Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

[Chronique RH] La start-up uberisera-t-elle les syndicats et les DRH ?

Christophe Bys

Publié le

[Chronique RH] La start-up uberisera-t-elle les syndicats et les DRH ?
Une négociation entre les partenaires sociaux : la fin d'un monde ?
© Olivier Clément

Les entreprises citées

Après avoir court-circuité certaines grandes entreprises installées depuis des décennies, l’économie numérique, start-ups en tête, va-t-elle fissurer maintenant de l’intérieur les grandes entreprises restantes ? L’hypothèse mérite d’être soulevée, surtout si on se souvient que l’entreprise est d’abord une organisation qui distribue du pouvoir, l’ordonne, décide qui fait quoi et comment. Telle est le rôle de l’entreprise depuis plusieurs décennies et jusqu’ici rien n’est vraiment venu le modifier. Le contre-pouvoir syndical reste dans cette logique : certaines missions lui sont alloués, auxquelles il se conforme. En résumé (à peine caricaturé), les RH décident, les syndicats protestent… et la caravane passe !

Note ta boîte

Certaines innovations portées par des start-ups pourraient bien changer plus profondément la vie au travail. A l’instar de OurCompany, un des membres du collectif HappyTech. Cette jeune pousse made in France, contrairement à ce que pourrait laisser penser son nom, offre à chacun de répondre chaque jour à quelques questions sur leur moral. Avec les résultats agrégés, elle peut définir une note publique de bien-être au travail. A l’heure de Trip advisor et des notes pour les chauffeurs de VTC, cela peut sembler facile, mais c’est une révolution silencieuse au sein des entreprises où le mesure du climat social était réservée à la direction des ressources humaines, éventuellement assitée par les instances de représentation du personnel. Stéphane Bourbier, le CEO de la start-up l’assure : "au moment de faire un achat, certaines personnes regardent avant la note de l’entreprise concernée".  

Demain, si les salariés de n’importe quelle entreprise d’une taille suffisante se mobilisent, ils pourront sans rien demander à personne monter leur baromètre et pour peu que les résultats soient mauvais faire pression sur leur direction directement.

Decentralisation et auto-organisation

En 2011, le moyen-âge en temps numérique, Xavier Darcos, le ministre du Travail de Nicolas Sarkozy avait décidé de pratiquer le name and shame anglo-saxon. Il avait publié sur Internet la note attribuée aux plus grandes entreprises quant à leurs pratiques en matière de lutte contre le stress. L’idée sous-jacente était que les entreprises qui ne seraient pas exemplaires subiraient une telle pression qu’elles devraient y remédier.

Las ! A peine publiée, la liste avait été retirée précipitamment sous les critiques des entreprises mal notées qui contestaient la méthode. Le name and shame à la française avait vécu. Il est de retour : la secrétaire d’Etat à l’égalite entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa, a révélé le nom des entreprises qui n’avaient pas voulu "prendre part au rattrapage sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes".

La décentralisation, la possibilité d’auto-organisation ont un réel pouvoir subversif des institutions en place, même si pour le moment il s’agit davantage d’un potentiel que d’une réalité. DRH et syndicats sont en première ligne s’ils en savent pas se réinventer en s’appuyant sur ses outils pour les retourner à leur avantage.

 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle