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[Chronique RH] Coûteux charabia

Christophe Bys

Publié le

[Chronique RH] Coûteux charabia © www.cafecredit.com.

On imaginait que la question du "beau langage" était une obsession de quelques grincheux, toujours prompts à geindre sur le déclin de notre pays, à commencer par l'auteur de ces lignes qui suffoque plusieurs fois par semaine à la lecture de la "littérature" managériale, là où tout n'est qu'anglicisme, barbarisme et charabia décomplexé. 

Et à l'occasion d'un colloque organisé par le BCG et Sciens Po Alumni (sic), on entend le DRH d'un grand groupe de dimension mondiale exposer les raisons pour lesquelles cela pourrait être aussi à l'origine d'un terrible gâchis de ressources. C'est du directeur général ajoint chargé des ressources humaines de Véolia, Jean-Marie Lambert qu'il s'agit. Il participait à une table ronde organisée suite à la publication de l'étude intitulée "le manager intermédiaire, intégrateur des complexités de l'entreprise".  

Sacré dé-silottage

Quel est le rapport entre le maniement maîtrisé de la langue de Molière et les impasses du management intermédiaire ? Pour le professionnel des ressources humaines de Veolia, une partie du problème soulevé par cette étude provient du fait "que les cadres-dirigeants et les managers de terrain ne parlent souvent plus la même langue". Littéralement. Conséquemment, faute de traducteurs, ils ne se comprennent plus.

Pour lui, un anglais plus ou moins bien maîtrisé de part et d'autre est devenu la norme. Sans oublier tous les mots du management répétés à l'envie que plus personne ne comprend : les fameux "dé-siloter", "value sharing", "user experience"... Dans ces conditions, concluait le DRH made in France, "comment pourrait-on en vouloir aux managers intermédiaires de ne pas bien comprendre ce qu'on attend de lui ?

Parler la même langue, un préalable

C'est la base de la communication que rappelait le DRH. Il ne suffit pas dire le même mot pour bien se comprendre : il faut encore leur donner le même sens. Le pire survient quand les deux parties sont persuadées que l'autre les comprend et ne prennent pas le temps de le vérifier. Le résultat final n'est pas à la hauteur de la demande sans que personne ne comprenne bien pourquoi, chacun étant persuadé d'avoir fait ce que l'autre lui demandait implicitement. 

Le reste du colloque a largement démontré que cette cause n'était pas, loin s'en faut, la seule à expliquer les raisons de l'incompréhension entre le sommet de la pyramide managériale et les dirigeants les plus proches du terrain. Pourtant, il faudrait peut-être commencer par combler ce fossé linguistique. Une fois qu'il serait établi qu'une bonne compréhension mutuelle existe, il serait possible de s'attaquer aux autres problèmes. Sinon on risque d'investir encore et toujours pour tenter de combler l'écart ...en vain, aussi longtemps que les deux parties ne se comprendront pas. 

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2 commentaires

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18/12/2017 - 16h55 -

Les mots ne sont qu'une image personnelle d'une représentation donnée. Ils s'adaptent donc plus ou moins bien à une réalité souvent différente de l'expérience individuelle.Si je dis télévision ! Chacun à dans sa tête une représentation de l'objet..............différente suivant ses expériences ?
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Nom profil

17/12/2017 - 23h48 -

Ce qui semble aller de soi... va beaucoup mieux apres reformulation, illustration factuelle (exemples) et validation croisée entre les interlocuteurs. On le constate aussi lors de l’analyse du besoin de recrutement : le manager ne sait pas exposer son besoin... et presuppose de la part du rh une connaissance quasi innée du poste. Le rh n’ose pas assez ni factuellement questinner l’operationnel. Resultat une novlangue codée pour des notions floues... que tout le monde partage... mais dont personnes ne connait le/les sens... résultat : du flou et des echecs !
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