Chute de l’emploi intérimaire au premier semestre 2012

Le ralentissement économique se confirme. L’emploi intérimaire recule de près de 10 % au premier semestre de 2012. L’industrie est particulièrement touchée. Le retournement s’est amorcé fin 2011, une année qui avait pourtant très bien commencé.

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Chute de l’emploi intérimaire au premier semestre 2012

Même si une bonne partie de la présentation des résultats 2011 du Prisme, le syndicat des entreprises de l’intérim, vise à prouver que l’intérim est devenu un tremplin vers un emploi durable, le secteur garde une culture de la flexibilité. Dans beaucoup d’autres secteurs une baisse semestrielle de 10 % de l’activité provoquerait une forte inquiétude.

Là, il y a un décalage entre le ton presque badin employé par Arnaud de la Tour et François Roux, président et délégué général du Prisme, et la situation dont ils parlent : une baisse de 9,5 % de l’emploi intérimaire entre le premier semestre 2011 et la même période de 2012.

L’auto pleure, l’aéro rit

Facteur aggravant pour le métier : tous les grands secteurs sont en recul, alors que note le président "souvent nous connaissons des évolutions contrastées selon les secteurs". Au premier semestre, l’industrie, pour ne citer qu’elle a reculé de 10 %.

Les résultats régionaux confirment ces évolutions : parmi les territoires les plus touchés figurent en bonne place la Franche Comté (-17 %), l’Alsace (-15 %) ou encore la Champagne Ardennes (-14,6%), des régions de l’Est de la France où l’industrie reste encore importante. "L’industrie automobile et le secteur des équipementiers très présents dans ces trois régions, est touché par la crise depuis le début de l’année 2012", note le Prisme dans sa note de synthèse.

A l’inverse, il n’y a bien que le Sud ouest, terre d’aéronautique, qui s’en sort beaucoup mieux. La chute au premier semestre n’est que de 4.1 % pour Midi Pyrénées, elle atteint 6,8 % en Aquitaine.

Ce retournement de conjoncture intervient après une année 2011où la reprise de l’emploi intérimaire entamée en 2010 s’était confirmée. En 2011, la hausse annuelle, tous secteurs confondus, a été de 7,9%, "une progression modérée" pour le Prisme dans le texte.

Surtout, l’évolution par trimestre montre que le ralentissement observé au premier semestre de 2012 a commencé dès la fin de 2011. En effet, alors que les deux premiers trimestres ont connu des taux de croissance respectifs de 18,4 % et de 11,4 %, l’année 2011 s’est terminé avec un dernier trimestre à – 1,0 %, après un troisième trimestre où la croissance n’était plus que de 5,4 %.

C’est dire si l’année 2011 a été celle d’une dégradation progressive de la situation de l’emploi intérimaire. Pour la seule industrie, la hausse en 2011 était de 13.9 %, soit moins qu’en 2010 (+31,4 %).

Dans sa synthèse, le Prisme estime que l’industrie automobile a connu une croissance continue tout au long de l’année 2011, "permettant aux effectifs intérimaires de se maintenir au 4ème trimestre, et ce malgré le retournement observé en fin d’année sur les autres sous-secteurs de l’industrie." Ce qui éclaire les évolutions du début de 2012 dans l’industrie : quand l’automobile a décroché, l’emploi intérimaire industriel a fait de même.

Activité autorisée depuis la loi Borloo, le recrutement a connu un bon dynamisme en 2011, progressant de 22% pour atteindre 45 700 recrutements. Au premier semestre de 2012, cette activité s’est bien maintenue, ne chutant que de 1% avec 21 000 recrutements.

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