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[Chronique RH] Surfer sur l’engagement

Christophe Bys

Publié le

[Chronique RH] Surfer sur l’engagement
Regardez bien sur la plage : surfeurs et surfeuses pourraient bien être les modèles du salarié engagé
© Pixabay

Les entreprises citées

L’équipe des Napoléons a eu le nez creux en consacrant sa réunion arlésienne de 2017 au thème de l’engagement. Quiconque fréquente le monde des ressources humaines entend ce mot paré de supposés vertus magiques au moins une fois par jour. "Il faut avoir des collaborateurs (on ne dit plus "salarié" depuis longtemps) engagés", "il faut trouver les moyens pour les engager", "sans engagement point de valeur" … 

Ce que rappellent les différents témoignages des personnalités rassemblées à Arles : c’est que l’engagement, le vrai, demande du temps : maturation de la décision de s’engager que ce soit en politique, dans les arts ou les affaires, décision de le faire et création d’une relation dans la durée. Quand on s’engage, on ne le fait pas à la légère, on s’oblige.

Or, paradoxalement, les représentants officiels de l’entreprise estiment que leurs affaires, les contraintes économiques demandent toujours plus de flexibilité. De ce hiatus apparent naît une question : peut-on s’engager dans une relation éminemment précaire et revendiquée comme telle ?

A défaut de répondre à cette question, nous pouvons faire une hypothèse. L’engagement dont on parle aussi ne peut pas être celui des grands modèles passés : un engagement politique qui emporte toute la vie, un engagement dans l’armée ou les ordres, ou même, dans la sphère privée, un mariage sans possibilité de divorces sauf circonstances exceptionnelles.. Engagement et toujours ne vont plus très bien ensemble.

L’engagement du salarié-collaborateur ne peut être que comme l’époque et l’économie, liquide. Avant, on adhérait au Parti quel qu’il fût, maintenant on like un tweet, on signe une pétition en ligne et on passe à autre chose. L’engagement version 2017 a quelque chose de cela. Pourtant, ce n’est pas parce qu’il est éphémère que l’engagement ne sera pas fort.

Le succès de Jours barbares, le récit de William Finnegan paru aux éditions du sous-sol, est à méditer. L’auteur y narre sa passion du surf. Si vous avez déjà tenté de monter sur une planche de surf, vous savez qu’il n’est pas possible de tenir debout sur celle-ci sans un engagement total de son corps et de son esprit jusqu’à ce que la vague se brise. Face à des salariés (et des actionnaires mais c’est une autre histoire) surfeurs, les DRH doivent inventer en permanence des raisons de s’engager, les renouveler et les réaffirmer. Rien ne sera jamais acquis, tout sera toujours à recommencer chaque matin.

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