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[Chronique RH] Pas si sûr qu'on soit plus productif avec l'intelligence artificielle

Christophe Bys , ,

Publié le

   

[Chronique RH] Pas si sûr qu'on soit plus productif avec l'intelligence artificielle © D.R.

Depuis quelques années, les études se suivent pour étudier l’impact des nouvelles technologies sur l’emploi. Autant le dire, derrière la scientificité revendiquée par maints auteurs, c’est le grand retour du doigt mouillé. Des chiffres sont jetés dans le débat public par des experts plus ou moins sérieux, adorateurs babas des technologies ou nouveaux Hippolyte Calys annonçant la fin du travail, comme le savant annonçait la fin du monde dans l’Etoile mystérieuse. Comme disait Keynes, à long terme nous serons tous morts, donc ne nous privons de prévoir n’importe quoi puisque nous ne serons plus là pour assumer nos bêtises.

La fin des temps morts

De là à dire que l’avenir étant par nature imprévisible, il est vain de s’y intéresser, il y a un gouffre. A cet égard, l’émission "Matières à penser" d’Antoine Garapon sur France Culture pose souvent de passionnantes questions. Dans une émission portant sur la blockchain et la certification, l’expert du droit s’interroge sur un des discours les plus tenus sur l’avenir du travail : l’intelligence artificielle va s’emparer de toutes les tâches administratives rébarbatives, libérant du temps pour les tâches à haute valeur ajoutée.

Ce raisonnement parie sur une analogie avec ce qui s’est passé avec les tâches manuelles dans les usines où règne le fordisme ou le toyotisme. La mécanisation des tâches permet de produire mieux et plus vite, en réduisant les temps morts. Résultat : du temps est dégagé pour des tâches à plus haute valeur ajoutée.

L’analogie est-elle pertinente ? Pas si sûr, explique Antoine Garapon dans son émission. Comme le disait le spécialiste en sciences cognitives Gaëtan de Lavilléon, "le cerveau n’est pas un muscle". Il n’obéit pas aux mêmes règles de fatigue et de récupération. Le temps passé à des tâches administratives est aussi un temps nécessaire pour se « vider la tête » entre deux tâches demandant plus d’implication, d’engagement. On ne saurait être créatif en permanence. Loin d’être du temps perdu, les tâches qui demain seront automatisées ne libèreront pas des heures qui seront mobilisables immédiatement pour faire de la recherche ou créer.

Changer nos concepts

L’erreur d’analyse serait de voir le temps de travail comme une unité homogène qui s’ajoute et se substitue facilement. Le temps apparemment gagné ne sera peut-être pas tant utilisé pour travailler plus intensivement. C’est dire que les défis posés par le monde qui vient nous obligeront (obligeront surtout nos enfants et petits-enfants) à revoir les outils d’analyse du travail.

 

L'extrait évoqué commence à partir de 9 minutes. 

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