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[Chronique RH] Manager, c'est ce que ne fera jamais aucune machine

Christophe Bys

Publié le

[Chronique RH] Manager, c'est ce que ne fera jamais aucune machine
Oh une machine à gouverner !
© Pixabay

C’était à l’occasion d’une conférence organisée par Renaissance numérique et Randstadt. Le panel devisait de l’impact de l’intelligence artificielle sur les relations de travail, quand la réflexion de Laurence Devillers chercheuse au CNRS - une des intervenantes - ramena aux sources, à l’essence du management.

Dans ce type de débat, la question posée concerne toujours l’effet qu’aura une décision prise par une intelligence artificielle, considérant implicitement que décider c’est manager. Erreur et damnation, reflet d’une vision pour le moins datée du management, comme quand Jacques Chirac pour marquer son autorité sur Nicolas Sarkozy (avec le succès que l’on sait) lançait un martial "je décide, il exécute" Ou dans cette idée d'un âge d'or gaulliste où le chef pensait que l'intendance suivrait.

C’est oublier que manager c’est bien plus que cela. On a envie de dire que la prise de décision n’est qu’une toute partie du travail de manager et peut-être bien la plus facile. Reste tout le travail de mise en œuvre. "Qui est le plus apte à expliquer la décision ? L’homme ou la machine ?", poursuivait la chercheuse du CNRS.  

Car manager c’est expliquer la décision, la contextualiser en rappelant un projet d’ensemble, communiquer, créer de l’adhésion autour du projet et savoir susciter la confiance de ses équipes. Et là rien ne dit que la machine soit la plus performante.

Tout se passe comme si on en était encore à la vieille opposition (datant du XIXe siècle !) mise en évidence par Saint-Simon, entre l’administration des choses et le gouvernement des hommes. Avec cette idée sous-jacente, que plus la société se technicise, plus les processus et la technique prennent de l’importance, plus il suffira de commander aux "machines" pour que les relations entre les hommes soient régulées.

Plus d’un siècle plus tard, il serait temps de prendre acte que les deux vont de pair : plus une société est technique, plus elle mobilise des processus automatisées de décision, plus elle a besoin d’un gouvernement humain pour arbitrer les conflits et entraîner les énergies.

Continuer de croire qu’il suffit de prendre une "bonne" décision pour que tout aille mieux est le meilleur moyen de rater sa mise en œuvre.

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