[CHRONIQUE VIDEO] Les couacs de Renault en Amérique

Quelles sont les plus grandes erreurs entrepreneuriales ? Chaque semaine, Christine Kerdellant, directrice de la rédaction de L'Usine Nouvelle, revient en vidéo sur ces histoires du management. Cette semaine, les expériences de Renault en Amérique où il a connu son échec le plus cuisant mais aussi le plus constructif.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

[CHRONIQUE VIDEO] Les couacs de Renault en Amérique

Renault est un des premiers exportateurs du monde ; il l’était avant même de racheter Mitsubishi. Sur les 2,8 millions de véhicules qu’il produit, les 4/5e sont vendus à l’étranger.

Mais Renault n’a pas toujours été cet exportateur performant, il lui a fallu quelques expériences douloureuses avant d'en arriver là. C’est aux Etats-Unis qu’il a connu son échec le plus cuisant mais aussi le plus constructif.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Les Américains ne conduisent pas comme les Français : ils roulent brutalement sur des routes caillouteuses, laissent leurs phares allumés lorsqu’ils s’arrêtent et aiment que le bruit de fermeture de leur portière s’apparente au son profond d’un réfrigérateur que l’on ferme, alors que le bruit des voitures françaises était plutôt à l’époque un bruit de ferraille. Mais Renault croyait qu’il suffisait, pour exporter, de baptiser "Modèles export" un modèle simplement enrichi d’une climatisation.

En 1958, Renault mène une grande offensive aux Etats-Unis et, dès le premier hiver, alors que les ventes ont été bonnes, les Dauphine ne démarrent pas. Tout y passe : les batteries, les condensateurs, les démarreurs… tout tombe en panne. Les ingénieurs de Renault étudient la question et s’aperçoivent que les Américains ont une manière de démarrer assez différente de celle des Français : en cas de souci au démarrage, les Américains appuient sur l’accélérateur espérant, de cette façon, résoudre le problème,
ce qui fonctionne très bien sur les voitures américaines dotées d’une pompe de reprise…

Mais pas sur les véhicules français où le moteur se noie et la batterie se vide…

Alors Renault adresse sans vergogne un courrier à ses clients américains pour leur donner des conseils de conduite ce qui, on peut l’imaginer, n’est pas du goût de tous !

Deuxième problème : le système électrique. En ville, aux Etats-Unis, les Américains ne roulaient pas avec les veilleuses - comme c’était le cas en France - mais en code. Or, comme la vitesse était limitée à 25 miles à l’heure, la dynamo ne produisait pas assez d’énergie pour alimenter efficacement la batterie.

Dernier problème : voulant jouer l’effet de gamme, Renault avait introduit un deuxième véhicule, l’Estafette, mais devant le danger que représentait ce modèle mythique en France, certains Etats ne l’avaient même pas homologué.
En effet, en cas de freinage un peu énergique sur le véhicule à vide, les roues arrière de l’Estafette décollaient. Et lorsqu’elle roulait à plein, elle ne parvenait pas à atteindre la vitesse minium de 60 miles à l’heure sur l’autoroute…

Renault a bien évidemment tiré les leçons de son échec américain : il avait cru au consommateur mondial... or le consommateur mondial n’existe pas. Des constantes existent certes, mais il faut aussi tenir compte des habitudes locales et adapter ses produits au consommateur - surtout lorsqu'il s'agit de voitures. Renault n’avait pas assez étudié le marché américain. Aujourd’hui, qu’il aille en Australie, en Inde ou en Pologne, la marque au losange ne laisse plus rien au hasard.

Cela dit, pour les Etats-Unis, il laisse faire Nissan

Partager

NEWSLETTER Economie Social et management
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS