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L'Usine Santé

Cigarette électronique : le défi d'une réglementation de la production

Elodie Vallerey

Publié le

Les experts à l'origine du rapport sur la cigarette électronique publié le 27 mai par l'Office français de prévention du tabagisme recommandent sa réglementation. Avec des centaines de milliers d'adeptes en France, la e-cigarette devient un enjeu sanitaire majeur, mais les conditions de sa production dans l'Hexagone et à l'étranger restent opaques.

Cigarette électronique : le défi d'une réglementation de la production © Pixelblume - Flickr - C.C.

La cigarette électronique, ou e-cigarette, est en plein boum en France. Et l'on ne sait pas grand chose de ce nouveau produit, qui simule l'acte de fumer du tabac, aux conditions de production floues et aux exigences sanitaires encore restreintes.

Le "rapport et avis d'experts sur l'e-cigarette" initié par l'Office français de prévention du tabagisme (OFT) et la Direction générale de la santé en décembre et reconverti en mission pour le ministère de la Santé en mars, fait un état des lieux de ce marché qui ne cesse de croître dans l'Hexagone.

Entre 500 000 et un million d'utilisateurs réguliers seraient des adeptes de la cigarette électronique en France en 2013. Mais qui fabrique ces produits ? Le rapport est clair. Il préconise la mise en place d'une réglementation spécifique autour du produit, sa distribution et son utilisation.

Quelques projets de production d'e-cigarettes en France à l'étude

Concernant l'ossature des e-cigarettes déjà assemblées (batterie, dispositif de stockage du e-liquide, atomiseur et micro-valve), c'est principalement vers la Chine qu'il faut se tourner. A la charge des importateurs de faire le tri parmi les fabricants, et aux douanes de prêter une attention particulière à ces produits.

A l'heure actuelle, aucune e-cigarette n'est fabriquée en France, ni même en Europe. Plusieurs projets sont en cours de développement dans l'Hexagone, confie le rapport, à Saint-Etienne et chez le principal fabricant d'e-liquides en France, la société mosellane GaiaTrend.

"À Saint-Étienne, le réseau Cigaverte fait fabriquer ses luxueux capots sous la marque Titanide par la filière des armuriers locaux réputés par leur savoir-faire. Les réservoirs en Pyrex sont également produits localement. Un certain nombre de fabricants artisanaux de MOD (cigarettes électroniques modifiées) et d’atomiseurs vendent leurs créations en direct (sans site Internet) par le biais d’annonces publiées sur les forums", rapportent les experts.

Du côté des e-liquides (qui produisent une vapeur ou "fumée artificielle"), la tendance est au "Made in France". Les magasins spécialisés se positionnent sur ce créneau, vecteur de crédibilité et de confiance auprès des consommateurs.

L'acteur principal de ce marché juteux s'appelle GaiaTrend, une société basée à Rohrbach-lès-Bitche (Moselle) et qui commercialise ses produits sous la marque AlfaLiquid. Un fabricant dépassé par la demande en constante augmentation pour les e-liquides. "Les commandes ont plus que doublé en un an", assure-t-on au siège de GaiaTrend.

A l'autre bout de la chaîne, les distributeurs confirment. "De quelques jours auparavant, on est passé à 45 jours de délai pour être livrés", témoigne un franchisé des magasins spécialisés Point Smoke en région parisienne. Et de confier que GaiaTrend serait sur le point d'ouvrir une nouvelle usine pour faire face à la demande...

Sur son site internet, GaiaTrend se vante notamment d'être le seul e-liquide produit en France à répondre aux critères de la norme ISO 8317. Une norme qui ne concerne pas le contenu mais le contenant du liquide, portant essentiellement sur la sécurité enfants.

l’organisation de contrôles des produits est justifiée

"Jusqu'en 2009, la qualité des produits, notamment des e-liquides, était mauvaise. Aujourd'hui c'est mieux, avec un renforcement des contrôles et l'installation de la filière française", commente le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue au CHU Pitié-Salpêtrière et président de l’OFT, qui a supervisé le rapport.

"Un certain nombre d’e-liquides revendiquent une fabrication française mais, de fait, le propylène glycol, les arômes et la nicotine proviennent le plus souvent de Chine ou d’autres  pays. Les fabrications françaises correspondent alors la plupart du temps à un assemblage et à une mise en flacon en France. En tout état de cause, l’organisation de contrôles des produits est justifiée", décrit le rapport de l'OFT.

GaiaTrend, la PME de 130 salariés qui aurait généré 27 millions d'euros de chiffre d’affaires en 2012, n'a pas souhaité faire de commentaires.

Le 31 mai, lors de la journée mondiale sans tabac, la ministre de la Santé Marisol Touraine doit s'exprimer sur les 28 recommandations du rapport de l'OFT. Si le "vapotage" passif, l'interdiction de vapoter dans les lieux publics et l'interdiction de la vente aux mineurs seront probablement les axes de communication du gouvernement sur le sujet de l'e-cigarette, il n'en reste que la question de l'encadrement de la production et des exigences sanitaires continuera de se poser.

Elodie Vallerey

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