile.

Vers une production de batteries solides

Le groupe n’est toutefois pas le seul à être intéressé par cette initiative, à en croire les annonces des ministres. "Nous avons un intérêt plus élevé que jamais [pour ce projet]. Nous avons publié un appel d’offres récemment, et avons obtenu plus de 35 réponses positives, y compris des grands producteurs d’automobiles", a confirmé le ministre allemand de l’Economie et de l’Energie, Peter Altmaier. C’est que "le temps presse, si nous voulons que notre production européenne soit en place d’ici quatre à cinq ans", a justifié Maros Sefcovic.

Pour atteindre ces objectifs, une première usine pilote devrait être construite dès 2020 en France, d’après Bruno Le Maire, et qui générerait 200 emplois. Des forces vives que viendraient compléter 1 500 personnes supplémentaires dans chacune des deux usines de production de batteries prévues en France et en Allemagne. Celles-ci produiraient des "batteries liquides améliorées" à échéance 2022 à 2023. Et ce, avant de passer à une nouvelle génération de batteries dites solides, "vers 2025 à 2026", à en croire Bruno Le Maire.

3% de la production mondiale en Europe

De quoi rattraper le retard de l’industrie automobile européenne dans le domaine de la batterie, actuellement dominé largement par l’Asie et plus particulièrement la Chine. "Aucune entreprise européenne ne produit actuellement à grande échelle. Nous représentons seulement 3% de l’offre mondiale de batteries", a déploré Maros Sefcovic, tout en ajoutant que l’Europe pourrait avoir besoin de "10 à 25 gigafactories pour satisfaire les besoins" croissants en voitures électriques en Europe.

Dans le cadre d’une étude sur le futur de la mobilité et l’attractivité de la France réalisée avec Patrick Pelata, ancien directeur général de Renault, Xavier Mosquet, directeur associé senior au Boston Consulting Group (BCG), estimait que "d’ici 2030, le marché mondial des batteries pour véhicules électriques devrait atteindre 45 milliards d’euros, dont 25% du montant lié au marché européen". Une croissance de la demande qui supposait, selon le spécialiste, la mise en place d’une filière compétitive en Europe… dès 2022 à 2023.

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