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[Chronique RH] Le pire manager de l’année ? Mercotte, la "gentille" grand-mère du Meilleur Pâtissier

Christophe Bys

Publié le

Dans les émissions de cuisine à la télévision, on apprend beaucoup de choses... et pas seulement sur la cuisson de la pâte feuilletée ou la recette de la crème au beurre. Ces programmes recèlent de leçons de management pour qui sait bien regarder. Avec Le Meilleur Pâtissier, diffusé sur M6, bienvenue dans le monde des managers castrateurs.

[Chronique RH] Le pire manager de l’année ? Mercotte, la gentille grand-mère du Meilleur Pâtissier
Mercotte lors du dernier salon du chocolat, à Paris.
© Sukkoria/ Wikimedia Commons/ CC.

Les entreprises citées

Il faut regarder les émissions de cuisine proposées à la télévision. Non pas parce qu’il y a un intérêt à suivre ces programmes hyper formatés où le suspense consiste à savoir si Laurence réussira à rattraper ses blancs en neige ou Antoine à réaliser une pâte brisée qui n’attache pas, mais parce qu’elles contiennent en filigrane souvent de formidables leçons de management.

Changer fait peur

A cet égard, la série "Cauchemar en cuisine" avec Gordon Ramsay est souvent passionnante, car derrière l’histoire invariable du restaurant cracra au bord de la faillite sauvé par l’irascible écossais, se trouve toujours ou presque un problème de management. Ecoute déplorable, manager qui craint de donner des ordres, travail organisé de façon chaotique et illustrations à l’infini de la peur du changement. Le restaurant peut être au bord du gouffre financier, l’inspection de Gordon Ramsay révéler les pires dysfonctionnements sanitaires, rien n’y fait, attaché au vieux proverbe "un tien vaut mieux que deux tu l’auras", le gérant préfèrerait n’importe quoi à l’idée de changer. C’est que vous comprenez, ça marche pas bien, mais on sait pourquoi... alors que si on change tout…

Dans cette galerie de portraits des cuisiniers, professeurs de management malgré eux, la dénommée Mercotte mérite une place à part entière, tant elle symbolise le management castrateur dans ce qu’il a de pire. Un tiers mamie gâteau, deux tiers institutrice sévère, elle s’est fait dans l’émission de M6 "Le Meilleur Pâtissier" la spécialité de la redresseuse de torts condamnant toute initiative. Bien sûr c’est un jeu, et il ne serait pas étonnant qu’on fasse jouer un rôle à cette dame. Qu’importe, la télévision est le royaume de l’image, tenons-nous en à ce qu’elles montrent.

Fais comme ci, pas comme ça

Dans un épisode récent (LA finale), Mercotte impose une épreuve technique, soit la réalisation d’un dessert d’autrefois, à partir d’une recette plus ou moins complète. Et la pimpante septuagénaire vient en fin d’épreuves redresser les torts. Gare à celui qui n’a pas fait le dessert comme elle l’attendait. Cela donne des scènes d’anthologie ou presque où une fraise mal coupée peut changer le destin du candidat (on tremble devant la dureté d’un tel événement).

Dans l’épisode en question , il fallait réaliser un gâteau du siècle dernier : le papillon. Pour une fois, pas de recette mais une sorte de schéma technique que les candidats devaient reproduire. Schéma très mal fait, aucune explication. Bizarrement, dans cette séquence, c’est le candidat qui a réalisé le dessert ressemblant le plus au schéma, mais paradoxalement le moins à ce qu’il y avait de la tête de la dénommée Mercotte, qui fut sanctionné : il n’avait pas fait ce qu’on attendait de lui.

La scène commence au bout de 50 minutes et dure jusqu'à 1h10minutes (pour ceux qui auront le courage de regarder le tunnel de publicité) en CLIQUANT ICI

Et tais-toi

On n’épiloguera pas sur le dessert, mais on demandera aux lecteurs combien de fois son chef, ou N+1 comme on disait en 2016 pour faire moderne, lui a demandé quelque chose, qu’il s’est empressé de reproduire à l’identique, pour s’entendre dire que (version soft) "ce n’était pas cela qui était attendu", (version plus hard) qu’"il n’avait rien compris qu’on ne lui avait jamais demandé ça et que quand on lui disait ceci il fallait comprendre cela, tout le monde savait bien".

Ce qui frappe le plus dans cette séquence de télévision (donc scénarisée à mort) c’est qu’on se contente de constater que le résultat est contraire à l’attente, on ne demande pas au candidat de s’expliquer, de motiver pourquoi il a fait ce choix (pour de compréhensibles raisons, car les juges émettent leur jugement à l’aveugle).

Puisque la fin de l’année approche, nous vous souhaitons à tous que de tels comportements seront hors propos en 2018. Que tous les managers s’exprimeront clairement sur leurs attentes, que, désarçonnés par un choix, ils commenceront par demander à leur subordonné ce qu’ils voulaient faire avant de les blâmer pour leurs erreurs et qu’ils sauront, quand la solution inventée sera meilleure, le reconnaître. Sinon il faudra continuer à faire des gâteaux comme Mercotte les veut. Point Barre, fin de discussion.

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4 commentaires

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25/12/2017 - 09h40 -

Et si l'on cessait d'opposer les genres. En quoi notre Mercotte nationale ne serait pas la synthése de la modernité par l'usage des moyens de communication moderne en incarnant en même temps la transmission des savoirs faires.... Enfin une contribution positive au managment de la restauration qui porte ses fruits si l'on en croit l'engouement récent à ces filiéres trop longtemps pauperisées L'exigence de Mercotte oblige les candidats à se surpasser à innover à improviser pour arriver à des résultats souvent étonnants et elle ne manque pas de s'émerveiller quand c'est justifié. Alors pour moi le cap managérial est posé clairement , l'exemple est donné, la transmission des tours de main est en filigrane et la reconnaissance du travail bien fait également. Vive le retour du bon sens de notre Mercotte identique à celui de nos grands mères...celui qui fait progresser
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24/12/2017 - 07h50 -

Ça fait du bien de lire votre article car g regardé une partie d l'émission et je sentais un malaise et une colère montés en moi tant cette dame me semblait frustrante pour ces candidats trop dociles (genre expérience de milgram(?)). Le contraire d'une expérience enrichissante, épanouissante. Berk !
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23/12/2017 - 21h50 -

Ouf je suis entièrement d'accord et vous etes resté gentil (surment par rapport au respect de l'age) j'ai un doute sur la scenarisation moi je pense que mere crotte euh pardon mercotte es une vieille sadique qui se retient au contraire et des quelle le peut se lache et on le constate au fil des annees c'est de pire en pire. Bon sans etre mechant avec tout le sucre qu'elle englouti pdt les emissions le cholestérol doit etre au beau fix ca veux dire qu'il lui reste peut etre encore 2 ou 3 emissions a tout casser.
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23/12/2017 - 18h12 -

Il faut arreter les conneries de mercotte, faire du feuilletage de a à z en 1h30 inclus le decoupage et la cuisson c'est du foutage de gueule une insulte à la patisserie C'est du grand n'importe quoi cette emission
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