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[Chronique RH] Quand les salariés s'emparent de la marque-employeur (la preuve par Google)

Christophe Bys ,

Publié le

[Chronique RH] Quand les salariés s'emparent de la marque-employeur (la preuve par Google)
Vue du ciel, on ne voit pas le feu qui couve dans la Sillicon Vallée
© Wikimedia

Si on était Hamlet, on se dirait qu'il y a quelque chose de pourri au royaume du silicone. Comme si les démélés de Facebook avec Cambridge Analytica ne suffisaient pas, c'est une autre vedette de la Valley, comme on dit à San Francisco, qui se voit cible de ces critiques. Et la critique vient de l'interne. Bienvenue chez Alphabet, là où le slogan maison vous enjoint à faire le bien : do the right thing, comme on dit au pays de Mark Zuckerberg.

Que se passe-t-il pour que les salariés d'une des entreprises réputées leur offrir des conditions de travail de rêve (et on ne parle pas des salaires pour ne déprimer personne) décident de se rebeller ? En effet, 3 100 ont signé une pétition envoyée au PDG, Sundar Pichai, d'après les informations révélées par le New York Times. L'objet du courroux de ces 3 100 ingrats ? Le projet Maven, soit une collaboration entre Alphabet et le ministère de la Défense des Etats-Unis. En utilisant l'intelligence artificielle, le programme pourra analyser les images vidéo afin de mieux suivre les drônes militaires. 

 

Une bronca minoritaire

De quoi froisser la conscience de quelques salariés pacifistes. La bronca doit être relativisée, en rapportant le nombre de contestaires de l'effectif global de l'entreprise (plus de 70 000 personnes en 2017). Ce sont donc moins de 5 % des salariés qui ont signé le fameux document. 

Toutefois, ce qui est intéressant dans cette affaire, ce sont les motivations qu'ils affichent et notamment celles-ci : cette collaboration, expliquent-ils en substance, va nuire à l'image de marque de Google et pénaliser son attractivité auprès des talents.

Difficile de dire depuis la France si cette motivation est ou non sincère, reste qu'il est surprenant de voir une contestation s'opérer au nom des futures difficultés à recruter. Tout se passe comme si tous les salariés de cette entreprise exceptionnelle par sa réussite éclair et ses prodiges technologiques (au point qu'elle figure régulièrement dans le top 5 des entreprises où les étudiants rêvent de travailler) se sentaient responsables de l'image employeur. 

Ce que cette "affaire" révèle indirectement : que le numérique est partout et que quand il est partout, il se niche aussi là où certains n'aimeraient pas le voir. C'est la mort d'un certain idéalisme californien qui pensait résoudre tous les problèmes du monde avec des 0 et des 1. 

Il rappelle aussi qu'avoir une culture forte est un formidable atout pour créer cohésion et sentiment d'appartenance. La réussite d'Alphabet en ce domaine est telle que les salariés l'utilisent pour rappeler à l'ordre leurs dirigeants. N'oublions jamais que le premier slogna de Google était "don't be evil". Pour dîner avec le diable, il faut une longue cuillère, prétend un proverbe français. Pour les salariés d'Alphabet, le manche n'est pas assez long. 

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