L'Usine Nouvelle

[Chronique RH] Ecriture inclusive versus exclusion des clichés

Christophe Bys

Publié le

[Chronique RH] Ecriture inclusive versus exclusion des clichés
Trophee des femmes 2017 Laurence Craver chef du chantier d'entretien a mi-vie du porte avions Charles-de-Gaulle
© Guittet Pascal

Comme, autrefois, un train pouvait en cacher un autre, une polémique stérile dérobe au regard des enjeux autrement plus importants. La guerre picrocholine que se livrent actuellement tenants et opposants de l’écriture inclusive en est une preuve supplémentaire. Une "idée" on ne sait venue d’où, mise en pratique par un manuel scolaire – on ne sait trop pourquoi – enflamme web, journaux, émissions de débats et cafés du commerce, alors qu’on peut douter de l’impact qu’aura l’issue de la confrontation, quelle qu’elle soit, sur le destin des Femmes.

Ecrivons comme nous voulons mais soyons davantage vigilants quand on prend la parole en public ou quand on la relaie. C’est là que se construisent les stéréotypes. Coup sur coup cette semaine, un joli florilège nous a été offert par nos grands Hommes. A l’engagement, le footballer Emmanuel Petit qui dans le Figaro a cette déclaration choc pour parler de sa passion pour l’écriture :  "j’étais comme une fille, je tenais un journal intime".

A la passe c’est le chef Alain Ducasse qui, invité sur France Inter, nous assaisonna d’un dispensable "La cuisine des femmes a plus de sensibilité, celle des hommes est plus cartésienne" (Merci à l’auteure Titiou Lecoq de l’avoir repéré et partagé sur Twitter). En résumé, les bonnes femmes ça cuisine à-la-va-comme-je-te-pousse, sans trop peser parce que les maths elles ont du mal. Alors que les Hommes c’est autre chose, c’est pesé, léché, au milligramme près. Pour dire les choses plus brutalement : à eux les étoiles, à elles la vaisselle.

Ras le bol de vos clichés sexistes Messieurs. Nous tenons à votre disposition le numéro de L’Usine Nouvelle portant sur les femmes de l’industrie. Nous ignorons si elles sont plus ou moins sensibles que leurs confrères mâles, si elles sont moins cartésiennes et pour tout vous dire on s’en fout ! Ce que nous observons, année après année, c’est que les femmes sélectionnées et récompensées ont des parcours remarquables, que bien des Hommes pourraient leur envier.

Alors que maintes entreprises regrettent le manque de femmes ingénieures, en raison des stéréotypes, lire encore et toujours des déclarations qui remisent les femmes à la sensibilité et les hommes à la raison est à désespérer. Messieurs vous qui croyez être la Raison en marche, la prochaine fois que vous tend un micro, réfléchissez avant de parler.     

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