L'Usine Energie

Chronologie d'une semaine décisive pour l'avenir d'Alstom

, , , ,

Publié le , mis à jour le 30/04/2014 À 11H35

Dans le dossier du rachat d'Alstom, tout est allé très vite. De l'information concernant la volonté de l'américain General Electric publiée le 24 avril par Bloomberg à l'entrée en jeu de Siemens, retour sur une semaine décisivre pour le géant industriel français.

Chronologie d'une semaine décisive pour l'avenir d'Alstom © DR

Sommaire du dossier

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

jeudi 24 avril
L'agence Bloomberg révèle que l'américain General Electric est en discussions pour racheter la division énergie d'Alstom pour 13 milliards de dollars (9,4 milliards d'euros). Une porte-parole du groupe français évoque dans un premier temps des "rumeurs totalement infondées".

vendredi 25 avril
La cotation d'Alstom est suspendue à la Bourse de Paris. Porté par les rumeurs de rachat, le titre du spécialiste des infrastructures électriques et ferroviaires avait bondi de 10,93% la veille.

Arnaud Montebourg livre sa première réaction dans les colonnes du Monde, indiquant que "le gouvernement travaille à d'autres solutions et éventualités que celles imaginées seules et sans que le gouvernement n'en ait été informé par Alstom". Le ministre de l'Economie met en avant un "risque sérieux de perte d'un centre de décision, sur le désir et la nécessité de renforcer notre base industrielle française en obtenant des relocalisations industrielles en France, et sur le nombre d'emplois perdus ou créés dans de telles opérations".

Des sources proches des négociations indiquent à Reuters que c'est Alstom qui a approché General Electric, ajoutant que Bouygues, premier actionnaire d'Alstom avec 29% du capital, soutenait le projet. Un accord doit être signé dans les prochains jours, précise une des sources.

Samedi 26 avril
Bercy se serait tourné vers le géant allemand Siemens pour trouver une issue européenne à l'affaire, rapporte le Figaro.

dimanche 27 avril
Siemens confirme les informations du Figaro. Dans une lettre adressée au conseil d'administration d'Alstom, le groupe allemand indique qu'il est prêt "à discuter de futures opportunités stratégiques". Siemens céderait le TGV allemand et ses locomotives à Alstom et rachèterait les activités énergies du français.

François Hollande monte au créneau. Le président de la République reçoit le Premier ministre, Manuel Valls, le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, et la ministre de l'Energie, Ségolène Royal, pour évoquer l'avenir du groupe industriel français et les enjeux du dossier.

lundi 28 avril
Arnaud Montebourg affiche sa préférence pour l'offre de Siemens. "Nous avons deux solutions. Pour utiliser des images qui parlent aux Français : soit on se fait racheter par Boeing soit on construit Airbus. Siemens veut créer deux leaders mondiaux dans les domaines de l'énergie et des transports", explique le ministre à l'antenne de RTL.

Après avoir reçu le PDG de General Electric, Jeffrey Immelt, à l'Elysée dans la matinée, François Hollande reçoit le patron de Siemens, Joe Kaeser à 18h. En fin de journée, c'est Martin Bouygues, actionnaire de référence, qui s'entretient avec le chef de l'Etat et le ministre de l'Economie.

Un porte-parole du ministre allemand de l'Economie indique que l'hypothèse d'un rapprochement entre Siemens et Alstom "offre une grande chance et un gros potentiel en termes de politique industrielle pour l'Allemagne et pour la France". Le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert, s'est cependant montré plus réservé, se refusant à commenter "des négociations dont la responsabilité repose sur les entreprises concernées".

Mardi 29 avril
François Hollande indique avoir un "seul critère" pour guider son choix, ce qui "sera le plus favorable à la création d'activité et à l'emploi" en France. Alors que la direction Alstom a fixé la date butoir au mercredi 30 avril pour rendre sa décision, l'Etat estime que le groupe industriel doit disposer du temps nécessaire pour examiner toutes les offres.

Dans la foulée, le gouvernement annonce qu'il va saisir l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour s'assurer de la transparence du processus de mise en vente de la branche énergie d'Alstom. Un moyen aussi de gagner du temps, une enquête de l’AMF pouvant prendre quelques jours, le temps de rendre les conclusions.

A l'Assemblée nationale, Arnaud Montebourg accuse le PDG d'Alstom, Patrick Kron de lui avoir caché sa stratégie, affirmant que depuis février il interrogeait le dirigeant sur ses intentions

En fin de journée, Siemens annonce sa décision de présenter une offre à Alstom et pose une condition : quatre semaines d’audit du français.

Mercredi 30 avril
Alstom confirme avoir choisi l'offre de reprise de son activité énergie par General Electric. L'offre sera soumise à un expert indépendant, Jean-Marie Folz, ancien PDG de PSA. Siemens n'est pas totalement hors course puisque les négociations ouvertes avec GE ne sont pas exclusives.

Dans une interview au Monde, le patron d'Alstom revient sur les principaux éléments du dossier. Patrick Kron répond notamment aux attaques d'Arnaud Montebourg : "on m'accuse d'avoir négocié dans le dos de tout le monde alors que nous n'en sommes aujourd'hui qu'au début du processus", se justifie-t-il.

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Notre sélection : Les écoles d'ingénieurs, vivier préféré de l'industrie

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte