Economie

[Chronique RH] Des managers pas si exemplaires

Christophe Bys

Publié le

Analyse Des études sur le management, on en reçoit de toutes sortes : des plus sérieuses au plus fantaisistes, certaines à la rigueur impeccable (taille de l’échantillon, méthodologie…), d’autres (très nombreuses) relevant du doigt mouillé.

[Chronique RH] Des managers pas si exemplaires
Le chef, on aime bien le critiquer mais on ne veut surtout pas sa place.
© Fotolia

Motive moi davantage !

Celle qui a retenu notre attention a été réalisée par le cabinet Korn Ferry (1) et elle porte sur la façon dont les managés perçoivent leurs managers. On y trouve toute une série d’informations. Par exemple, seulement une personne sur cinq estime que son manager le motive beaucoup et 23 % qu’elle le motive assez. Plus de la moitié trouvent que le manager le fait insuffisamment. De même, 16 % apprennent beaucoup de leur chef, 49 % apprennent assez, 23 % déclarent apprendre peu et 12 % pas du tout.

42 % estiment que leur manager les aide à évoluer dans leur carrière et 48 % indiquent que leur manager (attention grande classe) s’est déjà attribué les mérites de leur travail. C’est peut-être pour cela que 40 % des répondants estiment qu’ils pourraient faire le travail de leur fameux N+1, quand 60 % conservateurs de l’ordre social pensent le contraire. A moins qu’il ne s’agisse de la cohorte des insuffisamment motivés : si on estime déjà ne pas être motivé pour son travail, on ne va pas commencer à lorgner sur celui de son chef.

 

Je ne veux pas ta place

Mais le résultat qui nous semble le plus significatif de cette étude est le suivant. Quelle est, selon vous, la part de salariés qui répondent positivement quand on leur demande s’ils accepteraient de prendre la place de leur manager ? Même pas un tiers : 32 %. On notera d’abord que 8 % des répondants pensent qu’ils feraient aussi bien mais n’ont pas envie du poste.

58 % des salariés ayant répondu à ce questionnaire ne voudraient pas faire le travail de leur supérieur hiérarchique. Il serait intéressant de savoir pourquoi plus précisément, l’étude ne le dit pas vraiment. Est-ce parce que frustrés de ce qu’ils vivent dans cette relation, ils ne veulent pas prendre la place de celui (ou de celle) qu’ils jugent incompétents ou pour le moins insuffisamment compétents ? Ou bien parce qu’au fond ils savent bien que manager est une sinécure et que pour imparfait que soit leur N+1, il fait le maximum ?

Livres et enquêtes sur le malaise du management s’empilent depuis plusieurs années et aucune solution ne semble tenir la route, à moins de croire aux vertus d’un manager coach et développeur de talents vendues par les cabinets spécialisés. Pas besoin d’être un grand intuitif pour sentir que les études sur les managers vont continuer à envahir les boîtes aux lettres électroniques des journalistes spécialisés… encore quelques années.

 

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(1) Les résultats sont extraits d’un sondage réalisé en ligne en septembre 2019, auprès de 804 salariés répondants dans le monde.

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